Attika 7 - Evan Seinfeld

 

ATTIKA 7

INTERVIEW AVEC EVAN SEINFELD

12 SEPTEMBRE 2012 PAR TELEPHONE

 

 

 

 

 

 

 

 

L'annonce du départ d'Evan Seinfeld de Biohazard pendant l'été 2011, alors qu'il venait de mettre en boite le dernier opus de la formation, a pris tout le monde de court! Pour autant, ce dernier ne comptait pas prendre sa retraite musicale et explore de nouveaux horizons plus metal et mélodique avec Attika 7. Qu'on l'aime ou qu'on le déteste, une chose est sure, Evan est quelqu'un d'amical, bavard, chaleureux et sincère. En toute logique, voici un entretien consistant, honnête et sans tabou !


Peux-tu nous parler de ta rencontre avec Rusty Coones et la création d’Attika 7 ?

Evan Seinfeld (chant) : C’est une drôle d’histoire car nous sommes de très bons amis avec Rusty et j’étais au courant lorsqu’il a formé Attika 7. Lors du dernier concert que j’ai donné avec Biohazard, Attika 7 était en première partie. Rusty jouait avec d’autres membres à l’époque et ils avaient une démo. Bien sur tu t’intéresses toujours à ce que font tes potes, et pour moi le timing était idéal car je faisais plus ou moins la même chose en musique depuis 25 ans. J’aspirais à quelque chose de différent, je voulais chanter davantage et exprimer les mélodies que j’avais au fond de mon cœur, tout en continuant dans une veine heavy ! Je ne savais pas encore ce que je voulais faire, je savais juste que je voulais chanter et mélanger les aspects mélodiques et heavy. Le lendemain, je reçois un coup de fil de Rusty qui me demande de le dépanner sur quelques dates comme une faveur car il venait de virer son chanteur. Une surprise car d’habitude, avec Rusty on se retrouvait surtout pour faire de la bécane ou sortir entre potes. Je lui ai dit qu’il n’y avait évidemment aucun problème et qu’en réalité j’étais même libre car je venais de décider de ne plus continuer l’aventure avec Biohazard ! Il m’a alors envoyé la musique et les paroles et j’ai été littéralement soufflé parce ce qu’il a écrit pendant son séjour de 7 ans en prison. C’est pendant cette incarcération qu’il a écrit la grande majorité de ce qui compose ce premier album d’Attika 7. Je lui ai donc dit que j’étais d’accord pour chanter dans Attika 7 mais que je voulais intégrer le groupe à temps plein et lui apporter mes idées afin d’en faire mon bébé avec lui. Cela fait maintenant 1 an et 3 mois que notre collaboration dure. Je suis reparti de 0 et pendant ce laps de temps il nous a fallu tout bâtir : le disque Blood Of My Enemies, le line-up, trouver un producteur, un ingénieur du son, un site Internet, les réseaux sociaux, le merchandising etc. Ce n’est pas forcément facile à mon âge. Beaucoup aurait préféré le confort et se serait dit trop vieux pour recommencer à 0. Lorsqu’il a fallu trouver des musiciens autour de nous pour partir en tournée (Tony Campos et Death Rock ont seulement participé à l’enregistrement de l’album), je ne voulais pas tenter ma chance avec des musiciens en qui je n’avais pas confiance. Heureusement je connaissais des mecs comme Scott Reeder de Kyuss, Tommy Holt de UPO et Zach Broderick de Nonpoint. Je suis super excité car notre première tournée débute dans 6 jours (avec Godsmack, Shinedown, Staind et Papa Roach)  et une des raisons qui te poussent à faire un album est celle de partir en tournée, car la musique vit en moi au quotidien et j’ai besoin de l’extérioriser ! Mon rêve avec Attika 7 est celui d’être sur scène, que ce soit devant 15 ou 15 000 personnes, et de chanter à l’unisson avec le public ! Notre musique est accrocheuse et fédératrice !

Rusty est un guitariste complet. Tu le connaissais surement à la base juste comme un biker, son jeu de guitare était-il une surprise pour toi ?

