Sonisphere Suisse 2012 : Metallica + Motorhead + Slayer + Mastodon

 

 SONISPHERE SUISSE 2012

METALLICA + MOTORHEAD + SLAYER + MASTODON

30 MAI 2012

YVERDON-LES-BAINS

 

 

 

 

 



Avec une affiche française du Sonisphere 2012 plus que moyenne, la tentation de partir couvrir le Sonisphere Suisse était trop forte ! Le Sonisphere change de lieu tous les ans en Suisse, et pose cette fois sa tente dans la partie française, pour nous proposer une petite affiche (pour un festival) certes, mais une affiche qui rassemble tout de même Metallica, Motorhead, Slayer, Mastodon et Gojira sous un soleil de plomb ! Excusez du peu ! 

Lorsque nous arrivons sur le parc naturel de la ville thermale d’Yverdon Les Bains (site vert très agréable, bordé par le lac Neuchatel et entouré de nombreux massifs montagneux), Gojira est en train de mettre un point final à son set au son de « Vacuity » alors que le parc est loin d’être plein à cette heure (en même temps, pas facile de jouer à 15h00 un mercredi !). Notre journée commence donc vraiment avec le set « saboté » de Mastodon. Misant très largement sur son dernier opus en date The Hunter (2011), qui monopolise l’ensemble de la setlist aujourd’hui, Mastodon va faire face à un des sets les plus délicats de son histoire. En effet, sur 10 titres, seuls 2 n’auront pas souffert de coupure de son intempestives…et parfois très longues ! Une vraie plaie, car Mastodon est plutôt dans le coup aujourd’hui, même assez en voix et le son est, suffisamment rare chez eux pour le souligner, plutôt bon aussi. « Black Tongue » débute donc un set plein de promesse, mais dès « Crystal Skull » c’est le début d’une série improbable de coupure du son de façade. Déconcertant pour le groupe qui au départ croit à l’incident ponctuel mais qui va vite réaliser que le problème durera tout le set pour son plus grand désarroi. Saluons le courage d’un Mastodon qui ne se décourage pas pour autant, qui préfère même rester philosophe (« on est baisé » nous lâche Brent Hinds !) mais pour le spectateur il reste assez compliqué de pouvoir rentrer dans le cosmique « Stargazer », les entrainants « Dry Bone Valley » et « Curl Of The Burl » ou le massif « Blood And Thunder » lorsque le son coupe toutes les 2 minutes. Dommage, car Mastodon avait l’air dans un bon jour, mais d’un autre côté, soyons franc, aujourd'hui tout le monde semble se désintéresser du groupe.

 

Setlist MASTODON :
01-Black Tongue
02-Crystal Skull
03-Dry Bone Valley
04-Thickening
05-Stargasm
06-Blasteroid
07-All The Heavy Lifting
08-Spectrelight
09-Curl Of The Burl
10-Blood And Thunder

 

 


Ce qui n’est évidemment pas le cas de Slayer ! Dès son arrivée, le combo de L.A rassure avec un son très propre et l’on sent tout de suite que le problème Mastodon ne va pas se répéter. Tom Araya est bien en voix, Gary « coup de boule » Holt assure toujours avec brio l’interim de Jeff Hanneman, tandis que Kerry King et Dave Lombardo (toujours aussi impressionnant celui là !) tiennent à eux seul la baraque. Outre les classiques assassins comme « South Of Heaven », « War Ensemble », et une fin de set avec « Dead Skin Mask » (une chanson d’amour nous dit Araya !), « Raining Blood » et « Angel Of Death » (quel cri en intro !), nous avons le droit à quelques titres plus inhabituels mais tout aussi réjouissants comme « Altar Of Sacrifice » et « Jesus Saves » ou « Die By The Sword », ainsi que des classiques plus forcément joués constamment ces derniers temps à l’instar de « Mandatory Suicide » (King et Holt vont faire un tour dans le snakepit) ou « Chemical Warfare » (Lombardo improvise des roulements tuants !). Il n’y a pas à dire, depuis l’année dernière, Slayer a quand même retrouvé une sacrée forme !

