Gov't Mule - Warren Haynes

 

 GOV'T MULE

 INTERVIEW AVEC WARREN HAYNES

 07 NOVEMBRE 2009 A ANVERS

 



S’il y a une grosse pointure du rock qui se fait discrète, c’est bien Warren Haynes ! Lancé au

début des années 80 par David Allan Coe, ce guitariste/chanteur/compositeur de Caroline
Du Nord à l’immense talent a depuis roulé sa bosse avec The Allman Brothers Band et The
Grateful Dead avant de former il y a 15 ans son propre groupe : Gov’t Mule. Loin de toute
étiquette, Haynes y exprime toute l’étendu de ses influences qui peuvent aller du jazz au
hard-rock, avec tout ce qui se trouve entre ! Après avoir trouvé une stabilité suite à la mort
d’Allen Woody, Gov’t Mule subissait l’année dernière un nouveau chamboulement avec le
départ d’Andy Hess. Mais têtu comme une mule, Haynes et les siens reviennent aujourd’hui
avec un nouveau bijou intitulé By A Thread !    

Que s’est-il passé avec Andy Hess (ex-The Black Crowes) qui était devenu
votre véritable bassiste après la mort d’Allen Woody ?

Warren Haynes (guitare, chant) : Andy a quitté Gov’t Mule pour des raisons personnelles. Il avait envie de
poursuivre de nouvelles aventures. Cela a été une mauvaise surprise pour nous, et il a donc fallu
trouver qui serait la bonne personne pour le remplacer. Par chance nous sommes tombés sur
Jorgen Carlsson qui fait un boulot incroyable.

Peux-tu en conséquence présenter Jorgen ?

Il est avec nous depuis plus d’un an maintenant. Il joue évidemment sur notre nouvel album By
A Thread, et il a vraiment abattu un sacré travail en studio. Il est suédois et vient à la base de
Göteborg mais il vit depuis pas mal d’années à Los Angeles. C’est en fait Jeff Young (ndlr : pas
l’ex-Megadeth !), un ami à nous, qui nous l’a présenté. Jeff est un claviériste qui bossait avec
moi auparavant et qui a également collaboré avec Sting et Jackson Browne. Il m’a appelé un jour
en me disant qu’il pensait tenir la bonne personne pour le job. Nous avons donc auditionné
Jorgen, ainsi que 11 autres bassistes, tous chaudement recommandés par de bons amis. Ils
étaient tous très bons, mais avec Jorgen ça nous a tout de suite ramené au style originel de Gov’t
Mule. Ce gros son de basse très agressif qui s’adapte bien avec ce que nous jouons.

Le plus dur pour lui a du être d’apprendre tous ces morceaux n’est-ce pas ?

Effectivement ! Andy Hess est d’ailleurs resté avec nous pendant 8 mois après l’intégration de
Jorgen, afin de lui laisser un peu le temps d’apprendre tout notre répertoire. C’est une trop
grosse masse de travail pour qui que ce soit, mais il a fait preuve d’une certaine rapidité.

By A Thread sonne comme du pur Gov’t Mule. On ne sent aucune envie particulière
d’expérimenter ici. Revenez-vous à un son plus classique afin de rassurer vos fans qui
avaient pris peur avec Mighty High (2007) ?

Et bien nous considérons By A Thread comme le successeur de High & Mighty (2006). Nous
n’avons jamais considéré Mighty High comme un album officiel. C’est juste une sorte de remix
dub de chansons déjà existantes qu’il faut voir dans l’esprit d’un EP. Je sais que ça a dérangé
pas mal de gens et plus particulièrement en Europe, où il a été perçu comme plus que ce qu’il
était et certains ont pensé que nous allions changer de direction. Mais en réalité ce n’était
vraiment qu’une petite parenthèse dub. Le projet d’une seule fois. Pour By A Thread, notre seule
volonté était de capturer notre nouvelle alchimie avec Jorgen. Notre ligne de conduite avec
Gov’t Mule est de toujours faire des albums différents les uns des autres, tout en conservant un
fil conducteur qui nous identifie en tant que groupe.

