Steven Wilson - Paris - 08/03/13

 

STEVEN WILSON

08 MARS 2013

PARIS - TRIANON

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans les nombreuses qualités que possède Steven Wilson, retenons celle de ne jamais laisser patienter ses fans très longtemps pour le revoir en live. Une bonne habitude qui existait déjà avec Porcupine Tree et qui perdure aujourd’hui. En effet, surtout lorsque l’on est fan parisien (Paris ayant été une des très rares villes à voir la précédente tournée effectuer 2 passages), on ne peut pas vraiment se plaindre de ronger son frein, Steven Wilson et ses excellents musiciens ayant donné 3 concerts dans la capitale en à peine 1 an et demi ! Un effet de lassitude à l’horizon ? Pas le moindre devant l’immense qualité du concert de ce soir articulé autour de la sortie de son 3ème opus solo The Raven That Refused To Sing qui est interprété pour le coup dans son intégralité (mais pas d’une traite). Le concert commence donc au son de « Luminol », ce titre résolument 70’s que l’on avait découvert l’année dernière en mise en bouche de ce nouvel album et qui dévoile d’entrée de jeu l’interprétation de haut vol des compères de Wilson. De Marco Minneman à Nick Beggs, en passant par Adam Holzman, Theo Travis et le petit dernier mais néanmoins très en vue nouveau guitariste de la formation Guthrie Govan, on frise l’excellence ! Ce dernier éclabousse d’ailleurs toute l’assistance de sa classe lors du solo à coller des frissons du planant « Drive Home » qui suit. Sur « The Holy Drinker », Steven Wilson s’empare d’une basse pendant que Nick Beggs dévoile ses qualités au stick et certaines parties du titre se révèlent sacrément heavy pendant que d’autres au caractère plus jazz-rock impressionnent. Grace For Drowning (2011) a marqué un tournant dans la carrière de Wilson et il va de soi que le disque reste bien représenté ce soir. Wilson choisit d’abord d’en tirer les titres plus courts et mélodiques, histoire de contrebalancer avec l’aspect plus épique du nouvel album, en livrant les toujours très beaux « Postcard » et ce « Deform To Form A Star » splendide et agrémenté d’une belle intro piano d’Adam Holzman et d’un des très rares solos de guitare de Wilson (qui n’en fait quasiment aucun dans sa carrière solo). On arrive à la moitié du set et surprise, un rideau s’abat en devant de scène sur lequel est projeté une vidéo mettant en scène un horloger qui semble succomber à la folie après avoir entendu pendant une carrière entière le bruit du « tic-toc ». Le décor est planté : voici la pièce maitresse du nouvel album, le tantôt magnifique tantôt barré et obscur « The Watchmaker » pour le coup rendu à la perfection ce qui n’est pas une mince affaire vu la complexité de ses arrangements (guitare, flute, saxophone, piano, chœurs en canon etc…). Si vous avez lu la chronique de l’album et l’interview sur ce site, vous savez que je considère la longue partie centrale comme une des plus belles pièces musicales que j’ai jamais entendues. Interprété de façon magistrale, « The Watchmaker » reste pour moi le highlight du show ! A la fin du titre, le rideau reste et Steven de prendre l’effet de voix robotique pour nous expliquer que « The Watchmaker » parle d’un horloger qui est devenu fou et qui a assassiné sa femme de 50 ans de mariage. Il poursuit avec humour en disant que le prochain titre parle de quelqu’un d’encore plus cinglé, quelqu’un qui entasse les objets, les répertorie, les amasse, les empile…il s’agit du collectionneur du titre « Index » bien sur, ce très bon titre de Grace For Drowning à l’influence Nine Inch Nails omniprésente qui se voit lui aussi illustré à merveille en vidéo. Plus délicat, ce très beau « Insurgentes » dont la mélodie est capable de faire fondre n’importe qui et pour rester dans le premier album solo, Steven lance le plus accrocheur et moderne « Harmony Korine » (titre solo le plus proche de Porcupine Tree ?) qu’il décrie comme le point de départ de sa carrière solo et qu’il avoue avoir nommé d’après le réalisateur de film américain du même nom…sans aucune raison apparente ! Grosse joie de la fin du set, on aurait pu penser comme d’accoutumée que le gros epic de l’album précédant passerait à la trappe cette fois faute de place et que nenni ! « Raider II » et ses 23 minutes (quoiqu'amputé de son outro au piano) particulièrement sombres et inquiétantes font encore mouche en nous tenant en haleine et nous prenant littéralement dans la pensée tordue d’un tueur en série dont le mobile étrange est celui de ligoter des familles heureuses et de se poser avec eux dans le salon en prétendant faire partie de la famille ! Avant ce moment de bravoure musicale on ne peut plus sérieux, Wilson donnait un peu dans l’humour : « Avez-vous des tueurs en série connus en France ? Je suis spécialiste du sujet et je n’en connais aucun. En Angleterre et aux Etats-Unis, il y en a plein de connus ». Après aucune réponse, ce dernier s’exclame en s’adressant à un spectateur : « bon il ne se passe pas grand-chose en France de ce côté, tu sais ce qu’il te reste à faire, tu peux être le début d’une nouvelle génération de tueurs en série ! ». Eprouvé par « Raider II », on enchaine avec l’animation vidéo (mais aussi la musique) excellente du titre éponyme « The Raven That Refused To Sing » où l’émotion nous gagne devant ce vieil homme qui croit voir en un corbeau la réincarnation de sa sœur, décédée alors qu’elle était enfant, et qui s’entête à essayer de faire chanter le volatile. Moment singulier de splendeur sonore et visuelle dans un concert qui n’en manquait absolument pas ! En rappel, on s’attend à « Get All You Deserve » et Steven nous prend à contre-pied en proposant le préhistorique « Radioactive Toy » tiré du tout premier disque de Porcupine Tree, On The Sunday Of Life (1991), précisant son choix en rappelant que les 3 premiers opus de Porcupine Tree étaient en quelque sorte des disques en solo. Une fois que l’orgue Hammond est suffisamment fort (Steven réclame plus de Jon Lord à l’ingé son !), ce titre presque oublié convainc et s’insère ici à merveille par son côté progressif plus old school et 70’s que ce à quoi Porcupine Tree s’était livré plus tard. Un point d’orgue aussi magistral que surprenant pour ce concert magnifique ! Steven Wilson met décidemment vraiment le doigt sur quelque chose d’unique en proposant un spectacle auditif et visuel de 2h15 capable d’allier aussi bien la beauté pure à une ambiance résolument noire et sombre. Chapeau !  
   
Setlist STEVEN WILSON :
01-Luminol
02-Drive Home
03-The Pin Drop
04-Postcard
05-The Holy Drinker
06-Deform to Form a Star
07-The Watchmaker
08-Index
09-Insurgentes
10-Harmony Korine
11-No Part of Me
12-Raider II
13-The Raven That Refused to Sing
Encore:
14-Radioactive Toy (Porcupine Tree)

 

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