Sleep + The Melvins - Paris - 26/05/12

 

 SLEEP + THE MELVINS

 26 MAI 2012

 PARIS - GRANDE HALLE DE LA VILETTE

 

 

 

 

 

 

 

 

En plein festival de la Villette Sonique, les forces pachydermiques de Sleep et The Melvins s’allient à la Grande Halle De La Villette (plus précisément dans l’espace Charlie Parker) alors que dehors, on s’amuse autour de dj électro gratuits. Si le cadre est inhabituel, notre surprise vient surtout du fait de voir Sleep (qui dans les 90’s n’aurait probablement pas rameuté plus de 100 personnes) et The Melvins (dernier passage dans la capitale le 31 octobre 2011 au…Glaz’art !) remplir très convenablement l’imposant espace Charlie Parker ! Certes on est loin des 3000 personnes que la salle peut accueillir au maximum, mais on dépasse largement les 1000 spectateurs !

Lorsque The Melvins entre en scène, on n’a évidemment pas affaire à une « simple première partie » avec ce combo culte et inclassable. Les Melvins nous rejouent en quelque sorte la carte abattue au Hellfest, à savoir concentrer son set sur sa facette la plus sludge, doom voir même la plus accrocheuse en délaissant son aspect le plus expérimental et barré. Un set qui débute en se plongeant dans Lysol (1992) avec la doublette colossale « Hung Bunny » et « Roman Bird Dog » ! King Buzzo et ses compères tiennent la grande forme et comme toujours on s’étonne de la mise en place d’une précision diabolique des 2 batteurs Dale Crover et Coady Willis, qui s’illustrent notamment à travers des breaks époustouflants lors d’une autre doublette, issue de The Bride Screamed Murder (2010), avec « The Water Glass » (mention spéciale aux canons à 4 voix !) et « Evil New War God ».

Seul extrait de leur dernier opus Freak Puke (2012), enregistré il est vrai sous le patronyme Melvins Lite sans le bassiste Jared Warren et Coady Willis mais avec Trevor Dunn (allez comprendre…mais après tout The Melvins n’est pas à une bizarrerie près !), « A Growing Disgust » se voit en plus entaché par des problèmes d’ampli ! Histoire de passer le temps pendant que le problème se résolve, Buzzo et les siens interprètent à capella l’hymne américain « Star Spangled Banner », affublé de quelques majeurs dressés et de hués de certains membres du public, visiblement un brin anti-américain primaires. Mais le groupe s’en fout, et n’affiche d’ailleurs au cours de ce set aucune démagogie, lorsque Jared Warren, las de voir plein de spectateurs monter sur scène, lâche un : « barrez vous de la scène bande de trou du cul ! ». On finit ce très bon set d’une heure, au parfum de trop peu, avec « The War On Wisdom » emprunté à l’EP gratuit The Bulls & The Bees (2012) paru plus tôt cette année et surtout avec l’imparable « The Bit », qui popularisé par la reprise qu’en a fait Mastodon, fait ici office de classique !

 

Setlist THE MELVINS :
01-Hung Bunny
02-Roman Bird Dog
03-The Water Glass
04-Evil New War God
05-Manky
06-A History Of Bad Men
07-Youth Of America (Wipers)
08-A Growing Disgust
09-Star Splangled Banner
10-The War On Wisdom
11-The Bit

 

 

 

 

Une vidéo montrant un documentaire traitant d’astronomie est diffusée sur l’écran géant pour faire patienter d’ici la venue du combo culte Sleep, très confidentiel à l’époque, mais qui peut se venter d’avoir contribué à poser les bases du stoner avec son album Holy Mountain (1993). Sleep est un trio doom/stoner qui a publié 2 disques pendant les 90’s et qui compte dans ses rangs le guitariste Matt Pike (High On Fire) ainsi que le bassiste/chanteur Al Cisneros (Om, Shrinebuilder).  Les 2 bougres avaient déposé les armes en 1998 après avoir mis en boite leur 3ème opus Dopesmoker, constitué d’un seul titre éponyme long de plus d’une heure, que leur label avait refusé de publier (crime depuis réparé puisque plusieurs versions du disque existent, celle de 2003 par Tee Pee Records étant la plus fidèle à la vision de Sleep). Courant 2009, Sleep reprend du service et se voit complété en 2010 par l’ajout du batteur Jason Roeder (Neurosis). Pas la moindre note jouée que Matt Pike fait le ninja devant le public, tandis qu’Al Cisneros insiste pour qu’il n’y ait aucun slam pendant le set…avant de s’en prendre à un spectateur qui proteste visiblement la décision ! « Quel est ton putain de problème ? Nous venons de si loin…nous jouerons ce soir pour tout le monde sauf pour toi ! » lui balance Cisneros. Le décor est planté, la consigne respectée, et signe du destin, Sleep de débuter son set par les 25 premières minutes de « Dopesmoker » et de son riff répétitif et massif, nous plongeant dans la transe la plus totale ! Le son est chaud, maitrisé et d’une lourdeur implacable entre les coups de boutoir de Roeder, le son éléphantesque de Cisneros et celui aux allures de Big Bang arboré par Pike ! En sus des projections spatiales et psychédéliques sur écran, Sleep nous entraine dans un voyage sonore et pioche 2 pépites de son Holy Mountain, avec le titre éponyme et un excellent « Dragonaut » bien acclamé ! Nous avons ensuite droit à un titre jamais enregistré avec un « Sonic Titan » s’inscrivant dans le plus pur style de Sleep (normal car composé à l’époque) mais histoire de bien boucler la boucle de cette transe hypnotique de plus de 75 minutes, on revient sur la fin de « Dopesmoker », l’occasion pour le trio de nous montrer une dernière fois de la soirée à quel point leur style est atypique, précis, profond et d’une lourdeur rarement égalée !

 

Setlist SLEEP :
01-Dopesmoker  
02-Holy Mountain
03-Dragonaut
04-Sonic Titan
05-From Beyond
06-Dopesmoker

 

 

 

 

 

 

 

 

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