Oui c’était marrant et c’est exactement ça. Je connais vraiment Rusty du milieu de la moto. Nous avons un ami commun qui nous a présenté il y a de nombreuses années. Pour moi Rusty était simplement constructeur de moto dans son magasin Illusion Motorcycles et il a d’ailleurs customisé une de mes Harley qui est actuellement dans les pages du magasine Hot Bikes. Rusty est un sacré gaillard, il fait à peu près 2 fois ma taille et jamais je n’aurai pensé qu’il puisse jouer aussi bien de la guitare (rires). Je le voyais comme un mec cool avec qui j’aimais faire de la bécane et trainer et je savais qu’il jouait de la guitare, mais j’étais loin de me douter de son niveau. C’est marrant car je trouve que Rusty joue de la guitare presque de la même manière que je chante. Je n’ai jamais eu meilleure alchimie avec un autre musicien auparavant. Nous avons bâti un studio dans la boutique de Rusty et nous y passons beaucoup de temps. Nous parvenons à composer des nouvelles chansons tellement vite ensemble.

Tu disais que Rusty a écrit la majorité de Blood Of My Enemies en taule, y compris ses paroles. Etait-ce étrange pour toi en tant que chanteur de chanter les textes de Rusty ?

Non car pour moi ce qui compte le plus c’est l’authenticité. De plus, dans Biohazard, bien que j’ai écrit beaucoup de textes et beaucoup de musique, tout le monde contribuait à la composition, et il m’arrivait déjà souvent de chanter les textes de quelqu’un d’autre. Concernant Blood Of My Enemies, j’ai également écrit pas mal de ses paroles, mais en musique de toute manière, je laisse l’égo au placard et je préfère me concentrer sur ce qui est important pour les chansons. Rusty a été incarcéré dans la prison fédérale Attica pendant 7 ans, et c’est de là que vient notre nom. Cette prison est connue notamment car dans les années 70 certains prisonniers ont été abattus lors d’une émeute et elle est un symbole du système d’injustice américain. Le fait que Rusty a écrit ses textes dans des conditions si horribles au niveau du cadre dans lequel il vivait, les rend tellement vrais, authentiques et passionnés. Je recherchais cette sincérité. Lorsque je chante « Lockdown », je peux ressentir la peine qui était la sienne. En tant qu’ami, je suis honoré de pouvoir chanter quelque chose d’aussi vrai et personnel. Au bout d’un certain temps, les groupes ont du mal à rester inspirés. C’est même le cas pour des groupes que j’adore comme Metallica. Sont-ils toujours aussi inspirés après 30 ans ? Les gens adorent leurs premiers albums car ils étaient jeunes et énervés ! C’est dur de parvenir à garder cette fibre lorsque tu vieillis et que le succès arrive. Lorsque j’ai formé Biohazard j’étais un adolescent qui trainait dans les rues de Brooklyn et 25 ans plus tard, tous les membres du groupes sont mariés et ont des enfants et ça change tout, c’est un monde  totalement différent. J’ai enregistré le dernier Biohazard et musicalement j’en suis fier. Mais au niveau des paroles, nous étions en panne d’inspiration. C’est un bon album, mais pas le meilleur Biohazard ça c’est sur. Notre meilleur album doit sans doute être Urban Discipline (1992) et il a été mis en boite il y a plus de 20 ans. Attika 7 est donc pour moi l’opportunité de pouvoir me réinventer en tant que chanteur, musicien, compositeur et même en tant qu’homme et jusque là c’est une expérience vraiment positive.

Effectivement, tu as réinventé totalement ici ta façon de chanter avec beaucoup plus de mélodies. Cela n’a pas du être mince affaire à ce stade de ta carrière n’est-ce pas ?

