Corrections House - Paris - 10/12/13

 

CORRECTIONS HOUSE

10 DECEMBRE 2013

PARIS - LA FLECHE D'OR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Corrections House vient de publier son tout premier album Last City Zero et écume déjà les clubs européens en cette fin d’année glaciale. Le quatuor a beau compter dans ses rangs Mike IX Williams et Scott Kelly, inutile de s’attendre pour autant au mariage improbable entre Eyehategod et Neurosis. Corrections House possède une véritable identité propre, évoluant davantage dans une sphère noise/indus avec un gros côté expérimental amené notamment par les interventions dissonantes au saxophone de Bruce Lamont (Yakuza) tandis que Sanford Parker (Minsk) balance des beats programmés et autres samples menaçants ! Last City Zero est livré dans une version magnifiée par le contexte du live, environnement où la musique de Corrections House semble prendre tout son sens tant le concert s’apparente à une expérience voir un rituel. L’entrée en matière est pour le moins dantesque, avec un enchainement très prenant, hypnotique et trippant, avec des titres à l’atmosphère magistrale comme « Party Leg And Three Fingers » ou bien encore « Drapes Hung By Jesus ». Mike IX Williams arbore une expression très différente de celle d’Eyehategod, éructant ses vocalises typiques de façon plus contrôlée, plus scandée aussi, et s’adonnant souvent au registre du spoken words (certains textes sont tirés de son livre Cancer As A Social Activity). Le bougre érige d’ailleurs souvent un livre flanqué du logo de Corrections House dont il tire ses invectives, et le logo se retrouve aussi placardé sur les blouses des 4 musiciens et certains éléments de la scène pour un rendu visuel convaincant ! Scott Kelly est dans sa bulle et en sort parfois pour éructer lui aussi certaines gueulantes, où à l’inverse des choses beaucoup plus calmes et douces lorsqu’il se lance par exemple dans ce « Hallows Of The Stream » au caractère très éthéré. Les 2 frontman d’Eyehategod et Neurosis sont bien sur les plus en vue pour le public, mais Bruce Lamont se fait pourtant bien remarquer, semblant comme possédé dans un trip gestuel confinant parfois à la folie ! Corrections House varie les plaisirs et des influences plus punk-rock dans l’esprit resurgissent parfois sur ce fond de noise avec « Bullets And Graves » ou bien encore « Dirt Poor And Mentally Ill ». Peut être le moment fort du set, l’aussi aéré que drainant « Last City Zero », s’apparentant au calme que l’on peut ressentir après une tempête, illumine cette prestation de ses quelques rares notes espacées et des spoken words façon poème de Mike Williams. Après cela, l’intempérie ressurgit avec le plus lourd « Serve Or Survive » et surtout avec le final tiré du single du même nom « Hoax The System » (sorti plus tôt dans l’année) livré dans une version ultra chaotique et à rallonge ! Voici un début fort prometteur pour ce groupe bien à part et pour le moins captivant en live !   

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