Ministry - Al Jourgensen

 

 MINISTRY

 INTERVIEW AVEC AL JOURGENSEN

 06 FEVRIER 2012 PAR TELEPHONE

 

 

 

 

 

 

Sacré Al Jourgensen ! Il a bien failli nous faire croire qu’il avait suffisamment d’intégrité
pour mettre pour de bon Ministry au placard en 2008.  Pourtant, moins de 4 ans après le
split, le voilà de retour avec un nouvel opus de Ministry intitulé Relapse. Finalement, est-ce
que Al ne se comporte pas à la manière des hommes politiques qu’il aime tant dénigrer ?
Peu importe à vrai dire, car Ministry n’a rien perdu de sa verve sur Relapse et c’est bien là
le principal ! Pour en parler, ce cher Al nous a passé un coup de fil tout en nous narguant,
bien conscient qu’on se les gèle en ce moment tandis que lui est en train de dorer au soleil
dans sa maison au Texas, en t-shirt manche courte sur sa table de piquenique comme il nous
dit d’entrée de jeu ! Une journée parfaite en somme, à l’exception près qu’il doit passer
beaucoup de temps avec nous au téléphone comme il s’en plaint avec humour !

Pourquoi reprends-tu du service avec Ministry, seulement 4 ans après avoir
mis un terme à l’aventure et en ayant juré de ne jamais faire de reformation ?

Al Jourgensen (chant, guitare, programmation) : En fait à l’époque je pissais le sang de partout ! Je n’arrêtais pas de saigner et je crachais régulièrement du sang par la bouche par exemple. J’ai eu plusieurs ulcères et j’ai fini avec un séjour à l’hôpital (ndlr : Al a d’ailleurs été à 2 doigts de passer l’arme à gauche courant
2010). Une fois rétabli, je me suis attelé à l’album de Buck Satan And The 666 Shooters avec
Mike Scaccia. Entre certains de nos morceaux country, il arrivait régulièrement que nous
jammions sur des riffs metal. Cependant, c’était juste du fun pour moi, je ne comptais pas
vraiment en faire quelque chose. Mais Mike était tellement satisfait par ces riffs qu’il n’arrêtait
plus de me dire : « mec ! Il faut absolument que tu écrives des paroles pour ces riffs ! La
musique tue ! ». J’ai fini par me rendre et j’ai écrit ces fameuses paroles et nous voilà
aujourd’hui avec un nouvel opus de Ministry. Mais j’étais vraiment réfractaire à l’idée de revenir
à Ministry. Mon médecin aussi était réfractaire à cette idée…vu mon état de santé. J’avais son
consentement pour l’album de country de Buck Satan, car cela ne demande pas la même
intensité d’énergie que Ministry, mais Mike a gagné, alors nous voilà en train de parler au
téléphone !

Finalement, tu as donc arrêté Ministry en 2008 pour des raisons de santé ?

Oui c’est la seule et unique raison. J’en avais marre de vomir du sang, marre de chier du sang,
marre de voir du sang couler de tous mes orifices (rires) ! Le seul endroit de mon corps qui ne
saignait pas était mes yeux, mais en dehors de ça, je crois que j’ai saigné de partout.
Franchement, j’étais chamboulé par la situation (ndlr : on peut le comprendre !), d’autant plus
que j’étais familier de ces saignements en tournée par le passé, mais à chaque fois que je rentrais
à la maison, les saignements cessaient. Lors de ces dernières années avec Ministry, je saignais
aussi bien en tournée qu’à la maison. C’est pour ça que j’ai quitté le groupe. Ma santé ne me
permettait plus de continuer. Je suis d’ailleurs très heureux d’avoir pris cette décision à l’époque,
car ça m’a surement sauvé la vie ! Je ne serai d’ailleurs pas forcement revenu si jamais Mike
ne m’avait pas soulé à me répéter sans arrêts que nos nouveaux riffs étaient mortels et que je me
devais d’en faire un album. Au bout d’un moment, j’ai fini par dire : « ok si tu veux ».