J’ai formé Biohazard en 1987 lorsque j’avais 19 ans et à l’époque ma voix n’était pas encore arrivée à maturité et je manquais probablement de confiance en tant que chanteur. Lorsque j’ai commencé à faire du rap avec ma voix, je ne le faisais pas parce que la démarche était novatrice. Tout le monde nous disait à l’époque : « Les mecs vous êtes super novateurs, vous faite tomber les frontières en mélangeant rap, metal et hardcore ». J’aimais le rap bien sur, mais je rappais surtout car je manquais de confiance pour vraiment chanter. Mon premier amour a toujours été le metal, le hard-rock et le classic-rock. Des groupes comme Black Sabbath, Lynyrd Skynyrd, Bad Company, Foreigner, The Who, Led Zeppelin, The Doors, The Beatles, The Rolling Stones, Ozzy Osbourne, Iron Maiden et Judas Priest. Tous ces groupes ont de très grands chanteurs et ils ont toujours été ma principale source d’inspiration. Avec Biohazard j’ai crée un bon groupe et un bon mouvement. Mais j’ai toujours trouvé que certaines de nos chansons n’étaient pas à la hauteur de notre réputation. Encore aujourd’hui, lorsque je marche dans la rue, parfois quelqu’un m’arrête et me dit : « hey t’es Evan d’Attika 7 ? J’adorais aller voir les concerts de Biohazard lorsque j’étais jeune » mais autant on me parle de Biohazard et de nos concerts, autant jamais personne ne parle d’une chanson en particulier. Prend l’exemple de Motorhead, tout le monde adore « Ace Of Spades ». Ce titre transcende leur groupe niveau renommée et il est intemporel. J’aurai tellement souhaité avoir ça avec Biohazard, ne serait-ce qu’une chanson que tout le monde connaît et qui passe le test du temps. En parlant de ça, nous avons appris il y a quelque jours que le titre d’Attika 7 « All Or Nothing » sera diffusé lors de la nouvelle saison de Sons Of Anarchy. C’est incroyable ! Il s’agit peut être du show télévisé le plus regardé aux Etats-Unis. Il y a plus de 4 millions de personnes qui regardent cette série chaque semaine. Et notre chanson en fait partie. Nous pourrions jouer devant 1000 personnes chaque soir pendant 5 ans que nous n’atteindrions toujours pas 4 millions de personnes (rires) ! « All Or Nothing » parle de la situation dans laquelle tu te trouves lorsque tout va de travers dans ta vie au point qu’elle soit presque à jeter aux chiottes et c’est à ce moment là que tu choisis de te dresser et de combattre et de tout risquer pour tes amis et ta famille. C’est la chanson de notre vie ! C’est génial qu’une série de cette envergure aime une de nos chansons et décide de la diffuser, surtout qu’on ne parle pas là d’un extrait de 10 secondes comme à l’accoutumée, mais d’un passage d’une minute, ce qui est très long en télé !

En parlant de hit en puissance, « Crackerman » possède tout ce qu’il faut en la matière avec son côté accrocheur, son message universel et fédérateur et ses mélodies…

Je suis heureux que tu dises ça car « Crackerman » a été ma première chanson favorite d’Attika 7 et c’est pourquoi elle ouvre l’album. Je voulais décocher d’entrée une beigne dans la poire de l’auditeur sans attendre ! L’intro à la Black Sabbath vient d’ailleurs à l’origine d’une autre chanson, « Into The Blackness », que nous avons enregistré mais que nous n’avons pas gardé pour l’album. Cependant nous aimions beaucoup son intro dramatique et nous avons décidé de la rajouter à « Crackerman ». Lorsque la double pédale entre en jeu c’est tellement heavy et mélodique à la fois, et pour moi, le pré-refrain (Evan se met à chanter « I don’t need no reasons, I stand for what I believe In »), lorsque je me mets à chanter ce passage avec le groupe, je suis tellement submergé d’émotion et de passion et je vis pour ces moments là. Ceux qui te donnent la chair de poule. Mes 3 meilleurs amis sont Rusty, ma femme et mon fils. Je suis 24/24 avec ma femme. Nous sommes tout le temps fourrés ensemble. Ma femme est espagnole et l’anglais n’est pas sa langue maternelle. Nous avons une manière étrange de parler à la maison du coup. En quelque sorte nous parlons la traduction anglaise de la langue espagnole. Lorsque j’étais gosse et que j’écoutais les Doors, j’essayais de chanter en faisant ressembler ma voix à celle de Jim Morrison et cela te donne l’impression de faire parti de la musique. Je n’ai jamais fait ça pour l’argent en premier lieu, même si évidemment j’aime le fait d’en vivre, j’aime la notoriété et j’aime l’interaction avec les fans. La France est bon exemple d’un pays européen où beaucoup de gens ne parlent pas anglais. Lorsque je marche dans les rues de Paris, par exemple pour me rendre chez mon pote tatoueur Tin-Tin, les gens ne parlent pas anglais et j’ai du mal à pouvoir communiquer. Je parle un peu espagnol, mais je suis mauvais en français. Mais lorsque je chante quelque chose de fort et de mélodique comme « Crackerman », je parviens à établir une connexion avec toi, et de la même manière avec beaucoup d’autres gens qui ne parlent même pas ma langue. Le message musical va au-delà de la barrière du langage ! C’est comme un 6ème sens ! C’est pour cela que j’ai voulu faire Attika 7, car malgré toutes les bonnes connexions que j’ai fait avec Biohazard, malgré tous ces albums dont je suis fier, malgré les 4000 concerts que nous avons donné, et tout cela était satisfaisant à bien des égards, mais dans le même temps j’étais frustré car je voulais tellement pouvoir évoluer et étendre notre style et cela m’était impossible. J’ai toujours su que j’avais en moi quelque chose de plus spécial et de plus large que ce que je faisais déjà, mais cela m’était impossible au sein de Biohazard de l’exprimer notamment car les fans attendaient de moi que je fasse toujours le même album. Je comprends la logique d’un groupe comme Slayer qui possède tellement de fans et ces derniers veulent qu’ils fassent un remake de Reign In Blood (1986) à chaque fois. Mais je trouve que cela te met dans une situation compliquée en tant que musicien. Il était donc nécessaire de quitter Biohazard pour me réinventer car je vis pour cette sensation où tu ressens un frisson qui parcourt tout ton corps car c’est le moment dans la vie où tu te sens vraiment le plus vivant et que tu n’es pas seulement en train de mourir doucement (allusion au titre « Dying Slowly »).