C’est donc peut être pour ça que cet album rappelle l’atmosphère des 2 premiers…

Tout à fait, car le style de Jorgen est très proche de celui d’Allen Woody. Du coup il paraissait
évident de revisiter un peu le passé d’une certaine manière.

Les derniers albums avaient une production plus ambitieuse tandis que By A Thread semble
revenir à ce son très live et naturel des débuts. Trouves-tu que ses prédécesseurs étaient
surproduits ?

C’est dur à dire car si l’on prend l’exemple de The Deep End Volume 1&2 (2001, 2002), il y
avait tellement d’invités impliqués que cela nous incitaient à adapter et écrire les morceaux en
fonction d’eux, et plus particulièrement des bassistes, afin de coller au mieux à leur
personnalité. Déjà Voodoo (2004) a été notre premier album avec Andy Hess et Danny Louis et
le dernier avec le producteur Michael Barbiero (Metallica, Guns N’Roses, Alice Cooper), tandis
que High & Mighty (2006) a été produit avec Gordie Johnson qui a une approche assez brute de
l’enregistrement. Je ne trouve pas spécialement que ces albums soient surproduits car nous
jouons dessus d’une manière live. Il y a peu d’overdubs. Mais il est vrai qu’il y avait plus
d’arrangements et une utilisation plus large des différents sons. Pour By A Thread nous avons
sans aucun doute eu une approche très vieille école, car nous avons bossé sur du matos
analogique en utilisant seulement 2 micros. C’est un disque différent de ce que nous avons fait
avant, même si certains titres auraient effectivement très bien pu figurer sur nos 2 premiers opus.         
Comment déterminez-vous en studio les titres qui vont bénéficier d’une grosse jam comme
« Inside Outside Woman Blues #3 » et ceux qui vont rester dans un format concis ?
Les chansons prennent la décision d’elles même. Des titres comme « Forever More » ou
« Gordon James » ne se prêtent pas à l’exercice et tendent au contraire à être courts et axé
principalement sur la composition en elle-même. Alors qu’effectivement « Inside Outside
Woman Blues #3 » ou « Any Open Window » sont de véritables prétextes à l’improvisation. En
général c’est assez facile de séparer les titres que nous devons explorer et métamorphoser de
ceux qui doivent rester tel quel.

Billy Gibbons de ZZ Top joue sur « Broke Down On The Brazos ». Etait-il réellement en
studio ou est-ce une jam virtuelle par échange de mp3 comme c’est souvent le cas
aujourd’hui ?

Nous étions assis l’un à côté de l’autre. Juste 2 Gibson Les Paul en train de s’exprimer pendant
30 minutes et le tout était en boite. C’était super. Billy a fait du bon boulot. Nous sommes amis
depuis longtemps. Lorsque j’ai écouté « Broke Down On The Brazos », ça me rappelait
beaucoup les premiers disques de ZZ Top et c’est pourquoi j’ai décidé de l’appeler pour voir si
ça le branchait et il a été suffisamment gentil pour s’adapter à notre emploi du temps.

La pochette de By A Thread montre un personnage suspendu par un fil sous un monde qui
semble prisonnier de lui-même et l’album se termine par le pessimiste « World Wake Up »
qui s’achève toutefois avec une phrase d’espoir It’s Not To Late Today. Penses-tu que
l’humanité se trouve à un tournant majeur de son histoire ?

Oui je le pense. J’ai écrit ce morceau pendant la présidence de George W.Bush. Évidemment ça
lui donnait à l’époque un sens tout à fait différent car il y a aujourd’hui beaucoup plus d’espoir
avec le mandat de Barrack Obama. Mais j’estime néanmoins qu’il est primordial que les gens
comprennent qu’ils doivent s’unir et bâtir des choses ensemble. Pendant l’ère Bush, notre
gouvernement s’est clairement isolé et a annihilé beaucoup trop d’autres pays alors qu’avec
Obama, on a l’impression que le concept de collaborer avec le reste du monde devient une
réalité. Bien qu’il soit très noir, « World Wake Up » présente effectivement une touche d’espoir
et je pense que c’est exactement ce dont nous avons tous besoin aujourd’hui.

