Soundgarden - Paris - 29/05/12

SOUNDGARDEN

29 MAI 2012

PARIS - ZENITH


Nous passerons rapidement sur Gaslight Anthem, combo pop-rock qui nous aura juste fait passer le temps pendant une demi-heure. Intéressons nous d’emblée au gros morceau de la soirée : Soundgarden ! Vous le savez, le groupe a splitté en 1997 et s’est reformé en 2010, mais il lui aura fallu 2 ans pour enfin retrouver le public européen et cette date au Zénith est un évènement en soit puisqu’elle marque le premier concert européen donné en salle depuis 15 ans ! Le Zénith (bien garni, mais pas en configuration maximale) est bouillant lorsque les lumières s’éteignent et que le logo du groupe apparait au son de l’intro (sur bande) de « Searching With My Good Eye Closed » issus d’un Badmotorfinger (1991) en vue. Soundgarden a emmené avec lui ses propres lumières et ces dernières sont magnifiques. La tension monte très fort sur cette intro et une fois que les musiciens entrent en scène pour le premier couplet…c’est l’effet pétard mouillé ! Le son est catastrophique : les guitares sont sourdes et brouillonnes, la voix de Chris Cornell trop forte, avec un écho exagéré et des larsens, bref de quoi gâcher cette entame. Le public ne se démonte pourtant pas et exulte pendant « Spoonman », tiré d’un Superunknown (1994) se taillant la part du lion ce soir. Le son est médiocre dans la salle, mais il semble l’être également sur scène si l’on en juge par ce pain monumental que le pourtant excellent Matt Cameron nous sort pendant l’infernal « Jesus Christ Pose ». Signalons qu’il s’agit là de la seule faute de ce batteur vraiment trop sous-estimé, lui qui arbore pourtant un des jeux les plus complets de sa génération. Cornell prend alors la parole avant la véritable vieillerie  qu’est ce fameux « Hands All Over », encore une fois frustrant devant ce son capricieux, et en particulier devant l’absence de la guitare de Kim Thayil dans le mixage. Ce constat devient encore plus évident lorsqu’on poursuit avec le préhistorique « Hunted Down », tiré de l’Ep Screaming Life (1987) du label Subpop comme le rappeler Cornell, car ce titre joué à une guitare nous donne justement l’impression d’être seulement joué à la basse. C’est donc un crime sonore auquel nous avons droit, puisque seule la guitare de Cornell est audible, mais brouillonne, tandis que Thayil passe purement à la trappe. Dommage, car cette entame de set montre déjà des choix courageux, inespérés et logiquement jouissifs. Cornell est vocalement assez dans le coup, même si certains lui reprochent cette voix qui « gueule » un peu dans les aigues, mais il arrive à atteindre ces notes inhumaines, ce qui est déjà une prouesse en soit. Nous sommes frustrés, à l’inverse de Kirk Hammett, Lars Ulrich et John McEnroe ( !) qui semblent tous 3 prendre du plaisir à quelques mètres de nous. Après cette entame faisant la part belle au répertoire le plus agité du groupe, on entre ensuite dans une phase mid-tempo, se focalisant sur les 2 derniers opus en date. S’enchainent donc les tubes « My Wave », « The Day I Tried To Live », ou bien encore « Pretty Noose » (c’est flagrant sur ce titre à quel point la guitare de Cornell mange celle de Thayil), l’excellente ballade « Burden In My Hand » et un « Blow Up The Outside World » voyant une bonne participation du public. Le son semble enfin s’arranger, mais la nature plus aérée des morceaux aide aussi. Nous sommes un peu rassurés (ou habités ?) lorsque suit le furieux « Rusty Cage » qui sonne vraiment bien et qui se ponctue par ce riff final que votre serviteur considère comme le plus heavy de l’histoire ! « Outshined » poursuit dans cette ambiance de feu, et même si Thayil est encore trop discret dans le mix, les meubles semblent être un peu sauvés depuis quelques titres (on le répète, ce n’est pas l’interprétation du groupe et encore moins ses choix de setlist qui sont en cause, mais bel et bien la mise en son). « Black Hole Sun » est balancé, enfin dans sa version en groupe (Cornell interprétait depuis des lustres cette chansons seul) et fait bien sur un carton ! La fin du concert ? Absolument pas et suit un « Loud Love » des familles avant de faire le grand écart niveau temps et d’entendre le nouveau titre « Live To Rise » qui passe bien le test de la scène (même si on attend beaucoup plus du prochain opus). Sur « Superunkonown », l’écran géant diffuse des images psychédéliques et c’est l’inquiétant « 4th Of July » qui finit le set. En rappel, c’est carrément la folie avec un « Beyond The Wheel » dépoussiéré et où Cornell fait des prouesses avant que la messe prenne fin sur l’apocalyptique « Slaves And Bulldozer », un défouloir parfait pour lâcher notre frustration ! Au cours d’un set de 2h00 affichant 22 titres parfaitement choisis dans toute sa discographie, Soundgarden ne nous a pas offert le concert de l’année, faute à des conditions sonores déplorables (en revanche vive l’ingé-lumières !), mais il nous a assurément offert la plus belle setlist de l’année…On s’en ronge encore le frein !


Setlist SOUNDGARDEN :
01-Searching With My Good Eye Closed
02-Spoonman
03-Jesus Christ Pose
04-Hands All Over
05-Hunted Down
06-Drawing Flies
07-My Wave
08-The Day I Tried To Live
09-Pretty Noose
10-Burden In My Hand
11-Blow Up The Outside World
12-Fell On Black Days
13-Rusty Cage
14-Outshined
15-Let Me Drown
16-Black Hole Sun
17-Loud Love
18-Live To Rise
19-Superunknown
20-4th Of July
Encore :
21-Beyond The Wheel
22-Slaves And Bulldozers       


 

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