Dans « Devil’s Daughter » tu sembles évoquer le fait d’être en proie à une fille néfaste, mais n’est-ce pas là une métaphore pour parler d’autres choses comme la dépendance aux drogues par exemple ?

J’ai écrit les paroles de « Devil’s Daughter » qui est d’ailleurs le tout dernier titre que nous avons composé pour l’album. Je suis un ancien alcoolique et toxicomane et donc pour moi, la « fille du diable » (français de « Devil’s Daughter ») est clairement la dépendance. Mais manière générale, c’est n’importe quelle chose néfaste qui parvient à te séduire, que ce soit une fille qui te rend dingue, que ce soit de l’héroïne ou de la cocaïne, ou que tu sois le genre de mec qui picole chaque jour jusqu’au blackout sans pouvoir t’arrêter de recommencer car tu ressens une sorte d’obsession romantique avec la drogue ou avec la fille ou avec l’alcool et tu ne peux pas lui dire non ! C’est effectivement une métaphore, mais ce n’est pas pour moi, c’est pour celui qui écoute le titre et c’est à lui de s’en faire sa propre interprétation. Cela peut très bien concerner une personne en surpoids qui n’arrive pas à s’arrêter de manger jusqu’au point d’en pleurer devant son impuissance face à la nourriture qui ne cesse d’appeler son nom. Il y a un thème récurant dans l’album est c’est celui des démons intérieurs que nous avons tous. La chanson « Serial Killer » a été écrite du point de vue d’un véritable serial killer qui était en taule avec Rusty et qui est condamné à vie car il a tué beaucoup de gens. Il disait qu’il ne voulait pas tuer les gens mais qu’il ne pouvait pas s’en empêcher, qu’il y avait comme une sorte de démon en lui qui lui dictait sa conduite. Alors ok, je suis loin d’être un serial killer, mais lorsque j’interprète ce titre, je parviens à me glisser dans le rôle car je sais ce que c’est d’avoir des démons intérieurs et de ne pas pouvoir se contrôler. « Crackerman » parle du biker hors-la-loi qui vit en chacun de nous  et qui dresse son majeur au monde entier pour mieux vivre sa vie à sa propre manière sans prêter attention à ce que les autres pensent, avec honneur et respect. « Blood Of My Enemies » évoque la revanche, le fait de se battre pour soi même. Lorsque tout va bien dans ta vie, alors tu ignores tout. Si tu veux connaître la vérité sur ton entourage, alors attends que tout s’écroule autour de toi et tu seras fixé. Attend d’être arrêté et d’aller en prison. Attend de perdre ta femme, ta maison et ton argent. Attend de ne plus rien avoir à offrir à qui que ce soit et alors tu verras vite qui sont vraiment tes amis…et parfois tu es surpris du constat. Blood Of My Enemies est un concept album en quelque sorte. Il y a un thème commun sur tout le disque aussi bien sur « The Hard Cold Truth » que sur « Living In Oppression ». Il y a quelques titres un peu à part comme « War », mais pour le reste, il y a bien 90% des titres qui sont liés et qui illustre la philosophie d’Attika 7 : tu ne peux pas être honnête envers ta famille et tes proches avant d’être honnête envers toi-même et tu ne peux pas respecter les autres avant de te respecter toi-même. J’ai traversé quelques mauvaises passes dans ma vie, et encore, ce n’est rien comparé à Rusty. A nous 2, nous