Vous changez totalement de setlist de soir en soir, et vous pouvez puiser à tout moment dans
l’intégralité de votre répertoire. Comment faites-vous pour vous souvenir de tout ?

Nous pouvons déjà utiliser un peu les balances pour répéter des titres que nous n’avons pas
joués depuis des lustres. C’est pour les paroles que c’est le plus dur en fait. Pour la musique, si
jamais nous ne sommes vraiment pas au point, nous attendrons le jour suivant mais en général
ça revient vite. Mais nous ne recherchons pas la perfection de toute manière. Nous recherchons
un certain esprit, une atmosphère pour notre performance. Les erreurs sont monnaie courante
pendant nos concerts. Changer totalement le set chaque soir est une priorité pour nous. Cela rend
les choses plus excitantes pour le groupe et pour les fans. Je détesterai me cantonner aux mêmes
15 chansons concert après concert. Je n’y prendrai plus de plaisir.   

Vous avez donné un concert culte d’environ 6 heures à la Nouvelle Orléans pendant le
Jazzfest 2003, avec une tonne d’invités (dont Jason Newsted et Les Claypool), qui a été
immortalisé sur The Deepest End, Live In Concert. Où avez-vous trouvé l’énergie ?

Sans compter que nous avons répété pendant 3 heures pendant l’après-midi afin de tout caler
(rires). C’est surtout pour notre batteur Matt Abts que c’est impressionnant. Compte tenu de la
puissance avec laquelle il joue, je n’arrive pas à comprendre comment il a pu tenir pendant 9
heures. Mais heureusement, il ne nous restait plus qu’une date, à Atlanta, sur cette tournée.
Après cet ultime concert, nous étions tous complètement lessivés et nous pouvions nous
évanouir ! C’est vraiment le plus long concert que nous avons joué de notre vie. C’était une
expérience merveilleuse et l’énergie fantastique apportée par tous nos invités était indéniable.

Une version entière de ce live verra-t-elle le jour ?

J’aimerai sortir la version intégrale en DVD car tout a été filmé. Dans la version actuelle, entre
l’audio et la video, le show est complet. Mais il y a beaucoup de mes moments favoris que l’on
trouve seulement sur le CD et aucun des 2 n’est complet de toute façon. C’est donc dans nos
projets de fournir enfin une version entière du show en DVD.

Gov’t Mule fait parti de ces formations très difficile à catégoriser si bien que pour simplifier
on vous range dans la case jamband. Comment décrirais-tu ta musique à un néophyte ?

Je pense que nous sommes simplement un groupe de rock mais qui se focalise beaucoup sur
l’improvisation contrairement aux autres formations du genre. Cela vient de notre amour pour le
blues, le folk, le jazz et la soul que nous combinons avec notre influence rock. Moi aussi j’ai du
mal à décrire notre musique de part la multitude de styles que nous abordons. Ce n’était pas
quelque chose d’inhabituel à la fin des 60’s et au début des 70’s. Tous les groupes de rock
improvisaient à l’époque. Mais il est clair que ça a bien changé au fil du temps et que c’est
devenu quelque chose de peu commun aujourd’hui.

Comme tu le sais peut être, tu parles à un media davantage axé sur le hard-rock et le metal et tu
as collaboré avec pas mal de musiciens venant de cette sphère. Peux-tu raconter certaines
de ces rencontres ?

