Hellfest 2013 - Clisson - 23/06/13

 

HELLFEST 2013

JOUR 3 - 23 JUIN 2013

CLISSON

 

 

 

 

 

Tendance des débuts de journée sur ce Hellfest 2013 : une petite bruine vers les coups de midi qui finit par se dissiper dans l’après-midi. C’est cette fois Tommy Victor et son Prong qui viennent nous réveiller et de quelle manière dans ce qui restera comme un des tout meilleurs sons, si ce n’est le meilleur du festival (quel régal d’écouter avec autant de précision les rythmique de Victor) ! Epaulé par le mirobolant batteur Alexei Rodriguez (qui frappe comme une mule tout en restant d’une précision diabolique) Prong enchaine les tueries avec « For Dear Life », « Unconditional », le dansant et plus récent « Revenge Best Served Cold », « Whose Fist Is This Anyway ? » ou bien encore le tubesque « Snap Your Fingers, Snap Your Neck ». Victor est volubile et s’adresse souvent en français au public présent qui se délecte de cette excellente prestation. C’est trop bon mais trop court et du coup Prong dépasse son temps de jeu pour balancer un ultime « Power Of The Damager » visiblement rajouté à la dernière minute. Sans faire trop de bruit et en jouant trop tôt, la faute à une popularité faisant défaut, Prong vient de livrer un des meilleurs concerts du weekend !

Setlist PRONG :
01-For Dear Life
02-Unconditional
03-Eternal Heat
04-Cut-Rate
05-Rude Awekening
06-Revenge Best Served Cold
07-Whose Fist Is This Anyway ?
08-Snap Your Fingers, Snap Your Neck
09-Power Of The Damager

 

Les suédois de Mustasch suivent avec leur rock n’roll direct et efficace. Un petit manque de charisme toutefois comblé par des titres accrocheurs comme « Mine » et un chanteur qui se fait remarquer en allant boire au pichet de bière d’un spectateur et obligé de refaire tout le tour de la scène pour remonter sur les planches! Danko Jones lui aussi est dans le même esprit. Fun, simple, droit au but et surtout toujours très en verve lorsqu’il s’agit de s’adresser à un si large public façon égotrip volontairement exagéré ! C’est toujours un peu pareil avec Danko, mais on se laisse quand même prendre au jeu, même si l’on entend pour la énième fois le fameux speach de « Mountain ». Sympathique, surtout en festival en plein après-midi.

Mass Hysteria poursuit dans cet élan de bonne humeur et Mouss, Rapha et compagnie savent évidemment nous offrir un concert positif à bloc, comme ils le disent eux même ! Mass mise sur son présent et joue la carte de ses chansons récentes et plus particulièrement celles de son dernier album en date L'armée Des Ombres (2012), mais Mass n’oublie pas pour autant de balancer des classiques incontournables de son répertoire et notamment ceux de Contraddiction (1999) comme le morceau éponyme ou le tubesque « Furia » en fin de prestation ! Un set plein de patate mais malheureusement un brin gâché par un son capricieux dû à une nouvelle malice de la météo : le vent se lève très fort sur Clisson au moment même où débarque le groupe sur scène.


Setlist MASS HYSTERIA :

01-Positif A Bloc
02-Tout Doit Disparaitre
03-World On Fire
04-Une Somme De Details
05-L'Esprit Du Temps
06-L'Homme S'entête
07-Pulsion
08-Vertige Des Mondes
09-P4
10-Contraddiction
11-Furia

On passe ensuite à celui que l’on est vraiment heureux de revoir sur une scène française. Jugez plutôt, cela faisait depuis l’été 1999 que Jason Newsted (ex-Metallica faut-il le rappeler ?) n’était pas venu par ici et même si son premier album solo Heavy Metal Music n’est pas encore disponible, nombreux sont soucieux de retrouver ce musicien attachant et à la présence scénique inoubliable. Le set ne commence pas si bien lorsque le plutôt bon « Heroic Dose » se voit entaché de quelques problèmes techniques (la basse disparait, problème de guitare), mais Newsted n’en a cure et poursuit sur sa lancée. Le bougre sait y faire pour haranguer la foule et s’il y en a un qui semble heureux d’être là, c’est bien son lieutenant Mike Mushok (Staind) sautant de façon intempestive et outrancière  sur scène ! Les festivaliers n’accrochent pas totalement aux compos de Jason, mais lorsque « Kings Of The Underdogs » est agrémenté du célèbre pont du « Creeping Death » de Metallica, Clisson se réveille évidemment ! Alors pas la peine de faire un dessin lorsque Jason balance un « Whiplash », éructé avec force et intensité du plus profond de ses tripes, le Hellfest se transforme alors en un champ de bataille et si le set de Newsted ne reste pas parmi les moments les plus marquants de cette cuvée du Hellfest, cette version de « Whiplash » restera quant à elle longtemps dans les mémoires !

Setlist NEWSTED :
01-Heroic Dose
02-Soliderhead
03-…As The Crow flies
04-Godsnake
05-Long Time Dead
06-King Of The Underdogs/Creeping Death (Metallica)
07-Twisted Tail Of The Comet
08-Skyscraper
09-Whiplash (Metallica)



Les Texans de The Sword, et leur science du riff optimale, suivent dans la Valley mais malheureusement, leur set est d’entrée gâché par un son pour le moins brouillon, voir horrible. Dommage, car la jeune formation n’a pas son pareil pour distiller des riffs tranchants sur fond de rythmique groovy mais quoiqu’il arrive on a du mal à profiter pleinement de « The Veil Of Isis », « Tres Brujas », « Barael’s Blade », « Dying Earth », « Apocryphon » ou bien encore la doublette pourtant excellente voyant « Freya » s’accoupler avec la reprise de ZZ Top « Cheap Sunglasses ». A revoir dans de meilleures conditions et en salle.


