Megadeth - Dave Mustaine

 

MEGADETH

INTERVIEW AVEC DAVE MUSTAINE

08 SEPTEMBRE 2009 PAR TELEPHONE

 

 

 

 

 

On le sentait venir doucement mais surement : Megadeth est enfin revenu à son meilleur
niveau avec la sortie d’un Endgame qui se dresse fièrement parmi ses meilleures créations.
Avec un tel manifeste de thrash et une tournée commune avec Slayer, le statuS de Dave
Mustaine reprend du prestige dans la communauté metal et ce dernier nous parle de son
actualité en totale confiance. 

Endgame est vraiment un disque béton, notamment car il a su conserver
l’aspect mélodique que tu développes depuis Countdown To Extinction tout en revenant au
son thrash des débuts. Comment cette approche thrash est-elle revenue ?

Dave Mustaine (chant, guitare) : Merci ! Je vais revenir sur la période qui a suivie Risk, lorsque Marty Friedman
était encore dans le groupe. Je lui disais : « tu sais quoi Marty ? Nous devons revenir à nos
racines, nous devons rejouer du heavy metal car c’est ce qui défini Megadeth et c’est ce que les
fans veulent ! ». Bien sur nous pouvions très bien continuer dans une voie encore plus
mélodique, lente et expérimentale, car ce n’est pas comme si tous les fans détestaient ça, mais il
est évident que nous sommes bien meilleurs dans un registre rapide et heavy. C’est ce qui a fait
notre renommée et c’est pourquoi les gens nous respectent. J’ai eu suffisamment d’expériences
diverses en tant que musicien et j’ai la chance d’avoir des fans qui m’aient autorisés à déployer
mes ailes en m’essayant à d’autres orientations musicales, même si pas mal de gens n’ont pas été
tendres envers moi à l’époque de Risk. Chacun ses goûts après tout. Il y a des fans qui aiment
Risk et c’est également mon cas, même si je considère qu’il n’aurait pas du sortir sous le nom
Megadeth. Ca me fait penser à The System Has Failed que j’ai enregistré quasiment seul en
faisant appel à des musiciens de session. Mais en studio, la maison de disque m’a vite rappelé
que je leur devais encore un album de Megadeth et que si celui-ci ne sortait pas sous ce nom, je
leur appartiendrai pour toujours (rires) ! C’est pourquoi j’ai opté pour le changer d’un album
solo à un disque de Megadeth. Je sais que beaucoup ne l’aiment pas, mais pour moi The System
Has Failed sonne comme du Megadeth. D’ailleurs il suffisait de voir le visage des fans pendant
les nouvelles chansons sur la tournée, que ce soit des titres rapides ou lents, ils étaient heureux.
Mais il est vrai que ceux qui les comblent le plus et que nous prenons le plus de plaisir à jouer,
sont les titres agressifs et c’est pourquoi cette approche thrash est revenue. Je suis reconnaissant
d’être toujours capable de jouer la musique que j’aime. J’ai toujours la possibilité de poursuivre
mon rêve et c’est fantastique car tellement de gens passent à côté de cette opportunité.

Comment décrirais-tu l’intégration de Chris Broderick dans Megadeth ?

Chris s’est adapté à merveille. Comme tous ses prédécesseurs, il a cru que la partie serait plus
facile que prévue. Lorsqu’il s’est pointé chez moi pour que je l’auditionne, il m’a bien
évidement montré de quoi il était capable à la guitare. Assez vite, je lui demandais de me joindre
dans mon garage où se trouve une machine de musculation que je venais d’acheter. Chris fait
pas mal de muscu et je lui ai donc demandé de m’aider à assembler cette machine. Cela nous a
pris 2 ou 3 heures et ça nous a tout de suite rapprochés car il s’agissait d’une activité qui se
pratique à 2 et qui nous intéressent car nous tenons à nous maintenir en forme. Une fois ce
travail terminé, nous avons réalisé que nous pouvions bosser ensemble car nous nous
entendions bien. Il ne suffit pas seulement d’avoir un excellent jeu de guitare pour convenir.
Cela étant, Chris est le meilleur guitariste à avoir fait parti du groupe. Marty est pourtant un génie
et il est d’ailleurs bien meilleur que moi. Glen Drover est également meilleur que moi. En
revanche j’ai ce don concernant la composition et le fait d’avoir joué avec autant de bons
guitaristes à mes côtés a fait progresser mon jeu.   

