Neurosis - Paris - 23/07/11

 

NEUROSIS

23 JUILLET 2011

PARIS - LA MACHINE

 

 

 

 

 

 

 



Les psychopathes de Neurosis n’avaient pas posé leur valise à Paris depuis une date donnée en 1999 au Club Dunois. C’est dire si les californiens étaient attendus dans la capitale ! Du coup, il n’est finalement pas si étonnant de constater que La Machine (anciennement la Locomotive), et ce en pleine période de vacances, n’a pas tardé a affiché complet. Un constat que nous vérifions bien vite, car il nous est absolument impossible d’accéder au parterre de la salle (on reste bloqué en haut de l’escalier)  lorsqu’Amen Ra commence un bon set de 45 minutes, dans lequel on renifle aisément l’influence évidente de la tête d’affiche ou encore d’Isis. En bons renards que nous sommes, nous profitons de la fin du show des belges et de l’entracte bière pour nous faufiler jusque devant la scène pour assister à ce qui pourrait se décrire comme l’apocalypse selon Neurosis ! Pour le coup, la formation d’Oakland, nous a concocté une setlist aux petits ognons en alternant à merveille entre les pures manifestes de rage, et les ambiances plus atmosphériques et tourmentés, le tout de façon assez équilibré même si A Sun That Never Sets (2001) passe à la trappe ce soir. En revanche nous avons droit à pas mal d’oldies, rien des 2 premiers opus bien sur, mais le très bon Through Silver In Blood (1996) est réhabilité sur cette tournée et c’est d’ailleurs sur l’atomique « Locust Star » que le show débute ! Le son est excellent, compact et massif et chaque musicien sur scène très concerné par son sujet. Scott Kelly ressemble de plus en plus à un grizzli mal léché, mais le bougre impressionne par l’intensité de ses hurlements, le bassiste Dave Edwardson a toujours l’air aussi taré (la partie finale qu’il chante fait limite froid dans le dos) tandis que Steve Von Til se montre le plus mobile et peut être aussi le plus possédé par la musique aussi trippante qu’inquiétante de Neurosis. On continue dans la grosse puissance de feu avec un « Given To The Rising », extrait du dernier album en date du même nom, accueilli tel un classique et c’est bien mérité. Si Kelly est souvent celui qui chante (hurle) le plus, Von Til dirige ce « End Of The Harvest » extrait du cultissime Times Of Grace (1999). Premier titre de la soirée type « le calme avant la tempête », « A Season In The Sky », seul extrait du plus ambiant The Eye Of Every Storm (2004), se montre limite plus flippant, avec un Scott Kelly toute voix claire qui chuchote d’un air terrifiant sur un arpège minimaliste avant que le tout n’aboutisse sur un déluge de décibels et de folie ! Neurosis interprète sur cette tournée 2 nouveaux titres qui feront sans doute parti de leur futur album, avec tout d’abord ce « At The Well » vraiment très convaincant, mené au chant par Steve Von Til et alternant entre accalmies et passages purement doom ! Nous ne sommes pas au bout de nos peines lorsque le perturbant « Water Is Not Enough », un des 3 extraits d’un Given To The Rising (2007) qui se taille la part du lion, est asséné sur nos pauvres cages à miel, et le claviériste/sampler Noah Landis de sortir de sa (fausse) réserve et de se montrer totalement pénétré par les samples dérangeants qu’il balance avant de tomber en pleine démence. Ce dernier ne cesse de péter un peu plus les plombs et le voilà maintenant en train de pilonner les grosses touches de son sampler à coup de poing sur un « At The End Of The Road » tellement intense que l’on se sent presque totalement vidé ! Autre nouveau titre, « Killing Elk » nous fait un peu moins d’effet qu’ « At The Well », mais il faut dire qu’au moment où il est dégainé, notre cerveau essuie déjà d’énormes séquelles. On note quand même une partie des plus planantes à la fin de cette nouvelle punition auditive. Comme souvent avec Neurosis, la fin du set se montre des plus chaotiques, avec un « Through Silver In Blood » inespéré et hurlé à 4, sur lequel Von Til et Kelly épaulent avec des percussions leur batteur Jason Roeder sur ce rythme tribal et infernal avant que le groupe ne finisse par entrer en totale transe et  envoie tout balader sur scène. Noah Landis est à 2 doigts de balancer son sampler dans le public, il jette son clavier au sol, tandis que Von Til maltraite son ampli puis triture son micro et sa guitare afin d’obtenir le plus de larsens possible, mais le plus fou là dedans, c’est sans doute ce brave Scott Kelly qui s’explose l’arcade à force de filer de sacrés coups de boule à son pied de micro, bien courageux il faut bien l’avouer ! Nous ressortons de cette expérience d’1h45 complètement lessivés, l’esprit abyssal, et pourtant, nous en redemandons !


Setlist NEUROSIS :
01-Locust Star
02-Given To The Rising
03-End of The Harvest
04-A Season In The Sky
05-At The Well
06-Water Is Not Enough
07-Belief
08-At The End Of The Road
09-Killing Elk
10-Through Silver In Blood        

 

 

 

 

 

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