Le titre Relapse (la rechute en français) est un bon jeu de mot. Evidemment cela signifie que
tu reprends du service avec Ministry, mais certains pourraient croire qu’il s’agit d’une
rechute dans l’univers des drogues n’est-ce pas ?

Je ne suis pas redevenu accroc aux drogues et je les déteste toutes ! La drogue c’est pour les
losers et les poseurs…je suis bien placé pour le savoir vu que j’en ai pris pendant 30 ans ! L’idée
du titre Relapse m’est venue de ce film épouvantable qu’est le Parrain 3. Dans le film, Al
Pacino dit à un moment : « à chaque fois que j’essaie de me retirer du business, ils me forcent à
y revenir ». C’est exactement la même chose pour moi en fait. Mais je dois quand même avouer
que j’ai fait une rechute dans l’alcool. Je bois toujours beaucoup de vin de la région de
Bordeaux (rires). J’avais du m’arrêter totalement pendant un an à cause de mes problèmes dans
l’estomac et je suis donc resté sobre pendant une année entière. Mais je dois le dire : être sobre,
ça craint ! Je me suis donc remis au vin de Bordeaux et à Ministry, c’est ça ma rechute !

Mike Scaccia est donc de retour dans le groupe, lui qui avait été remplacé par Sin Quirin de
2006 à 2008. Il semble qu’il a eu un rôle tout particulier dans la gestation de ce nouvel
album. Quel a été son impact ?

Mike a été très impliqué et sa présence fait toute la différence sur cet opus. J’ai fait appel à 2
camps différents pour faire Relapse. Il y a tout d’abord le camp de Dallas composé de Mike
Scaccia de Rigor Mortis et Casey Orr de Gwar. Puis il y a le camp de Los Angeles avec Tommy
Victor (Prong) et Tony Campos (Soulfly, Prong). La grande diversité de l’album vient de
l’utilisation de ces 2 équipes. Celle de Dallas est venue en premier dans le studio et une fois
partie, elle a laissé sa place à celle de L.A. Cela a bien motivé l’équipe de Los Angeles, car
lorsqu’ils ont débarqué, la seule chose qu’ils avaient à l’esprit était de surpasser et détruire les
mecs de Dallas (rires) ! Ils voulaient faire le meilleur album de tous les temps, rien que pour
faire chier Mike et Casey ! Tout cela a joué en ma faveur, car je me retrouvais au milieu et je
bénéficiais de cette compétition !

Tu as fait exprès de séparer les musiciens en 2 camps ?

Je ne savais pas ce que cela allait donner mais tout ce que je peux dire, c’est que cela a
sacrément bien marché ! C’était vraiment une sacré compétition entre ces mecs ! Encore une
fois, l’équipe de Los Angeles a eu l’opportunité d’entendre les chansons faites par celle de
Dallas et ils n’avaient qu’une envie : faire beaucoup mieux ! C’était cool comme esprit !

Il y avait donc 2 sessions séparées. Mais est-ce que la paire Victor/Campos bossait sur les
mêmes titres que Scaccia/Orr ou chaque camp avait ses propres chansons ?

C’était totalement séparé. L’équipe de Dallas avait un avantage car nous avions déjà écrit 5 titres
pendant l’album de Buck Satan avec Mike Scaccia. C’était le moment que j’évoquais tout à
l’heure où il me faisait péter les plombs à me répéter à longueur de journée que l’on devait en
faire un album et que je devais écrire des paroles. Je crois même qu’il s’en foutait que ce soit du
Ministry ou non, mais il voulait que ça sorte par contre. Et comme je l’ai déjà dit, les mecs de
L.A étaient du genre : « on ne va pas se faire fumer par ces types ! ».

Peux-tu nous dire quelles chansons ont été écrites par quelle équipe ?

« United Forces », « 99 Percenters », « Get Up Get Out N’Vote » et « Kleptocracy » viennent de
l’équipe de L.A. Tout le reste du disque est l’œuvre de l’équipe de Dallas.