Shawn Drover a fait un boulot fantastique à la batterie. Sur United Abominations son jeu
était simple et direct tandis que sur Endgame il est beaucoup plus complexe…

Oh oui ! Je vais te raconter quelque chose. Shawn a donné seulement 2 concerts dans sa vie
avant de me rencontrer. Après le premier qu’il a fait avec moi, à Reno, il a du aller à l’hôpital
car il a été pris d’un vertige. Une fois qu’il en est sorti je lui demandais ce qu’il s’était passé. Il
me répond : « Ce n’est rien, j’ai fait un malaise probablement parce qu’il s’agit de mon troisième
concert ». Tu imagines ma réaction ! S’il m’avait dit au préalable qu’il n’avait que 2 concerts
d’expérience à son actif, jamais nous ne serions montés sur scène ce soir là (rires). J’ai envie de
dire autre chose à propos de Shawn. Lorsque l’on s’est séparé avec Dave Effelson, je me suis dit
qu’il allait être bien difficile de le remplacer. C’est un bon bassiste et c’était mon partenaire. Il
m’aidait toujours beaucoup dans les diverses tâches du groupe, c’était une sorte d’ambassadeur.
Lorsque j’ai eu ma blessure qui m’a forcé à le laisser partir, James McDonough a alors intégré
nos rangs. Et c’est là que j’ai compris qu’il ne serait pas facile de remplacer Junior. James avait
beau assurer, je n’arrivais pas à m’entendre avec lui pour la simple et bonne raison qu’il a un
tempérament de leader. James Lomenzo s’est adapté à merveille car il joue aussi bien
qu’Effelson tout en assumant sa position de bassiste. Je veux dire par là qu’il faut vraiment
s’appeler Steve Harris, Jaco Pastorius ou Cliff Burton pour être un bassiste qui prétend à
certaines prérogatives. Ce que j’aime également avec Lomenzo c’est qu’il est intelligent. Il a fait
parti de White Lion qui n’a cessé d’écrire des hits. Cela n’est pas du aux qualités de jeu de Vito
Bratta car il est bien moins bon que moi ou Chris, mais ils étaient très performants pour trouver
des mélodies accrocheuses. Avec Lomenzo, les qualités de bassiste de Junior étaient donc
retrouvées mais il manquait toujours cette fonction d’ambassadeur. Sans que je n’y prête
attention, Shawn a pris ce rôle en bien mieux qu’Effelson. Junior essayait de prendre ma place
et cela a posé quelques problèmes. Nous avions beau être partenaires, il n’y a qu’un seul Dave
Mustaine tout comme il n’y a qu’un seul Dave Effelson. Ce n’est pas de bon augure lorsqu’un
membre commence à se battre pour avoir de l’attention. Au moins Shawn ne se bat pas pour être
sur le devant de la scène mais pour le succès de Megadeth, tout comme James. On s’entend tous
très bien et cela s’en ressent sur la qualité d’Endgame.

Tu as travaillés avec beaucoup de producteurs et il semble que tu aies trouvé le bon en la
personne d’Andy Sneap avec qui tu sembles t’entendre parfaitement. Qu’est-ce qui le rend
meilleur que les autres ?

Effectivement j’ai fait l’expérience de beaucoup de producteurs. Max Norman a mixé Rust In
Peace, et a co-produit Countdown To Extinction et Youthanasia avec moi. Mais c’est comme
tout, parfois il faut opérer des changements sinon tu vas vite donner l’impression de te reposer
sur une éternelle recette. Je ne veux pas que les fans se tapent continuellement le même disque à
chaque fois. La raison de ma séparation avec Max Norman est qu’il n’a pas arrêté de ralentir les
chansons de Youthanasia et tu peux d’ailleurs le voir dans la vidéo Evolver. Il tient un
métronome et il compte combien de bpm il y a dans chaque chanson. Il a fini par tout ralentir et
je n’ai vraiment pas apprécié. C’est pourquoi j’ai re-accéléré les chansons qui en avaient besoin
pour l’édition remasters. Mon sentiment est qu’avec le producteur, nous devons former une
véritable équipe de 2 personnes qui travaillent ensemble. J’ai également eu des problèmes avec
Dann Huff car il a commencé à faire des trucs de son côté sans en parler à personne. Il a par
exemple retiré des soli de Marty Friedman sans même lui en parler, tout ça parce que le
management ne les aimait pas et voulait que je les remplace. Après pas mal d’engueulades, je
finissais par coopérer. Prenons l’exemple de « Breadline ». Marty n’avait plus été aussi
enthousiaste par une chanson de Megadeth depuis des lustres. Dann Huff a viré son solo, j’en ai
joué un à la place en insistant pour que Marty soit mis au courant. Lors de l’écoute finale de
l’album, j’ai vite compris que personne n’avait prévenu Marty vu sa réaction. Il s’est mis à
pleurer et ça m’a rendu dingue car personne ne veut faire de mal à Marty. Ce genre de choses
n’arrive plus aujourd’hui avec Andy Sneap. Mais si ça venait à se produire, et bien comme à
chaque fois qu’il y a eu un problème relationnel dans Megadeth, j’essaierai d’abord d’arranger la
situation, et s’il n’y a rien à faire, je préfère éjecter quelqu’un plutôt que de mettre en péril le
projet.

