Primus - Paris - 27/03/12

PRIMUS

27 MARS 2012

PARIS - ZENITH

On le sentait venir, Primus n’a pas ramené grand monde pour peupler le Zénith et ce malgré l’annonce d’une tournée en format An Evening With (comprendre sans première partie mais avec 2 sets d’1h10 chacun). Les californiens avaient blindé la Cigale en un rien de temps l’été dernier, après une absence de 14 ans, mais malgré tout il nous semblait difficile de rameuter les foules quelques mois plus tard dans un Zénith que l’on avait pas vu dans aussi petite configuration depuis des lustres : la scène est avancée de manière à ce que la fosse paraisse minuscule, les tribunes latérales sont fermées et un rideau est évidemment placé pour cacher  une grosse partie des gradins. Dans ce format bien tassé, la sensation de bide disparaît quelque peu à l’heure où s’éteignent les lumières et Primus peut au moins se produire devant un parterre uni ! Le décor ressemble fort à celui de l’été dernier, à savoir 2 cosmonautes géants de chaque côté de la scène et la projection d’un visage semblant ne pas trop savoir ce qu’il fout là à l’intérieur du casque ! Vraie nouveauté en revanche, cet écran géant en fond de scène qui projette des vidéos accompagnant chaque titre. Primus déboule avec le tout premier titre de sa carrière studio, à savoir un « To Defy The Laws Of Tradition » extrait de Frizzle Fry (1990) qui insuffle d’entrée une bonne patate et qui se voit surtout agrémenté d’une longue improvisation ambiante et « sous-marine » où le trio parvient à nous sortir des sons collant parfaitement avec les projections (où on peut y voir un vaisseau sous-marin). D’entrée, nous sommes évidemment soufflés par le maitre de cérémonie Les Claypool, dont l’aisance à balancer ses rythmiques de basse folles est déconcertante, tandis que ses compères Jay Lane et Larry Lalonde redonnent eux aussi un nouveau sens à leurs instruments. Pour ce premier set, Primus nous offre une sélection équilibrée dans son back-catalog, puisant des titres issus de toute sa discographie, à l’exception de Antipop (1999) et en gardant pour le second set le petit dernier Green Naugahyde (2011) qui sera interprété en intégralité. On poursuit donc avec l’assez rare « Golden Boy » et son slap funky tiré du Brown Album (1997) et on enchaine avec un des titres les plus efficaces de Primus, trop souvent boudé en live, avec ce « Wynona’s  Big Brown Beaver » agrémenté d’une projection faisant bien sur la part belle à un castor ! Un des meilleurs moments de la soirée a lieu lors d’un « American Life » dantesque et rallongé à souhait où le trio se prend carrément pour Pink Floyd lors de ce qui reste sans doute comme la plus belle improvisation de la soirée ! Claypool disparaît alors et réapparait vêtu d’un masque et d’un archer lui servant à martyriser son espèce de contrebasse électrique lors de « Seas Of Cheese » et « Mr Krinkle ». Rare communication avec le public, Claypool prend la parole pendant « Over The Falls » pour nous demander comment ça va et en profite pour présenter Larry « Ler » Lalonde avant que ce dernier nous livre un solo bien psychédélique ! Primus quitte la scène avec l’incontournable « Harold Of The Rocks » où Jay Lane nous en fout plein la vue avec son jeu de cymbale très fin !
En guise d’entracte, voilà une idée bien originale et poilante que celle de nous proposer des épisodes de Popeye pendant 30 minutes. De quoi passer le temps dans une ambiance bon enfant ! Le second set consacré à Green Naugahyde  démarre alors et cet « Hennepin Crawler » au groove diabolique et accrocheur de nous remettre vite dans le bain. Jay Lane est peut être encore plus incroyable sur ce répertoire qu’il a enregistré, et si l’album entier passe très bien le test de la scène, que dire des parties de Jay Lane qui nous impressionnent tout du long de ce second set. Le jeu de cymbale du bonhomme est vraiment aussi subtil que bluffant et « Last Salmon Man » en est un parfait exemple ! Les nous sort son effet de basse « caoutchouc » pendant le funky « Tragedy’s A Comin’ » (on se demande ce que les projections de homard viennent foutre là !) et on rentre carrément dans une transe démente avec « Eyes Of The Squirrel » où Lane nous offre des roulements de batterie monstrueux tandis que des écureuils au regard possédé nous observe sur l’écran ! Sur « Lee Van Cleef » c’est cette fois l’acteur du même nom (vous savez le méchant dans Le Bon, la brute et le truand) qui est mis en scène et ce second set de ne pas rougir devant le premier, ce qui en dit long sur la qualité de Green Naugahyde !
En rappel, rien de mieux que 2 vrais classiques avec tout d’abord le pachydermique « My Name Is Mud » qui voit un public attentif se dérider et sauter et un super final avec le « Jerry Was A Rice Car Driver » et son riff incroyable tout en tapping de basse ! Un concert unique et dépassant facilement celui de l’été dernier. Primus est un groupe hors catégorie et décidément, les absents ont vraiment toujours tord !


Setlist PRIMUS :
Set 1 :
01-To Defy The Laws Of Tradition
02-Golden Boy
03-Wynona’s Big Brown Beaver
04-American Life
05-Seas Of Cheese
06-Mr Krinkle
07-Over The Falls
08-Harold Of The Rocks
Set 2 :
01-Prelude To A Crawl
02-Hennepin Crawler
03-Last Salmon Man
04-Eternal Consumption Engine
05-Tragedy’s A Comin’     
06-Eyes Of The Squirrel
07-Jilly’s On Smack
08-Lee Van Cleef
09-Moron TV
10-Green Ranger
11-HOINFODAMAN
12-Extinction Burst
13-Salmon Men
Encore :
14-My Name Is Mud
15-Jerry Was A Race Car Driver      

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