Plus tu vieillis et plus les albums de Ministry deviennent agressifs. En général, on s’assagit en
vieillissant et toi tu joues un metal industriel qui se rapproche de plus en plus du thrash…

Je deviens de plus en plus barge en vieillissant (rires) ! Puis j’ai toujours la rage ! Absolument
pas contre Obama, mais la condition sociale dans le monde actuel  incite à protester ! Il y a eu le
printemps arabe, la protestation des indignés à Wall Street et pleins d’autres évènements qui me
rappellent les mouvements de contestation des années 60 lorsque j’étais jeune. Je ne suis
absolument pas anti-Obama, contrairement à ma posture anti-Bush. Mais nous évoluons dans un
climat et un moment du temps vraiment particulier qui ressemble à bien des égards aux 60’s de
par l’importance des manifestations et protestations. Je suis heureux d’assister de nouveau à un
tel phénomène au cours de ma vie. Mon ingénieur du son vient de New-York et nous voulions
tous les 2 aller faire un séjour là bas pour joindre la protestation et nous prendre de la bombe
lacrymogène et nous faire arrêter ! Faire les bonnes choses des années 60 en somme !
Malheureusement, nous avons ce nouvel album et mon planning m’a empêché de le faire. Du
coup j’ai écrit ce titre « 99 Percenters » ce qui m’a permis en quelque sorte de prendre part à la
contestation. Mais ce mouvement n’est pas prêt de s’essouffler. Que ce soit à Paris, New-York,
Londres, Washington, Oakland ou Chicago, le mouvement est toujours en marche et je vous
garantie que d’ici la fin de l’année j’aurai eu l’occasion de manifester et de me faire bombarder
à la lacrymogène avant de finir en taule !  

On ne te le souhaite pas en tout cas ! Peut être peux-tu protester sans te faire prendre…

Oh non c’est bon, pas de problème,  je me suis fait arrêter tellement de fois au cours de ma vie !
Ce sera juste comme entendre une vieille chanson pour moi (rires) !

Sur « Ghouldiggers » tu t’en prends lourdement à la profession de manageur. As-tu eu des
expériences si terribles avec eux par le passé ?

En fait il y a une moitié de l’album qui traite des questions sociales du monde d’aujourd’hui et
l’autre qui relate des expériences personnelles. « Ghouldiggers » appartient à la seconde
catégorie. L’idée vient de ce que 2 anciens manageurs m’ont déclaré un jour : « tu auras plus de
valeur le jour où tu seras mort ! ». C’est ma femme Angie qui fait la voix de l’assistante du
manageur et je joue mon propre rôle sur le titre. Mais ce qu’ils m’ont dit ce jour là est
malheureusement partagé par la plupart des gens de l’industrie du disque. C’est ridicule, mais
ces gens là nous veulent morts ! Ainsi ils peuvent ramasser tous nos morceaux et tout vendre en
se faisant encore plus d’argent que lorsque tu  es vivant ! C’est malsain non (rires) ? (ndlr : au
moment où est finalisé cette interview, Whitney Houston vient de décéder et Sony d’augmenter
le prix de son best-of…)

En parlant des voix samplées, celle de George W.Bush était devenue une partie intégrante du
son Ministry sur les 3 derniers albums. Est-ce que son personnage te manque dans
Ministry ?

Son idiotie me manque je dois l’avouer ! C’était tellement facile d’écrire des chansons lorsqu’un
idiot comme lui était président. En ça, il me manque, car aujourd’hui je dois de nouveau faire un
effort pour écrire des paroles (rires) ! Lorsqu’il était président, ça sortait de ma bouche
instantanément, il ne me fallait que 5 minutes pour écrire toutes les paroles d’un titre alors
qu’aujourd’hui, je dois davantage réfléchir et passer minimum 20 minutes dessus ! Mais je vis
toujours au Texas, derrière les lignes ennemies ! J’en ai conscience tous les jours en me levant
mais je m’en fous ! Je suis un supporteur total d’Obama et du parti démocrate. Je collabore
d’ailleurs avec le parti démocrate du Texas car ils ont besoin d’aide dans ce territoire républicain
qu’est le Texas. Je fais ce que je peux pour les aider et les soutenir !

