Devin Townsend Project + Fear Factory - Paris - 10/12/12

 

DEVIN TOWNSEND PROJECT + FEAR FACTORY + DAGOBA

10 DECEMBRE 2012

PARIS - BATACLAN

 

 

 

 

 

 

 

 

Affiche à thème ce soir au Bataclan pour le Epic Industrialist Tour qui comme son nom l’indique n’est autre qu’une tournée donnée en co-tête d’affiche par le Devin Townsend Project et Fear Factory qui ont sorti respectivement cette année les albums Epicloud et The Industrialist. On se souvient d’ailleurs qu’en 2001, les 2 formations (à quelques membres près !) avaient déjà partagé l’affiche avec une halte à l’Elysée Montmartre, sauf qu’à l’époque Devin Townsend était simplement en première partie de Fear Factory tandis qu’il clôture aujourd’hui tous les concerts de la tournée. La roue tourne comme on dit ! Pourquoi soirée à thème ? Parce qu’elle est placée sous le signe d’un metal chirurgical, précis, froid, métronomique et mâtiné de samples et autre double pédale triggées (les 3 batteurs de la soirée étant des modèles du genre) d’autant plus qu’à Paris, les marseillais de Dagoba se sont rajouté aux festivités. Ces derniers délivrent un set qui plait aux fans du groupe déjà présents dans la salle à 19h00 à travers un set s’articulant surtout sur son deuxième disque What Hell Is About (2006) avec les efficaces « The Man You’re Not », « The Things Within » ou bien encore le plus extrême « It’s All About Time ». Que l’on aime ou pas Dagoba, Shawter est plutôt dans le coup vocalement, Franky toujours impeccable dans ce style de batterie et globalement les marseillais communiquent assez bien leur plaisir d’être là ! De plus l’acoustique n’est pas mauvaise, du coup Dagoba assure sa mission de chauffeur en voyant sa fin de set sur « The White Guy (And The Black Ceremony)» agrémentée d’un mini-Wall Of Death.
Bien évidemment, Fear Factory est davantage attendu par le public et débute son set au son du titre éponyme de son nouvel album avec « The Industrialist ». Si ça faisait un peu drôle de voir pour l’album précédant Burton C.Bell et Dino Cazares entourés de la section rythmique de Strapping Young Lad, on restait quand même « en famille ». Aujourd’hui, il est nettement plus déconcertant de voir les 2 « compères » épaulés par le relativement inconnu Mike Heller à la batterie (qui assure cependant très bien sa tâche) et l’ex-Chimaira Matt DeVries reconverti en bassiste. On ne sent plus beaucoup de cohésion sur scène entre les membres de Fear Factory et si Burton (malgré quelques petits sautillements et autres pas de danse militaires) semble s’ennuyer profondément et délivrer sa prestation comme s’il était à l’usine (ok elle est facile celle là !), signalons au moins un Dino jovial et motivé, ne cessant de chanter les paroles des chansons. La force de Fear Factory se retrouve aujourd’hui dans la nostalgie des vieux fans ou encore dans l’envie des plus jeunes d’entendre certains classiques du metal des 90’s, car là-dessus, aucun problème, les californiens ont de quoi faire. On se lance donc dans les « tubes » d’Obsolete (1998) avec « Shock » et « Edgecrusher » qui font bien sur un gros effet, mais dès lors que l’on commence à enchainer des titres où ce brave Burton utilise davantage son chant clair, on déchante très vite ! S’il a plus ou moins toujours été limité en la matière, ce soir Burton se surpasse dans la médiocrité vocale (uniquement sur les parties chantées, celles hurlées étant maitrisées parfaitement) en affichant une voix souvent inaudible et de surcroit complètement fausse. « Powershifter », « Linchpin » ou « Recharger » étant de parfaits exemples de ce malheureux constat. En conséquence, Fear Factory apparaît un peu rouillé et ne prospère donc que sur son passé glorieux à l’image du discours de Dino avant de terminer le set par les 4 premiers titres du classique Demanufacture (1995) qui font évidemment un carton : « cet album a été très influent à sa sortie et nous avons tourné dans le monde entier grâce à lui ! ». On est content d’entendre « Self Bias Resistor » et « Zero Signal », mais franchement, que le temps où Fear Factory excellait en live semble loin !

Setlist FEAR FACTORY :
01-The Industrialist
02-Shock
03-Edgecrusher
04-Smasher/Devourer
05-Powershifter
06-Linchpin
07-Recharger
08-Martyr
09-Demanufacture
10-Self Bias Resistor
11-Zero Signal
12-Replica


Après le set en demi-teinte de Fear Factory, on se dit que le Devin Townsend Project a une voix royale devant lui. Ca commence d’ailleurs très fort avec un interlude de 30 minutes pendant le changement de plateau où le public se délecte d’une multitudes de séquences délirantes projetées sur écran géant et compilées dans la Z TV qui n’est autre que l’émission de Ziltoid bien sur ! On y voit des images sorties d’on ne sait où, souvent sur fond de dance loufoque, avec chorégraphie par des caniches ou encore des putois et quelques apparitions poilantes de Ziltoid. Bref de quoi mettre la banane et bien passer le temps ! Devin l’a aussi la banane justement lorsqu’il débarque sur « Supercrush ! » et montre à quoi ressemble un vrai chanteur (désolé Burton…). Il nous fait aussi marrer en se présentant de la sorte : « Je m’appelle Devin et je pue la merde ! » tout en affichant des mines plus hilarantes les unes que les autres. Seulement voilà, une grosse ombre beaucoup moins marrante se pointe au tableau : le Devin Townsend Project bénéficie du pire son de la soirée (le seul vraiment mauvais d’ailleurs). Un exploit d’autant plus curieux qu’il se produit avec des guitares sans ampli et pourtant, sans doute car saturé par l’avalanche de boucles et samples en tout genre, l’acoustique est archi bordélique ! C’est dommage car Devin, malgré une crève qu’il essaie d’expier en lâchant des jets de morve partout, est vraiment dans le coup dans ce set consacré à l’amour et s’articulant principalement autour des disques Epicloud (2012), Destruction (2011) et Infinity (1998). On rigole quand même lorsqu’une poupée singe un solo typique de Fredrik Thordendal de Meshuggah sur l’écran géant avant la pompe assumé du même groupe qu’est « Planet Of The Apes » où encore quand Devin déclare que les metalleux sont surtout des gens sensibles qui s’aiment et aiment se réunir avant « Grace ». Toujours est-il qu’avec un son aussi désastreux, on passe un peu à côté du set et on peine à rentrer dedans. On se console tout juste avec un « Deep Peace » lumineux tiré de Terria (2001) avant lequel Devin déclare d’ailleurs que Fear Factory a littéralement changé sa vie (l’influence au début de Strapping Young Lad étant effectivement palpable). « Bad Devil » achève tout de même ce massacre sonore dans la joie et la bonne humeur, mais vraiment, on se dit que l’on a assisté ce soir à une soirée en dessous des espérances qu’elle a pu susciter. Dommage !

Setlist DEVIN TOWNSEND PROJECT :
01-Supercrush !
02-Truth
03-Om
04-Planet Of The Apes
05-Where We Belong
06-War
07-Vampira
08-Lucky Animals
09-Juular
10-Grace
11-Deep Peace
Encore :
12-Bad Devil
       

 

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