avons eu tout un tas d’emmerdes, et nous avons su rebondir et devenir meilleurs amis. Bien sur, nous avons le même attrait pour le metal, le rock n’roll, les jolies filles, les bécanes et un style de vie similaire. Mais c’est vraiment nos mauvaises passes qui nous ont rapprochés. Dans mon cas il s’agit de mes problèmes de dépendance, du fait d’avoir été sdf à un moment de ma vie, ou bien encore de certains problèmes légaux que j’ai rencontré. Quant à Rusty, il a fait 2 séjours en prison, dont un de 7 années. La chose qui nous a uni tous les 2 est la façon dont la musique nous a respectivement sauvés ! La musique m’a sorti de la drogue et a sauvé ma vie. Sans elle, je ne serai jamais sorti de Brooklyn. Rusty ne serait jamais sorti de prison sans sa passion pour la musique. Nous servons ce pouvoir surnaturel. Je suis heureux que 90% des chroniques du disque sont positives jusque là. Les seules choses négatives qui sortent viennent de gens jaloux qui ne s’attaquent jamais à la musique mais crachent sur nous juste parce qu’ils ne m’aiment pas ou bien parce qu’ils voudraient que je fasse toujours parti de Biohazard. Mais jamais la musique n’est remise en cause. Les chroniques que je préfère lire d’ailleurs sont celles où le mec dit : « Je n’ai jamais aimé Biohazard et je n’aime pas la personnalité de ce mec Evan, il est arrogant et je n’aime pas sa manière de se présenter en public, mais je dois avouer que j’adore « Blood Of My Enemies », cet album est excellent et je vais lui mettre un 4/5 ou un 5/5 ! ».

Je sais que tu n’as pas peur d’être dénudé, mais désormais sans basse sur scène, ne te sens-tu pas un peu à poil ?

Ca m’a demandé en effet pas mal d’ajustement mais en toute franchise, je désirais depuis longtemps abandonner la basse au sein de Biohazard. Je voulais que l’on engage un bassiste pour me permettre de seulement chanter. Mais j’adore jouer de la basse, je suis un bassiste et même un guitariste, j’ai d’ailleurs enregistré beaucoup de parties de guitare et de basse sur Blood Of My Enemies. Lors de notre premier concert avec Attika 7, j’ai joué de la guitare pendant une moitié du set et j’étais seulement au micro sur l’autre moitié, et effectivement je me sentais un peu à poil et je ne savais pas vraiment quoi faire de mes mains ! Nous répétons beaucoup dans notre studio dans l’arrière boutique du magasin de Rusty et je suis de plus en plus à l’aise et en confiance. J’ai toujours souhaité me consacrer au rôle de frontman et pouvoir avoir la meilleure interaction possible avec le public et quelque part j’ai toujours été jaloux de mecs comme Jamey Jasta de Hatebreed, qui peut aller chanter collé au public tandis que moi avec ma basse, à chaque partie que je devais chanter, il fallait m’assurer d’être revenu à ma place derrière mon pied de micro. Cela me donnait l’impression de limiter mon interaction avec le public. Alors aujourd’hui je suis heureux d’avoir cette liberté sur scène, même si je ne me sens pas encore tout à fait à l’aise dans ce rôle, mais je vais prendre de plus en plus confiance car de toute manière j’aime toujours apprendre et élargir mon horizon dans la vie.   
         
 
         

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