Pourquoi avoir repris le « United Forces » de S.O.D (ainsi qu’un clin d’œil au riff de
« Milk ») ?

Je connais Billy Milano depuis 25 ans et j’ai toujours trouvé que « United Forces » avait un
thème intemporel…ce qui est loin d’être le cas de tous les titres de S.O.D (rires) ! La plupart
d’entre eux ont d’ailleurs des paroles de droite et je connais suffisamment bien Billy Milano
pour savoir qu’il est très à droite (rires) ! Toujours est-il que j’adore le thème de « United
Forces » : « nous allons nous unir pour vaincre les forces qui essaient de nous oppresser ! ». Je
trouve que ce titre colle super bien à l’univers Ministry et je suis très satisfait de notre travail. Ce
titre est un classique et nous ne l’avons absolument pas saccagé. A vrai dire, je pense qu’il est
possible que notre version soit encore meilleure que l’original !     

Quant à « Get Up Get Out N’Vote », penses-tu que les gens sont trop fainéants pour aller
voter ?

Oui les gens sont des flemmards lorsqu’il s’agit d’aller voter. Nous avons beau vivre dans un
monde avec un immense flot d’information ne serait-ce que par le biais d’Internet, je pense que
malgré tout, les gens demeurent mal informés. J’essaie juste de les inciter à faire leur devoir,
lever leur cul de leur canapé et aller voter ! Que ce soit pour le parti démocrate, républicain ou
libertaire, peu m’importe, mais allez faire votre devoir citoyen en allant voter ! C’est un appel
aux armes pour inciter les gens à participer à la gouvernance, car le gouvernement est censé
représenté le peuple. Mais si ce dernier ne joue pas le jeu, alors tout cela ne sert à rien.

Qui vises-tu sur « Kleptocracy » ?

Wall Street (rires) ! C’est déjà une bonne cible de départ. En fait j’ai piqué le terme kleptocracy à
Michael Moore car ce néologisme définit vraiment bien dans quel système nous vivons. Nous
sommes dirigés par des cleptomanes  qui trouvent tous les moyens possibles pour extorquer un
maximum de pognon, avoir 15 maisons dans le monde entier et plusieurs comptes en banque en
Suisse. On se fait purement voler, c’est une kleptocracy ! Au passage, d’après le gouvernement
américain, j’appartiens au 1% de riche. Je me suis fais pas mal d’argent au cours de ma carrière
et je fais parti du petit pourcentage des hommes les plus riches d’Amérique. Toujours est-il que
je suis du côté des 99% et que je désire que l’on me taxe davantage ! Tout ce qui est en mon
pouvoir,  je suis disposé à le faire, et même me prendre de la bombe à lacrymogène ! Je suis du
côté du peuple !

Bush t’a servi d’inspiration et c’est maintenant les crises économiques et financières qui te
servent de moteur pour Ministry. Du coup, s’il n’y avait aucun problème politique et si nous
vivions dans un monde parfait, serais-tu capable de faire quelque chose de pertinent avec
Ministry ?

Non je ne pense pas et c’est d’ailleurs pour ça que j’ai Buck Satan (rires) ! Dans un monde
parfait je passerai mon temps à me bourrer la gueule et à jouer de la country !

Ces dernières années, la tendance chez Ministry est clairement d’utiliser moins en moins
d’effets et de s’orienter vers un son un peu plus organique (ndlr : toute proportion gardée).
Relapse est sans aucun doute le disque le plus organique de Ministry. Est-ce une conséquence
directe de l’influence de ton groupe de country Buck Satan And The 666 Shooters ?

