Dream Theater - Paris - 31/01/14

 

 DREAM THEATER

31 JANVIER 2014

PARIS - ZENITH

 

 

 

 

 

 

 

 


Dream Theater est de retour à Paris dans ce Zenith, qu’il connait bien et qu’il ne quitte plus depuis plus de 10 ans, en promotion de son nouvel album éponyme. D’entrée de jeu, portons notre attention sur le retour du format tant adoré des fans, le fameux « An Evening With Dream Theater » qui propose un concert long de 3h00 réparti en 2 sets et sans première partie. Un format délaissé par le combo new-yorkais en Europe depuis presque 10 ans, et plus exactement après la tournée d’Octavarium (2005). Ça part donc très bien pour ce soir et même si depuis la séparation avec Mike Portnoy, la setlist reste identique soir après soir, le groupe a conservé sa bonne habitude de la chambouler complètement d’une tournée à l’autre. Ainsi, hormis les 2 titres tirés de l’opus précédant A Dramatic Turn Of Events (2011), Dream Theater ne propose absolument aucune redite avec le dernier concert donné dans ce même Zenith et comme toujours il faut saluer l’initiative, d’autant que cette tournée propose son lot de bonnes surprises lors du deuxième set, mais nous y reviendrons. Tout débute après une animation projeté sur un rideau géant en front de scène, voyant comme toujours un enchainement de visuels consacrant chaque album du groupe et à juger des réactions chaleureuses du public, ce dernier semble vénérer de la même manière chaque opus de John Petrucci et cie. Le rideau tombe et le premier titre marteau du nouvel album « The Enemy Inside » fait exulter ce public ravi à l’idée de se manger 3h00 de metal-prog dans les esgourdes ! James Labrie est affuté et en grande forme aussi bien physique que vocale, John Petrucci impérial comme toujours à la guitare, même si l’on peut déplorer sur certains titres comme celui-ci l’usage de « faux chœurs ». Le son est quant à lui de très bonne qualité, bien meilleur que lors du dernier Zénith, et le mixage affiche un parti-pris évident : la guitare est très en avant avec un rendu on ne peut plus précis pour une arena, laissant comme principale victime la batterie d’un Mike Mangini (déjà trop robotique) un peu noyée en retrait. L’avantage est de ne perdre absolument aucune note de Petrucci, et ce même sur les parties les plus chargées et complexes, avec comme inconvénient d’avoir un son de batterie très plat. L’entrée en matière est donc convaincante mais Dream Theater commet ensuite la seule véritable faute de gout du concert en balançant l’indigeste et décousu « The Shattered Fortress » en 2ème position, même si l’on comprend plus tard l’intérêt de la démarche, l’ultime volet de la saga des chansons consacrées au parcours de Mike Portnoy chez les alcooliques anonymes, tiré de Black Clouds & Silver Linings (2009), récapitulant des thèmes puisés des 4 albums parus entre 2002 et 2007 et passés à la trappe sur cette tournée. James Labrie prend ensuite la parole pour déclarer sa joie de jouer à Paris depuis 1992 et de s’exclamer avec lucidité que nombre de spectateurs ont l’air d’être nés après cette date ! S’en suit un « On The Backs Of Angels », qui fait déjà figure de classique puis le titre favori du nouvel opus pour votre serviteur avec le réjouissant « The Looking Glass », avec son joli refrain et surtout son excellent solo rappelant fortement celui de « Trial of Tears »…association d’idée au moment de faire la setlist ? C’est justement ce même « Trial Of Tears », epic magnifique de Falling Into Infinity (1997) qui suit pour un des plus beaux moments de la soirée ! Labrie rebaptise le refrain en « It’s raining on the streets of Paris City » (ce qui est on ne peut plus vrai sur le moment !), et malgré un manque de vie criard dans le jeu d’un Mike Mangini vraiment trop dénué d’âme et de swing (sans doute le titre où l’absence de Portnoy se fait le plus sentir ce soir), le passage central et instrumental de « Trial Of Tears » file toujours autant les frissons ! L’instrumental « Enigma Machine » doté d’une vidéo amusante sur grand écran, d’un pain de Petrucci (fait rarissime se reproduisant à 2 ou 3 reprises ce soir…oui il est humain !) et d’un solo dispensable de Mangini suit sans convaincre, à l’inverse du très bon epic de l’album précédant qu’est « Breaking All Illusions » que l’on s’étonne avec joie de voir rescapé de la dernière tournée et sur lequel Rudess affiche pour la première fois de sa carrière avec DT un excellent son de Hammond (et ça pour une surprise, c’est une très bonne surprise !).  