The Black Crowes - Paris - 27/06/13

 

 THE BLACK CROWES

27 JUIN 2013

PARIS - CIGALE

 

 

 

 

 

 

 

 

Si l’on met de côté l’enregistrement de l’émission le live de la semaine sur Canal + en avril 2008, les Black Crowes ne se sont plus produits à Paris depuis le mois de juillet 2001 à l’Olympia. Il serait donc un doux euphémisme de dire que les fans français de la troupe originaire d’Atlanta trépignaient d’impatience à l’idée de revoir ce groupe d’exception pour la première fois en 12 ans, et de surcroit pour son premier passage parisien depuis sa reformation, datant pourtant déjà de 2005. Pour le coup, les Black Crowes ne se sont pas encombrés d’artifices superficiels. Pas même la présence d’un backdrop ni même les 2 habituelles choristes. De quoi inquiéter ou hurler au foutage de gueule ? Pas vraiment non, bien au contraire, car The Black Crowes se concentre sur ce qui compte : la musique ! Et pour le coup, rarement dans une vie est donnée la possibilité d’assister à tel niveau de musicalité ! The Black Crowes aime changer sa setlist tous les soirs et couvre ainsi sur une tournée la globalité de sa carrière. Mais ce soir, les frangins Robinson nous offrent une sélection pour le moins ciblée, articulée quasi intégralement sur les 3 premiers opus de leur groupe (à l’exception de 2 titres et de quelques reprises, laissant ainsi les albums post reformation au placard, même si « Magic Rooster Blues » tiré du live acoustique des frères en duo sur la tournée Brothers Of A Feather est joué!), les meilleurs au passage ! Dans une mise en son très (trop ?) forte mais de très bonne facture, The Black Crowes débarque en assénant avec une certaine liesse 2 titres de son premier album Shake Your Money Maker (1990) avec un « Jealous Again » qui donne d’emblée le ton avec une petite jam bien sentie au milieu et un « Thick N’Thin » exécuté quant à lui de manière plus directe et fidèle à son penchant studio. L’accueil du public est forcément chaleureux, tellement content de retrouver la classe musicale des frangins, Chris étant très en voix et Rich sacrément en verve à la guitare (on ne se souvient pas de l’avoir vu à un tel niveau lors de ses improvisations!). Toujours entourés par la section rythmique impeccable et mirobolante que constitue Steve Gorman (quel batteur !) et Sven Pipien, du plus récent claviériste Adam MacDougall et du petit nouveau guitariste soliste Jackie Green qui a beau effectuer cette année son baptême de feu à seulement 32 ans, le bougre n’en reste pas moins un guitariste de très haut vol comme vont le prouver toutes ses improvisations d’exception au long du concert. Après la première surprise « Magic Rooster Blues » on enchaine avec une très bonne reprise du « Medicated Goo » de Traffic, de quoi continuer à filer la banane à son public tout en l’éduquant en lui faisant découvrir des bouts d’histoire du rock n’roll pas forcément si connus. On arrive ensuite au gros morceau de la soirée ! Pour ouvrir le chapitre Amorica (1994), les corbeaux se lancent sur le magnifique « Ballad In Urgency » aux tonalités touchantes et rallongé à l’envie par de superbes jams. On se met ensuite à espérer que sa suite « Wiser Time » suive, ce qui est le cas, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que les Black Crowes aiment faire durer le plaisir et faire perdurer le suspens en livrant en guise de transition une nouvelle jam à rallonge mais toujours aussi bonne ! Lorsque les premières notes de « Wiser Time » retentissent, on est conquis et on ne sait pas encore que l’on va se prendre en pleine poire le morceau de bravoure du set ! En effet, après une première jam dominé par les claviers d’ Adam MacDougall avec des tonalités reggae, Chris Robinson et Jackie Green vont se livrer successivement à des duels d’anthologie à la guitare pour accoucher au final d’une version de « Wiser Time » absolument dantesque ! Il n’y a pas à dire, The Black Crowes est capable de manier comme personne la délicatesse d’une ballade sudiste avec les vocalises délicates de Chris Robinson et une intensité folle et insolente lors de jams stratosphériques ! Bien malin d’ailleurs les corbeaux noirs, qui après cette déferlante de titres rallongés et truffés d’improvisations, s’apprêtent maintenant à enfoncer le clou en se concentrant sur ses classiques absolus, livrés dans des versions un peu plus concises et parfois même très fidèles aux albums. On commence donc avec « She Talks To Angel », joué en acoustique avec Jackie Green qui se saisit carrément d’une mandoline (qu’il gardera sur l’enjoué « Downtown Money Waster » dans la foulée), acclamé et repris à gorges déployées par le public bien évidemment ! « Soul Singing » et « Remedy » sont eux aussi ovationnés et ne souffrent en aucun cas de l’absence des choristes, les autres musiciens faisant un excellent boulot en la matière ! The Black Crowes quitte la scène au son d’un « Thorn In My Pride » aussi joli que transformé avec brio en une nouvelle version anthologique grâce à de nouvelles improvisations où Chris se fait plaisir à l’harmonica ! En rappel, on se la joue reprise, avec tout d’abord un splendide « Oh ! Sweet Nuthin’ » du Velvet Underground chanté parfaitement par Rich Robinson pendant que son frère de Chris joue de la guitare et le public peut une nouvelle fois livrer une sacrée ovation avec la reprise culte du « Hard To Handle » d’Otis Redding suivi de près et mélangé au fameux « Hush » popularisé par Deep Purple et que le public connait là aussi sur le bout des doigts ! Le groupe se retire et devait logiquement en rester là. Seulement voilà, devant l’acclamation d’une Cigale chauffée à bloc, les Black Crowes sont suffisamment spontanés pour venir offrir un dernier cadeau à Paris avec le très connu « Jumpin’ Jack Flash » des Rolling Stones histoire de conclure de fort belle manière une soirée qui restera très longtemps encrée dans les mémoires ! Quasiment jamais il ne m’a été donné de voir tel niveau de maitrise musicale, et dire que Gov’t Mule passe à Paris dans une dizaine de jours, la capitale est gâtée !

Setlist THE BLACK CROWES :
01-Jealous Again
02-Thick N’Thin
03-Hotel Illness
04-Black Moon Creeping
05-Magic Rooster Blues
06-Medicated Goo (Traffic)
07-Ballad In Urgency
08-Wiser Time
09-She Talks To Angels
10-Downtown Money Waster
11-Soul Singing
12-Remedy
13-Thorn In My Pride
Encore 1 :
14-Oh! Sweet Nuthin’ (The Velvet Underground)
15-Hard To Handle (Ottis Redding)
16-Hush (Deep Purple/Joe South)
Encore 2 :
17-Jumpin’ Jack Flash (The Rolling Stones)
              

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