Déjà le truc étrange est que Buck Satan a fini par être tout sauf un vrai groupe de country. A la
base c’était pourtant mon intention, car je voulais travailler avec des vrais musiciens de country.
Mais l’un d’entre eux est mort, je veux parler de Buck Owens, tandis que les 2 autres que j’avais
en tête ont décliné mon invitation. Au final je me suis retrouvé avec des musiciens de rock
industriel pour faire ce disque de country. Du coup, Mike Scaccia et moi-même avons du leur
apprendre comment jouer ce style ! C’était un défi assez compliqué mais au final le résultat est
organique car rien n’a vraiment été trop réfléchi avec Buck Satan. Avec Ministry je décrirai ça
comme un tas de mec bourrés en train de balancer des riffs à la guitare (rires). Du coup
effectivement cet album est également assez organique car il est beaucoup moins réfléchi et
travaillé que d’habitude, je ne me suis pas pris la tête des heures durant pour les paroles non
plus, juste des bons riffs, de l’alcool et beaucoup de fun ! Relapse a vraiment été parmi les
albums de Ministry les plus plaisants à faire. Puis il faut dire aussi que le fait d’utiliser les 2
équipes différentes de Dallas et L.A a tout changé au niveau de la méthode. D’habitude je
contrôle absolument tout sur un disque de Ministry du début à la fin. Cette fois-ci je me suis
vraiment reposé sur les autres musiciens et il fallait surtout que je m’assure d’unir le travail des 2
camps et d’en faire un album cohérent de Ministry. Et je reviens là-dessus, crois moi, il y avait
une grosse compétition interne (rires) ! Les mecs de L.A voulaient vraiment se débarrasser des
morceaux de Dallas et il m’a fallu faire une sorte de réconciliation entre ces 2 sessions ! Mais
précisément c’est ça qui donne ce côté plus organique, moins structuré mais aussi beaucoup plus
varié.

Tu aimes parler de cette compétition entre les 2 camps. Si tu le devais, pour qui voterais-
tu (rires) ?

Voilà ma réponse : les 2 titres que je préfère sur l’album sont « Ghouldiggers » et
« Kleptocracy ». Le premier écrit par l’équipe de Dallas, le second par celle de L.A.

Tu bottes en touche et pratique la langue de bois comme n’importe quel homme politique
finalement…

(Hilare) Bon ok, j’avoue que je viens de donner une réponse diplomatique, mais si je veux
maintenir le calme entre les 2 partis, je n’ai pas le choix ! Au passage, j’adorerai devenir homme
politique mais ça m’est malheureusement impossible. Il y a des filles qui doivent avoir en leur
possession bien trop de photo sexy de moi issues de ma jeunesse.  Je sais pertinemment que si
jamais je voulais concourir à une élection, ces photos ressurgiraient et je ne pourrais alors jamais
prétendre être un candidat crédible. Ajouté à cela, tous mes piercings et mes tatouages
n’arrangent rien et sont de gros handicaps pour prétendre remporter une élection ici (rires) ! Mais
j’adorerai vraiment être homme politique. J’aimerai exercer ce devoir civil, mais j’ai trop
conscience du fait de ne jamais pouvoir être élu. Franchement, si je me lançais dans une
candidature, je pense que ma campagne serait coulée dès le deuxième jour (rires) ! C’est le
temps qu’il faudrait pour qu’une photo compromettante d’un truc stupide que j’ai pu faire dans
le passé revienne à la surface. Je serai alors foutu ! C’est dommage car je suis convaincu d’avoir
de meilleures idées que la plupart de ces mecs. C’est une honte lorsqu’on y pense que des gens
avec de bonnes idées ne puissent pas appartenir au monde politique s’ils ne correspondent pas
au modèle moral qui va avec. Les photos de mes années lycée ne devraient pas avoir de rapport
avec les idées que je peux porter aujourd’hui…mais malheureusement il y a un lien indéfectible
entre les 2 dans le monde politique !

Tu mentionnais plus tôt tes soucis de santé, notamment en tournée. Ministry va-t-il donc
effectuer des tournées plus courtes désormais ?