 

Setlist SLAYER :
01-South Of Heaven
02-Hate Worldwide
03-War Ensemble
04-Die By The Sword
05-Chemical Warfare
06-World Painted Blood
07-Mandatory Suicide
08-Altar Of Sacrifice
09-Jesus Saves
10-Dead Skin Mask
11-Raining Blood
12-Angel Of Death

 


Finalement, ce n’est pas tous les jours que Motorhead partage l’affiche avec Metallica. Il faut l’avouer, beaucoup moins acclamé qu’un Slayer qui fait finalement toujours l’unanimité (malgré sa radicalité !), la bande à Lemmy profite évidemment d’une certaine renommée et d’une connexion avec Metallica lui assurant également certaines faveurs des fans. Ajoutez à cela que le groupe lâche un rare « Damage Case » tôt dans le set (un titre repris par Metallica) et voilà de quoi commencer sur de bons rails (surtout que le son est très bon !). Phil Campbell se montre toujours le plus volubile sur scène et nous éclabousse de sa classe lors de soli qui ressortent vraiment bien dans le mix. Comme pour Slayer, nous avons droit aux classiques de rigueur comme « Ace Of Spades », « Overkill », « Killed By Death » et compagnie, mais aussi à des choses moins systématiques comme « Bomber », « One Night Stand », « The Chase Is Better Than The Catch » ou bien encore « The One To Sing The Blues ». Bref, Motorhead fait toujours le métier…et le fait bien !

 

Setlist MOTORHEAD :
01-Bomber
02-Damage Case
03-I Know How To Die
04-Stay Clean
05-Metropolis
06-Over The Top
07-One Night Stand
08-The Chase Is Better Than The Catch
09-The One To Sing The Blues
10-solo batterie
11-Going To Brazil
12-Killed By Death
13-Ace Of Spades
14-Overkill