Notre connexion avec Metallica vient d’interviews où ils disaient être de grands fans de Gov’t
Mule. Un jour j’ai reçu un coup de fil d’un membre de leur équipe, qui bossait d’ailleurs
auparavant avec The Allman Brothers Band. Il m’a dit que les mecs de Metallica voulaient
vraiment me rencontrer chez moi à New York. Il a donc arrangé cette rencontre. Un peu plus
tard, James Hetfield nous a interviewés, moi et Allen Woody pour Guitar World. C’était assez
drôle. Très vite je suis devenu ami avec James, Jason Newsted et Kirk Hammett. Jason, en plus
d’avoir participé à The Deep End, est carrément parti en tournée avec nous et James chante sur
notre titre « Drivin’ Rain ». Pour Corrosion Of Conformity,  je suis devenu ami avec Pepper
Keenan car nous venons tous les deux du sud et nous avons des potes en commun. Il m’avait
contacté à l’époque pour prendre part au titre « Stare Too Long » (ndlr : sur America’s Volume
Dealer). J’adore cette chanson et j’étais honoré qu’il m’appelle pour que j’y apporte ma touche.
Concernant Les Claypool, nous avons le point commun de ne convenir parfaitement ni à la
scène jamband, ni à la scène rock. Nous avons le cul entre 2 chaises. Il était inévitable que nous
devenions amis et lui aussi a fait parti de The Deep End. La musique est vraiment un petit
monde. Tu fais souvent ce genre de rencontres où tu apprends qu’untel ou untel est fan de ce
que tu fais et vice-versa. Nous sommes très ouverts d’esprit. Évidemment, nous ne pouvons pas
nous considérer comme un groupe de metal, mais beaucoup de nos titres sont véritablement
heavy ! Nous faisons souvent des reprises de Led Zeppelin, Black Sabbath, Deep Purple et nous
avons même joué l’année dernière tout un set consacré à la scène de Seattle (ndlr : avec des
titres de Soundgarden, Alice In Chains, Pearl Jam, Nirvana et Temple Of The Dog). A côté de
ça, nous pouvons également reprendre les Beatles, John Coltrane, Bob Marley ou Bob Dylan.
Tout peut arriver avec nous. Aux Etats-Unis, malgré mon association à la scène jamband de part
mon affiliation au Allman Brothers Band et au Grateful Dead, nous avons vraiment réussi à bâtir
une fanbase unique composée de gens qui aiment absolument tous les styles de musique. Le
point commun à chaque fan de Gov’t Mule est qu’ils sont tous véritablement passionnés par la
musique et passent un temps fou à explorer le plus de groupes et de styles possible. Nous
n’avons pas vraiment de fans désinvoltes qui nous écouteraient au fond de la salle de façon
distraite ou qui viendraient pour entendre une seule chanson…tant mieux d’ailleurs car il y
aurait toutes les chances pour que nous ne la jouions pas (rires) !

Vous allez faire quelque chose d’assez spécial en Jamaïque du 15 au 18 janvier 2010. Peux-
tu nous en toucher un mot ?

Nous faisons cet évènement intitulé Gov’t Mule’s Island Exodus pour une petite poignée de fans
que nous emmenons passer des vacances en Jamaïque (ndlr : malgré le coût imposant, le voyage
all inclusive a vite affiché complet). Nous allons installer une scène au bord de la plage et nous
donnerons 3 concerts avec Gov’t Mule et je donnerai aussi un concert acoustique en solo. Nous
serons également accompagnés par Grace Potter & The Nocturnals et il y aura plusieurs invités
pendant les concerts de Gov’t Mule. Ca va être une expérience intéressante de jouer tous ses sets
différents en face des mêmes 500 personnes. C’est la première fois que nous essayons ça et j’ai
hâte de voir ce que ça va donner.

Quoi de neuf avec The Allman Brothers Band ?