« Dialectic Chaos » est le premier instrumental que tu as écrit depuis So Far, So Good…So
What ! Etait-ce un défi après tout ce temps ?

Pas tellement, même s’il est plus difficile que ce que les gens pensent d’écrire un instrumental.
En général on pense que cela est plus simple vu qu’il n’y a ni texte ni ligne de chant. Mais c’est
tout l’inverse en fait car les mots te permettent de distraire l’auditeur. Les gens n’entendent
parfois même pas la mélodie instrumentale et se focalisent seulement sur le chant. Si tu écoutes
la radio, il y a tellement de chansons identiques les unes par rapport aux autres. Seul le chant
diffère. Quand j’étais en voiture avec ma fille et mon ex-femme, je les laissais écouter une
station country. Je peux te dire que sur les 20 chansons country qui passent le plus en ce
moment, au moins 2 sont totalement identiques et je me demande pourquoi ils ne s’attaquent pas
en justice ! C’est ça la beauté du metal. C’est un style tellement compliqué, agressif et personnel
que si jamais quelqu’un a une chanson qui sonne exactement comme une des miennes, il n’y a
aucun doute, il me copie. Je ne peux pas croire que le hasard soit responsable lorsque qu’une
formation metal sonne comme une autre. Nous nous efforçons trop de proposer une musique
riche et complexe pour ça. Toute coïncidence est impossible.

L’album s’enchaine sur « This Day We Fight », un titre tonitruant qu’on imagine faire des
ravages en intro des prochains concerts…

Et non, nous n’allons pas ouvrir avec celui-ci (rires). Je n’ai pas encore pris la décision mais je
voyais plutôt autre chose. Il faut dire qu’avec Endgame nous avons une large liste de titres que
nous voulons jouer live. Autant du côté vie familiale je vis très mal mon divorce, malgré
l’excellente relation que j’ai avec mes enfants, autant du point de vue de ma carrière musicale je
suis comblé ! Tout se déroule à merveille pour le moment et j’ai vraiment hâte d’être en tournée
pour défendre ce disque. L’instrumental et « This Day We Fight » sont de très bonnes entrées en
matière pour faire comprendre d’emblée qu’il s’agit d’un album spécial. Ce n’est pas un disque
de metal de plus. Les paroles sont intelligentes et le boulot sur les guitares est dément. De temps
en temps, il y a toujours des albums qui sortent du lot et qui marquent l’industrie du disque.
Megadeth en a sorti 3 : Peace Sells…But Who’s Buying, Rust In Peace et Countdown To
Exctinction. Ce sont les plus importants et ceux qui ont le plus de sens. Je n’en suis évidemment
pas certain, mais j’ai le sentiment qu’Endgame peut faire parti du même club. J’en suis vraiment
très fier.

Au milieu de cette avalanche de thrash se trouve une bouffée d’air frais avec le plus
mélodique « The Hardest Part Of Letting Go…Sealed With A Kiss ». Cette chanson semble
être plus personnelle n’est-ce pas ?