Annoncé la veille au public, Down pallie à l’annulation de dernière minute de Clutch sous la Valley (dû au décès du père de Neil Fallon) et va proposer un concert radicalement différent de sa prestation de la veille sur la mainstage et surtout complètement unique dans son histoire ! Tout le monde est éméché sur scène et Down n’a eu que l’après-midi pour mettre en place tout cela dans sa loge avec quelques amplis et guitares. Du coup Phil Anselmo, qui après avoir rendu hommage au père de Neil et à tout Clutch (« faite un max de bruit pour Clutch » demande-t-il au public), précise aux festivaliers d’être indulgent avec l’interprétation du jour et après avoir tiré une latte sur un bang venu de la foule, Anselmo déclare carrément que sa voix est flinguée et qu’il va falloir l’aider sur le disparu et néanmoins excellent « Rehab » ! On suit avec une autre rareté, en l’occurrence « Swan Song », ce qui fait qu’en combiné sur les 2 sets, la quasi-intégralité de Nola y sera passée. Mais les surprises arrivent vraiment avec Anselmo qui se saisit de la guitare, Jimmy Bower qui quitte la batterie un temps pour attraper une 6 cordes à son tour, Pepper passe à la basse, un roadie prend la batterie et Kate Richardson, la petite amie d’Anselmo, prend le micro : grosse surprise que ce line-up qui envoie avec force les titres d’Eyehategod « Sister Fucker » et « Blank » (sur lequel Anselmo est remplacé par le roadie Rob Heilig). Forcément c’est fun et Kate s’en sort très bien avec des vocalises punk, brut et bien intenses (même si on note de nombreux oublis et défaut de mise en place, néanmoins, bravo à Kate !). Jimmy Bower revient à la batterie (il est le seul musicien à jouer sur tous les titres du set), Kirk Windstein et Pat Bruders reviennent et on se doute que l’on va avoir affaire à un line-up inédit de Crowbar en trio ! « High Rate Extinction » et « Conquering » suivent, éructés par un Kirk à la voix sacrément puissante et un Jimmy Bower qui certes fait un ou deux accrocs, mais qui cogne avec puissance sur ces titres qu’il a interprété tellement de fois dans le passé. Mais le moment fort du set intervient quand Pepper Keenan débarque, épaulé par Bobby Landgraf (guitar tech de Pepper et guitariste de Honky) dans le rôle de Woddy Weatherman, avec Bruders et Bower qui restent en place pour nous balancer le « Clean My Wounds » de C.O.C ! Pepper est très en voix et le public aux anges ! Cerise sur le gâteau, Jason Newsted débarque sur la seconde moitié du morceau ! Bruders reprend sa basse ensuite et « Albatross » suit avec Bobby Landgraf qui nous balance un super solo plein de feeling ! Le set se termine sur la reprise planante de Robin Trower « Bridge Of Sighs » qui débouche sur le final du « Walk » de Pantera balancé dans la liesse que vous imaginez ! Down vient de livrer plus qu’une compensation au Hellfest, il vient de donner un concert qui fera date dans sa carrière !

Setlist DOWN (show spécial) :
01-Rehab
02-Swan Song
03-Sister Fucker (Eyehategod)
04-Blank (Eyehategod)
05-High Rate Extinction (Crowbar)
06-Coquering (Crowbar)
07-Clean My Wounds (Corrosion Of Conformity)
08-Albatross (Corrosion Of Conformity)
09-Bridge Of Sighs (Robin Trower)/Walk (Pantera)

On termine ce Hellfest avec les suédois de Ghost, passé en 2 ans du statut de groupe buzz à celui d’headliner de la seconde mainstage (grâce à une inversion avec Danzig). On se réjouit à l’avance de retrouver Papa Emiritus II et ses nameless ghouls se produire dans des conditions optimales (de nuit sur une grande scène) et on peut rester sur sa faim niveau show (pas grand-chose à signaler) même si le décor est planté. Ghost dispose de titres résolument catchy et faciles à chanter et ne manque pas de s’imposer auprès des festivaliers avec pêle-mêle : « Con Clavi Con Dio », « Elizabeth », « Secular Haze », « Satan Prayer » et surtout les déjà tubes « Year Zero » et « Ritual » qui voient les suédois quitter la scène. Ghost semble vraiment percer même si l’interprétation poussive de son batteur et les parties de guitare parfois trop légères laissent toujours une impression de groupe surestimé. Toujours est-il qu’en rappel c’est la jolie doublette « Ghuleh/Zombie Queen » qui fait mouche tandis que « Monstrance Clock » achève cette édition 2013 du Hellfest réussie en tout point et qui aura vu 112 000 spectateurs fouler son sol ! A l’année prochaine !

Setlist GHOST :
01-Infestissumam
02-Per Aspera Ad Inferi
03-Con Clavi Con Dio
04-Prime Mover
05-Elizabeth
06-Secular Haze
07-Body And Blood
08-Stand By Him
09-Death Knell
10-Satan Prayer
11-Genesis
12-Year Zero
13-Ritual
Encore :
14-Ghuleh/Zombie Queen
15-Monstrance Clock  

Crédits photos :
Eric Bagnaro-Ozirith.com/Hellfest Productions (Down, Newsted, Mass Hysteria, Danko Jones, Public)
Marc Duvollet (Prong)

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