Nous levons le pied. Cette année nous célébrions les 40 ans du groupe et c’était évidemment
quelque chose d’important. Mais l’année prochaine, nous allons donner peu de concert. J’ignore
combien de temps encore le ABB va pouvoir partir en tournée car ça fait déjà 40 ans. Je ne vois
pas non plus de nouvel album à l’horizon. Personnellement j’aimerai bien en refaire un car le
dernier en date, Hittin’ The Note (2003), est vraiment très bon. Mais je doute que ça arrive.      

WARREN HAYNES COMMENTE LA CARRIERE DE GOV’T MULE :

Gov’t Mule (1995) : Il s’agit en fait d’un live enregistré en studio. Il n’y a aucun overdubs, mis
à part sur le chant et il y a 3 chansons pour lesquelles nous ne l’avons même pas retouché. Ce
premier album représente un instantané de ce que Gov’t Mule était à l’époque. Il a été enregistré
au studio Bearsville qui est un endroit super car les pièces sont grandes. Cela permet de jouer
fort. Même s’il y a évidemment des petites choses que j’aurai aimé changer, je suis vraiment très
fier de ce premier effort très direct qui est un parfait indice de ce que nous allions faire ensuite.

Dose (1998) : C’était notre second opus et nous voulions donc qu’il soit un petit peu plus
produit, mais pas trop. Nous avons utilisé plus de guitare acoustique et il y a des overdubs qui
nous ont permis d’ajouter plus de textures. Mais compte tenu des standards actuels, c’est malgré
tout un album très live.

Life Before Insanity (2000) : A ce point de notre carrière, nous avions envie de réellement faire
un album studio. Une plus grosse production et des titres plus axés sur la composition. C’est à ce
moment que nous avons réalisés que certaines de nos chansons ne sonnaient pas bien en trio et
qu’il nous faudrait d’autres instruments. Allen Woody a joué de la guitare, de la mandoline et un
instrument à corde brésilien. Pour ma part j’ai utilisé pas mal d’accordages différents et notre
pote Hook Herrera a joué de l’harmonica. Le but était vraiment d’étoffer notre son et c’est
également la première fois qu’il y a du clavier, avec Johnny Neel qui en joue sur la moitié du
disque. Au début de notre carrière, c’était cool de disposer de la liberté d’un trio, mais au final
nous avions envie de développer notre son. C’est évidemment notre dernier opus avec Allen
Woody qui est décédé peu de temps après et cela nous a fait traversé une période sombre où
nous ne savions pas s’il fallait continuer ou au contraire arrêter là. C’est ce qui nous a amené à
faire The Deep End.

The Deep End Volume 1 & 2 (2001, 2002) : A l’origine il ne devait y avoir qu’un seul cd. Nous
avons contacté 25 bassistes dans l’espoir que 10 d’entre eux acceptent. Mais au final, les 25 ont
voulu prendre part à l’aventure ! Ca a été un tournant majeur pour nous car ça nous a influencés
totalement pour la suite de notre carrière. Il était clair qu’après avoir collaboré avec autant de
musiciens différents, il était impossible d’être le même groupe.

Déjà Voodoo (2004) : C’est notre premier disque avec Andy Hess et aussi le premier véritable
album suite à la mort d’Allen Woody. J’en suis fier car il a capté à merveille notre
transformation en quartet. Les claviers de Danny Louis sont très en avant, peut être même trop,
mais nous voulions vraiment affirmer notre nouveau son.

High & Mighty (2006) : Première expérience avec Gordie Johnson et ce fût un disque très
expérimental. Nous n’avons pas arrêté d’essayer différentes choses au lieu de simplement
répéter les chansons. Il y a eu un gros travail sur les arrangements et j’aime bosser avec Gordie
pour cette raison, car il est très créatif et veut toujours essayer beaucoup d’idées.

By A Thread (2009) : Un album amusant pour lequel nous avons beaucoup écrit en studio. Le
but était surtout de capturer le son très agressif de Jorgen. La basse est énorme sur ce disque et je
trouve le son global vraiment unique dans le paysage actuel. Ca me rappelle des choses que
nous aimons et qui n’existent plus aujourd’hui.   

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