On s’en serait douté, lorsque Metallica débarque, pour la première fois de son histoire sur le sol romand, le parc est plein de plus de 30 000 personnes toutes acquises à la cause des 4 Horsemen. Et de débuter les hostilités par un « Hit The Lights » des familles, comme l’année dernière sur la tournée du Big 4 ! Hetfield et co ont la banane, le son est aussi puissant que précis, et l’interprétation de qualité ! Lorsque l’on se prend « Master Of Puppets » dès le second titre, on est déjà ko debout et Hammett et Trujilo de venir faire une petite descente dans le snakepit histoire de saluer les fans… et de profiter un peu de la vue sur les montagnes ! Après « Fuel » (privé bizarrement de feu, mais souvent joué en premier rappel sur cette tournée et on comprend pourquoi plus tard…), Hetfield s’adresse à la foule avant « For Whom The Bell Tolls » : « c’est une affiche bien heavy aujourd’hui non ? Il y a notamment ce groupe (en désignant le patch de Motorhead qu’il a au dos de sa veste). Bon puis il y a aussi Slayer, Mastodon, Gojira…Metallica ? Ouais ça va, j’aime bien, pas mes préférés, mais j’aime bien ! ». Connaissant sa tendance à varier les plaisirs, on peut regretter que Metallica joue uniquement « Hell And Back » de son Ep Beyond Magnetic, tant il n’est pas forcément son plus bel atout, mais l’intention est là. L’évènement de cette tournée, c’est l’interprétation intégrale de l’album éponyme, le Black Album comme on dit. Après une vidéo d’introduction résumant certaines étapes du cycle allant de l’enregistrement à la tournée à rallonge, Metallica débarque sur un « The Struggle Within » bien envoyé et indiquant donc que le groupe a judicieusement choisi de jouer le disque à l’envers ! S’il y a bien un contexte opportun pour jouer cet album, c’est bien celui des festivals et des stades que Metallica écume actuellement, car ces titres sont taillés pour les grands environnements, Lars Ulrich est bien plus à l’aise sur les mid-tempo que sur le thrash  quant à Kirk Hammett, LA star du Black Album (il ne faut pas oublier qu’il a signé le riff d’ « Enter Sandman »), il peut nous dégainer bon nombres de ses soli les plus inspirés et les plus mémorables de sa carrière dans un genre assez nouveau pour lui à l’époque et qui ont largement contribué à faire passer la vitesse commerciale supérieure à Metallica. Pour l’occasion, beaucoup de classiques vont passer à la trappe (« Creeping Death » au hasard), mais Metallica n’étant pas avare en passage en Europe et en setlists diverses et variées, pas de quoi râler ! S’il est clair que la perspective d’entendre « Don’t Tread On Me » ne nous enchante pas vraiment, certaines pépites oubliées comme ce magnifique « My Friend Of Misery », peut être la rareté du disque la plus probante ce soir, s’imposent, notamment grâce à certains aménagements. En effet, un des meilleurs moments du set, lorsque James Hetfield fait chanter à la partie gauche du public la partie de violoning du pont de « My Friend Of Misery » puis fait harmoniser la partie droite pour un très beau moment de communion ! « The God That Failed », ponctué d’une vidéo, fonctionne lui aussi plutôt bien. Sur « Of Wolf And Men », Hetfield prend son premier bain de foule en allant enfin dans le Snakepit au bout duquel il déclare : « ça fait du bien d’être ici, ça sent mauvais, mais ça fait du bien ! ». Classique écumé des millions de fois, « Nothing Else Matters » se voit cependant ponctué d’un arrangement nouveau lors de son outro, ce qui a de quoi nous surprendre agréablement nous qui pensions connaitre ce titre sous toutes ses coutures. Lors de « Through The Never », tous le monde est dans le snakepit (à l’exception de Lars bien sur !) et si ce titre ainsi que « Holier Than Thou » peuvent se targuer d’être les plus uptempo du disque avec « The Struggle Within », ils ne font pas le poids avec la lourdeur magistrale de « Sad But True », « vous voulez du heavy ? » qu’il nous dit Hetfield, et on l’a eu ! Pour conclure cette partie du set, « Enter Sandman » évidemment, lancé dans une ambiance de folie, ponctué d’un déluge de pyrotechnie (genre feux d’artifice) et avec Hetfield qui s’adonne à une nouvelle participation du public en lui faisant reprendre les lignes « off to never neverland » et « hush little baby » ou encore un « Metallica family » à tue tête ! En rappel, on passe des feux d’artifice à l’abondance de flamme sur un « Blackened » rageur, même si Ulrich est cette fois moins à la fête (on comprend pourquoi « Fuel » est parfois joué à cet emplacement devant cette débauche de feu !). « One » poursuit avec encore beaucoup de pyrotechnie et également des lasers et la grande fête peut prendre fin avec un « Seek And Destroy » festif sous une pluie de ballons gonflables (finalement niveau show, cette tournée mixe les traditionnels gimmicks outdoor comme les feux d’artifice et ceux de la tournée indoor de Death Magnetic avec les lasers et les ballons). Metallica est décidément un grand et on a beau les voir tous les été désormais, on ne s’en lasse toujours pas, tout en se demandant ce qu’ils vont bien pouvoir nous trouver comme prétexte la prochaine fois…un nouvel album peut être ?


Setlist METALLICA :
01-Hit The Lights
02-Master Of Puppets
03-Fuel
04-For Whom The Bell Tolls
05-Hell And Back
06-The Struggle Within
07-My Friend Of Misery
08-The God That Failed
09-Of Wolf And Man
10-Nothing Else Matters
11-Through The Never
12-Don’t Tread On Me
13-Wherever I May Roam
14-The Unforgiven
15-Holier Than Thou
16-Sad But True
17-Enter Sandman
Encore :
18-Blackened
19-One
20-Seek And Destroy

 

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