Pour le moment oui. Je pense que pour cette année nous avons seulement prévu 25 concerts.
C’est un peu comme ce que je suis en train de faire en ce moment : tremper mon orteil dans la
piscine pour prendre la température. Nous allons déjà donner ces quelques concerts et voir
comment cela se passe niveau santé. Puis il faut dire aussi que Mike Scaccia vient d’avoir une
opération du dos et de la colonne vertébrale. Nous allons donc y aller petit à petit. Assurer
d’abord cette courte tournée et si cela se passe bien, nous ferons une tournée plus longue
l’année prochaine. Si la tournée de 2013 se passe également bien, alors nous ferons une tournée
avec Buck Satan en 2014.

Tony Campos fait également parti de Soulfly, Prong et Attika 7. Va-t-il être aisé de gérer les
tournées de Ministry avec son emploi du temps ?

Non ça va être très compliqué en fait (rires) ! D’ailleurs Tony est déjà occupé avec Soulfly cet
été et il sera donc remplacé par Casey Orr. Lui et Tommy vont également être occupés par
Prong, donc ce n’est pas facile du tout d’organiser l’emploi du temps de Ministry autour d’eux,
et plus particulièrement d’un musicien qui joue avec tout le monde comme Tony ! Mais je sais
au moins que je peux toujours compter sur les mecs de Dallas ainsi que sur le batteur Aaron
Rossi (Prong) et mon autre guitariste Sin Quirin (Revolting Cocks). Je pense d’ailleurs que c’est
cette formation que vous verrez sur la tournée européenne. Au passage j’en profite pour dire
que nous jouerons dans un club parisien cet été ! 

Quelle est ton pronostic pour la prochaine élection américaine ?

Obama !

Ca c’est ce que tu souhaites. Mais ses réformes n’ont pas forcement été très populaires
chez vous et les méfaits de la crise vont sans doute lui nuire…

Non c’est Obama ! Un seul mot : Obama ! C’est facile non ? Les républicains ressemblent à des
clowns de cirque et ils n’arrêtent pas de se tirer dans les pattes en ce moment ! Ca rend la
réélection d’Obama tellement facile ! Je ne vois pas un retour des républicains dans la maison
blanche et en plus de cela, depuis qu’Obama est arrivé, les Etats-Unis vont clairement dans la
bonne direction, et je ne parle pas seulement en matière de diplomatie et affaires étrangères.
Nous allons dans le bon sens également au niveau de la finance de notre pays. Je ne vois pas
comment il ne peut pas être réélu. Si des mecs lui ressortent l’argument de la crise, qu’ils aillent
prendre un ferry pour la Grèce (rires) ! Les français et les allemands ont financé la Grèce, le
Portugal, l’Italie, l’Espagne et l’Irlande pendant bien trop longtemps et aujourd’hui vous n’avez
plus l’argent de le faire. Je sais que l’économie va totalement changer si ces pays coulent, mais
c’est une idée folle de continuer à essayer de les maintenir à flot. Pour moi si un pays ne
parvient pas à se gérer convenablement et fait parti de la zone Euro, alors quel intérêt de le
garder dans la zone ? Vous devriez vous débarrasser des grecs par exemple, les exclure de la
zone Euro et voir partir leur instabilité financière avec eux. Ou peut être qu’il ne devrait même
plus y avoir de zone Euro ? Je n’en sais rien, j’avance simplement l’argument. Dans cette zone,
il y a une poignée de pays riches, entourés par une multitude de pays pauvres. Vous devriez
peut être les laisser revenir à leur devise pour qu’ils puissent vivre et mourir par eux-mêmes.
C’est mon point de vue en tout cas. Pour moi c’est dangereux de voir la France et l’Allemagne
continuer à essayer de financer la Grèce et les autres. Vous n’avez pas assez d’argent pour le
faire et vous risquez simplement de foutre toute l’économie mondiale sans dessus-dessous en
incluant la notre ! Tant pis pour tous ceux qui protestent en Grèce, la vérité c’est que leur
gouvernement a foiré et a manqué à ses devoirs envers la zone Euro. Pour moi, ils doivent en
être exclus et revenir à leur monnaie d’origine. C’est comme ça que je vois les choses en tout
cas.             

close
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