Ce premier set, articulé quasi-intégralement sur les 2 derniers albums de Dream Theater se termine donc de bien belle manière, en se permettant tout de même d’avoir balancé 3 gros epic en un peu moins de 90 minutes ! Mais le meilleur est à venir, et après un interlude très rigolo de 15 minutes mélangeant sketch autour des membres du groupe et séquences de fans reproduisant la musique de Dream Theater sur Youtube, LA grosse surprise du chef est dévoilée : on célèbre les 20 ans d’Awake (1994) avec pas moins de 5 titres d’affilées qui lui sont consacrés ! On débute donc avec la doublette bien heavy et plus prévisible que constitue « The Mirror » et « Lie », sur lesquels Jordan Rudess balance des relectures bien senties au continuum, et Petrucci des riffs et solos rentrés dans la légende, le public de donner également de la voix ! Mais ce sont ensuite 3 grosses surprises qui suivent : qui sans regarder la setlist à l’avance aurait pu s’attendre à ce « Lifting Shadows Off A Dream », pas franchement indispensable certes mais résolument inattendu ou encore à ce « Scarred » faisant quant à lui vraiment bien chaud au cœur (malgré des faux-chœurs synthétiques de Petrucci). Une bien belle surprise qui est suivie de près par une chose encore plus surprenante : l’interprétation du « Space-Dye Vest » de Kevin Moore, attendu comme le messie par une grosse frange de fans depuis 20 ans et livré sur cette tournée pour la première fois, dans une version un brin remaniée avec notamment un solo additionnel de Petrucci. Un cadeau inespéré pour les adorateurs de cette rareté, une anecdote pour ceux n’ayant jamais compris l’engouement autour de ce titre et du premier claviériste de la formation Kevin Moore en général (et je ne me cache pas d’appartenir à la seconde catégorie). Très bonne attention quoiqu’il en soit ! Pour quitter la scène, Dream Theater balance bien-sûr l’epic de son nouvel album avec « Illumination Theory » qui passe assez bien mais dont on doute de la survie lors de futures tournées (à l’inverse de « Breaking All Illusions » par exemple). Déjà l’heure des rappels on se dit, et pourtant Dream Theater joue depuis longtemps. C’est une énorme surprise mais aucun titre d’Images & Words (1992) n’est joué ce soir, décision bien couillue tout de même ! En lieu et place, et ce n’est pas plus mal, on célèbre les 15 ans du classique Scenes From A Memory (1999) avec son début et sa fin (à noter des projections vidéo différentes de celle d’époque et bien mieux réalisées) et ainsi on exulte aux premières notes de « Ouverture 1928 » et à la banane insufflée par « Strange Déjà Vu » ! On aurait bien vu autre chose à la place de l’intrumental archi  technique « The Dance Of Eternity » (au hasard : « Fatal Tragedy », « Beyond This Life » ou « Home ») mais nul doute que la frange la plus « geek » des fans de DT a su apprécier et le final sur « Finally Free » fait son petit effet, malgré là encore l’absence de la folie des roulements assassins que Portnoy balançait sur le final, mais quoiqu’il en soit, Dream Theater met de fort belle manière un point final à une soirée de bravoure, globalement très réussie et décidemment, on se dit qu’il n’y a rien qui aille mieux à ce groupe que ce format « An Evening With », lui permettant de puiser en profondeur dans sa discographie et de proposer des belles célébrations comme les 2 anniversaires de cette tournée. Une formule que l’on souhaite voir s’installer de nouveau dans les futures tournées. Chapeau messieurs !   

Setlilst DREAM THEATER : 
Set 1 :
01-The Enemy Inside
02-The Shattered Fortress
03-On The Backs Of Angels
04-The Looking Glass
05-Trial Of Tears
06-Enigma Machine
07-Along For The Ride
08-Breaking All Illusions
Set 2 : 
09-The Mirror
10-Lie
11-Lifting Shadows Off A Dream
12-Scarred
13-Space-Dye Vest
14-Illumination Theory
Encore :
15-Ouverture 1928
16-Strange Déjà Vu
17-The Dance Of Eternity
18-Finally Free 

 

 

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