Tout à fait. Ce qui est drôle, c’est que j’étais encore marié au moment où je l’ai écrite. Ma
femme m’a dit un jour : « Nous sommes ensemble depuis 18 ans et tu n’as jamais écrit de
chanson pour moi ». Je lui ai répondu que c’était totalement faux mais qu’elle ne pouvait pas le
savoir vu qu’elle déteste Megadeth. J’ai tout de même décidé d’écrire cette chanson qui évoque
notre rencontre et l’ironie dans tout ça est qu’elle n’a pas aimé du tout le résultat. Notre mariage
n’existe plus depuis. Ca n’a rien à voir avec ça, c’est pour tout un tas d’autres raisons, mais je
peux te dire que ça fait un sacré choc lorsque tu écris une si belle chanson pour une personne
qui te renvoie au visage qu’elle ne l’apprécie pas. Vraiment j’ai eu du mal à comprendre sa
réaction car même sans faire attention à qui elle est destinée, c’est un titre fort en émotion qui
décrie une partie vraiment privée de moi-même que je n’avais pas encore partagée avec qui que
ce soit…

Tu as manifesté récemment le désir de varier la setlist pendant la prochaine tournée et d’en
profiter pour déterrer pas mal de raretés. Peux-tu nous donner des noms ?

Bien sur que je peux vous donner des noms ! Vais-je le faire (rires) ? Il arrive un moment où il
faut commencer à faire des changements car certains fans nous ont vus lors de tous nos
passages en France par exemple.  Ils savent qu’ils vont obligatoirement entendre « Holy Wars »,
« Symphony Of Destruction », « Peace Sells » et « A Tout Le Monde », même si nous ne jouons
pas forcement cette dernière dans tous les pays. Mais à Paris c’est une évidence. J’aimerai bien
dire en France au lieu de dire Paris, mais malheureusement nous avons rarement eu l’occasion
de nous produire en province et franchir les frontières du marché parisien. Ce serait tellement
bien si nous pouvions jouer dans le Sud. Je me souviens d’avoir joué à Bordeaux il y a vraiment
longtemps et également à Lyon et à Nancy lors d’une sorte de fête viticole (ndlr : ces dates ont
sans doute eu lieu pendant la tournée Youthanasia). Ca serait sympa de changer de scénario, au
lieu de toujours jouer au Zénith de Paris ou à la Locomotive (ndlr : Dave doit plutôt faire
référence à l’Elysée Montmartre, n’ayant probablement jamais joué à la Loco). Mais les choses
ont changées. Le business du thrash et du heavy metal est vraiment très différent avec tous ces
acteurs nouveaux sur cette scène. Avant tu savais vraiment qui étaient tes amis. Nous étions
soudés et nous agissions différemment des autres genres musicaux. Je veux dire par là qu’il
m’aurait été impossible de me sentir à l’aise dans la communauté hard-rock par exemple. Trainer
avec des mecs qui emploient plus de deux fois le terme « baby » dans une chanson, ce n’est pas
trop ma tasse de thé (rires) ! Nous avons réécoutés Killing Is My Business…And Business Is
Good et avons ensuite remontés ma discographie en faisant bien attention aux tempos des
chansons et surtout à mon chant. Lorsque tu es chanteur, c’est inévitable, tes cordes vocales
changent au cours de ta carrière. Tu ne peux rien y faire. Il y a donc des titres que je pouvais
chanter à 20 ans et que je ne peux plus interpréter aujourd’hui. Ce n’est pas comme si je ne
pouvais plus les chanter, mais ma voix étant différente, ça ne sonne plus aussi bien. Toutefois il
m’est arrivé quelque chose qui m’a considérablement aidé. Lorsque nous étions en tournée avec
Machine Head, j’entendais tous les soirs Robb Flynn faire des exercices de chant dans la loge
d’à côté. C’est drôle d’ailleurs car il fait ces vocalises mélodiques et orthodoxes comme un
chanteur normal pour ensuite aller hurler sur scène (rires) ! Mais ça m’a quand même intrigué.
Du coup je me suis procuré un exercice pour ma stéréo et j’ai essayé de me chauffer la voix
avant un concert. Ca a vraiment marché à merveille ! Bien sur je m’exerçais un peu auparavant
avant de monter sur scène, mais rien à voir avec les vrais exercices que je fais aujourd’hui et je
dois tout ça à Robb que je remercie !

Pas de noms donc ?

Bon allez je peux le dire après tout. Il y a vraiment une longue liste mais je vais dévoiler les titres
qui me viennent à l’esprit. Du premier, nous voudrions jouer « These Boots Are Made For
Walking » car c’est un titre fun. De Peace Sells nous pensons jouer « Bad Omen », « Black
Friday » et « My Last Words ». Pour So Far, So Good…So What ! ce sera « Liar » et « Hook In
Mouth » et pour Rust In Peace nous parlons de « Five Magics». Y a-t-il un titre qui te
brancherait ?

Beaucoup sont dans cette liste mais sinon il y a « Addicted To Chaos » sur Youthanasia qui
est méconnu, car sans doute jamais joué en live, mais pourtant excellent…

Je peux assurer qu’il ne fera malheureusement pas parti de notre liste et à ma connaissance nous
ne l’avons effectivement jamais joué en concert. Pourtant j’aime également beaucoup ce
morceau. Du coup je vais t'en raconter l’histoire. J’ai écrit ce titre le jour où j’ai appris le
décès du témoin de mon mariage. C’était un conseiller sur les méfaits des drogues. Je l’avais
rencontré dans un centre où j’étais allé chercher de l’aide et nous avons fini par devenir amis.
J’ai fini par apprendre qu’il avait fait plusieurs braquages de banque et même carrément tué des
agents de sécurité lors de ces délits. Je n’aimais pas le fait qu’il soit un meurtrier, mais son aura
de hors-la-loi me fascinait. Avec lui j’étais vraiment en présence d’un bad guy ! Sur Endgame,
les paroles de « 44 Minutes » sont d’ailleurs une nouvelle preuve que les braquages de banque
et ce genre de trucs m’intéressent beaucoup. Mais revenons à nos montons. Le jour où j’ai appris
sa mort, ça m’a complètement chamboulé. Je me suis alors souvenu que John, c’était son nom,
m’avait dit « one day you’ll walk alone » (un jour tu te retrouveras seul) et c’est de là qu’est
parti l’idée d’« Addicted To Chaos ». Beaucoup de gens doivent penser que Junior était mon
témoin, mais il faut vraiment choisir ton « meilleur homme » (témoin se disant best man en
anglais). Junior était mon bassiste et un ami mais clairement pas la meilleure personne de mon
entourage. Et d’ailleurs il a choisi son frère comme témoin à son mariage et c’est tout à fait
normal.

Rust In Peace fêtera ses 20 ans l’année prochaine et c’est très tendance aujourd’hui
d’interpréter un classique en intégralité sur scène. Prévois-tu quelque chose de particulier ?

Je n’en sais rien. Ce qui est sur, c’est que beaucoup de gens me réclament une reformation du
line-up Rust In Peace, mais ça serait vraiment tout aussi ridicule que de faire une reformation du
line-up So Far, So Good…So What ! Je crois avoir été très clair là-dessus.

Ca ne serait pas le moment opportun avec un nouvel album à défendre de toute manière…

Ca ne se fera jamais ! Pas maintenant, ni plus tard. Effelson m’a attaqué en justice et a craché
sur moi dans la presse. Je l’ai pardonné depuis, nous nous reparlons et j’ai même évoqué l’idée
de jammer un peu avec lui. C’est mieux pour moi. Mais quoiqu’il arrive, je ne peux pas oublier
ce qu’il a fait et ça rendra une telle reformation impossible.

Kerry King a dévoilé à Metal Hammer qu’il avait entendu une rumeur comme quoi Lars
Ulrich était en train de mettre en place une tournée réunissant le Big Four (Metallica,
Megadeth, Slayer, Anthrax). Scott Ian a également confirmé ce bruit en précisant qu’il
s’agirait apparemment d’une tournée européenne l’été prochain. En as-tu entendu parler ?

J’ai lu ça. Est-ce que ça m’intéresse ? Non. Je suis actuellement en tournée avec Slayer, c’est
déjà quelque chose de suffisamment gros. Est-ce que j’ai envie de partager l’affiche avec
Metallica ? Non. Est-ce que nous pourrions faire quelque chose comme ça dans l’esprit du Clash
Of The Titans avec tous les groupes qui échangent leur ordre de passage ? Est-ce que j’imagine
Metallica ouvrir pour Anthrax ? Non. C’est pourtant comme ça que les choses devraient se
passer. S’il doit y avoir une tournée du Big Four, il faut que cela se base sur ce que nous étions
à nos débuts, pas sur la hiérarchie actuelle. D’ailleurs la plupart d’entre nous se sont
considérablement éloignés du son de nos débuts. Est-ce que j’aimerai faire une grosse tournée
avec Slayer et Anthrax ? Evidemment, quand ils veulent. Tant que Metallica n’est pas capable de
nous faire jouer avec eux aux Etats-Unis, ça ne m’intéresse pas de le faire en Europe, car ça
c’est déjà produit dans le passé (ndlr : Mylton Keynes en 1993). La prochaine fois que nous
jouerons chez vous, je veux être en tête d’affiche de toute façon. Après je vais être franc, je
n’exclue évidemment rien. Je suis trop intelligent pour ça. Mais ça ne m’intéresse pas à l’heure
actuelle.

En parlant de Slayer, après a tournée de cet été, vous avez ajouté depuis des dates en Océanie et au Canada. C’est une affaire qui roule n’est-ce pas ?

Ca se passe assez bien, même s’il y a toujours quelques ressentiments du passé qui surgissent de
part et d’autre. Nous faisons en sorte de passer outre et logiquement les gens qui attendent que le
train déraille seront déçus. J’essaie aujourd’hui de vivre ma vie différemment quelque soit le
groupe qui m’accompagne. (Faisant probablement allusion aux piques récentes de Kerry King)
Je vois que l’on m’évalue à mon jeu de guitare et c’est très bien ainsi. Ca devrait d’ailleurs être
la principale chose sur moi dans les magasines, car jouer est mon job. Je rencontre parfois des
difficultés dans ce business pour la simple et bonne raison que je suis différent. Je n’ai aucun
tatouage, je ne cache jamais mes sentiments. Je ne sais pas si c’est bien ou mal, mais il est clair
qu’au début de ma carrière il était mal vu de parler de la façon dont on se sentait. Les gens
étaient du genre : « Oh mon Dieu, t’as entendu ce qu’il a dit ? ». Alors qu’aujourd’hui, tout le
monde agit de la sorte. Je suppose que j’ai le mauvais rôle car j’ai été le premier à le faire dans
les medias. J’ai pourtant le plus grand respect pour les gens qui jouent avec moi, car je sais à
quel point il est difficile de faire ce job parfois. Je souhaite de tout mon cœur pouvoir considérer
Megadeth et Slayer à nouveaux comme de vrais amis, car nous avons commencé au même
moment par pur amour de la musique et nous sommes toujours là après toutes ces années. Nous
avons beau avoir des influences différentes, des styles de jeu différents, des styles de vie
différents et des paroles différentes ; j’adore celles de Tom Araya d’ailleurs car elles sont très
profondes ; Slayer demeure un groupe de scène fantastique ! Cette tournée Megadeth/Slayer doit
être tellement excitante pour les fans. Je ne cache pas que nous aimerions modifier certaines
choses, comme nos durées de jeu respectives qui sont un peu courtes. Je suis sur que si Anthrax
était en mesure de pouvoir partir en tournée aujourd’hui, ils nous rejoindraient vite sur l’affiche
et nous ajouterions un autre groupe pour compléter. Il y a juste tellement de choses à régler pour
ce genre de tournées. Mais toutes ces expériences positives d’un point de vue relationnel ou
musical aideront considérablement à apaiser les 2 camps et à nous rapprocher afin de faire une
croix sur certaines choses du passé. Puis il faut bien intégrer qu’aucun de mes musiciens n’était
là et ils n’ont aucun problème avec Slayer. Moi non plus d’ailleurs. Je suis sauvé, je suis un born
again christian, je n’ai aucun problème avec eux. 
     
Une chance de voir Megadeth/Slayer en Europe ?

J’adorerai, ça serait une tournée géniale ! Je trouve vraiment que malgré nos différences de
style, nous nous complétons parfaitement. J’encourage tout fan de Megadeth d’être ouvert
d’esprit et d’aller voir Slayer. Bien sur je préfère les prévenir car s’ils ne savent pas à quoi
s’attendre, Tom Araya va les clouer au mur dès son premier cri (rires). Quand je vois Tom sur
scène, et sans manquer de respect à ses origines chiliennes, il me fait penser à un guerrier
amérindien qui va scalper un village entier (rires) ! Je ne peux absolument pas faire ce qu’il fait,
et c’est ce qui rend ce package intéressant. Revenons sur le Big Four, si jamais il y avait une
opportunité de faire ça de façon vraiment juste, sans embrouille ni restrictions, je pense
qu’aucun de nous ne refuseraient d’y prendre part ne serait-ce que par principe.   

close
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