Prong - Tommy Victor

 

PRONG

INTERVIEW AVEC TOMMY VICTOR

04 AVRIL 2014 PAR TELEPHONE

 

 

 

 

 

 

Prong a surpris son monde en effectuant un très bon retour il y a 2 ans avec le tonitruant Carved Into Stone. Tommy Victor enfonce le clou en nous livrant ce très bon successeur qu'est Ruining Lives, tout juste précédé par la sortie du live Unleashed In The West. Bref l'actualité est chaude pour Prong et c'est un Tommy Victor toujours aussi sympathique et humble qui en parle le mieux !

Parlons d’abord du live Unleashed In The West que vous venez de publier. Le son et l’interprétation y sont excellents et en comparaison 100% Live (2002) sonne vraiment mal. As-tu décidé de publier un nouveau live car tu étais insatisfait par l’ancien ?

Tommy Victor (chant, guitare) : Je peux expliquer assez facilement la différence de qualité entre ces  live ne serait-ce que par le fait que le line-up de Prong est bien meilleur sur Unleashed In The West que sur 100% Live ! Les mecs que j’ai autour de moi jouent largement mieux et il se trouve que moi aussi, je me trouve à un bien meilleur niveau qu’il y a 12 ans ! Prong s’est considérablement amélioré dans l’intervalle et je trouve que la sélection et l’enchainement des titres est également meilleur sur ce nouveau live. Bien sûr je pourrai montrer du doigt certains des mecs qui m’accompagnaient dans Prong à l’époque, mais je ne le ferai pas et je préfère tout simplement dire que mes actuels partenaires conviennent bien mieux à Prong.
 
Ton batteur Alexei Rodriguez par exemple est effectivement un monstre et un partenaire musical parfait dans Prong…

Ouais c’est clair, en fait nous avons mis en boite ce live car j’étais très satisfait de nos prestations lors de notre tournée estivale de l’été 2013 (ndlr : un passage très remarqué au Hellfest) et vu que nous avions quelques jours de repos à un moment donné, j’ai trouvé judicieux de faire ça. Après l’excellent concert que nous avons donné au Graspop, je me suis dit qu’il fallait vraiment capturer ce moment dans la vie de Prong. J’aimais bien l’idée aussi de pouvoir regrouper  tous ces titres issus de périodes et de productions différentes et leur donner un sentiment d’homogénéité en les rassemblant sous l’approche classique du guitare/basse/batterie. Je suis très satisfait du rendu !

Il ne s’agit pas d’un live au sens pur du terme, car vous l’avez enregistré dans un studio. J’imagine que c’est pour cette raison qu’il s’intitule Unleashed In The West n’est-ce pas ?

Effectivement il y a un jeu de mot avec Unleashed In The East (1979) de Judas Priest mais nous l’avons également appelé Unleashed In The West car nous l’avons enregistré dans la partie ouest de Berlin. Après je ne sais pas si le live de Judas Priest en est vraiment un ou pas, mais je sais que le nôtre est vraiment un live car il a été fait en une seule prise. C’est juste qu’il a été capté dans un studio d’enregistrement et non pas dans une salle de concert. Mais c’est du pur live !

L’élément qui a le plus évolué dans Prong entre vos 2 live est indiscutablement ta voix ! Depuis la sortie de Carved Into Stone (2012), ton chant est tellement meilleur qu’avant. Est-ce l’aspect de Prong sur lequel tu as le plus travaillé ces derniers temps ?

Cela tient en grande partie de ma collaboration avec Steve Evetts qui est cette fois devenu spécifiquement mon producteur pour le chant de Ruining Lives. Au départ dans Prong, je ne savais pas vraiment quoi faire au niveau du chant et plus le temps passe, plus je suis parvenu à trouver mes marques et avoir de meilleures idées. Mais l’aide de Steve m’est précieuse et il m’aide considérablement à sortir de bien meilleures choses avec ma voix. Je connais aussi aujourd’hui de façon bien plus claire les véritables limites de ma voix et de même je sais jusqu’où elle peut aller, et de connaitre plus précisément ses possibilités t’aide à t’améliorer. Mais en réalité j’ai toujours voulu développer le chant dans Prong et l’amener à un meilleur niveau mais je n’ai jamais véritablement trouvé l’aide nécessaire que Steve m’apporte aujourd’hui. J’ai voulu qu’il produise Carved Into Stone à l’époque car j’adorai son boulot avec d’autres groupes et sur Ruining Lives j’ai décidé de produire le disque et de consacrer Steve à 100% sur la production vocale.

Cela se sent en tout cas car ton chant est largement meilleur aujourd’hui. Dans le même sujet, quels sont les thèmes développés dans les textes de Ruining Lives ?

Il y a une idée d’espoir bien plus présente aujourd’hui que sur les vieux albums. L’idée de devoir se surpasser, de se prouver des choses et surmonter les obstacles. Vivre le moment présent. Ce sont les thèmes principaux de l’album. En revanche le titre éponyme « Ruining Lives » est quelque peu différent. Il s’agit là d’un titre rebelle dans la vieille tradition rockn’roll. Cela parle du monde capitaliste dans lequel nous vivons aujourd’hui et de nos dépendances générales aux téléphones portables, aux émissions de TV, à la malbouffe et à l’essence. Nous mettons tous tellement de notre argent dans ces choses dont nous avons tellement besoin aujourd’hui et qui étaient censés rendre nos vies meilleures…sauf qu’en réalité elles ne font qu’empirer les choses ! C’est donc une chanson assez négative mais pour le reste, l’atmosphère du disque est plutôt positive tout comme elles l’étaient déjà sur Carved Into Stone et en particulier sur le titre « Eternal Heat » qui parle de l’univers en général et du positif que l’on peut en tirer. Ces thèmes ont également suivi sur Ruining Lives.

Carved Into Stone et Ruining Lives sont d’ailleurs un peu dans la même veine musicale mais leur atmosphère diffère quelque peu : le premier est plus catchy et mélodique quand le second est plus sombre et plus thrash. Es-tu d’accord avec ce constat ?

Oui tout à fait et cela s’explique surtout par la nature de l’enregistrement des 2 disques. Je ne sais pas pourquoi, mais Ruining Lives a été mis en boite extrêmement vite. Il n’y avait aucun concept préétabli pour faire un disque plus thrash, mais les choses se sont passées ainsi. Les titres me sont venus rapidement et ont été enregistrés très vite et cela leur a donné une nature plus thrash. Mais tous les titres qui sont vraiment importants pour moi ont bénéficiés sur les 2 albums d’une attention très particulière pour leur donner des bons refrains, des bons couplets et les rendre de manière générale bien meilleurs. J’aime écrire des riffs catchy et des bons refrains. C’est ma manière d’écrire avec Prong et pour Ruining Lives je n’ai pas vraiment eu le temps de trop réfléchir car tout s’est passé très vite et très naturellement.

J’ai évoqué ton évolution au chant mais il est également indéniable que tu te fasses plus plaisir aux solos de guitare aujourd’hui. Je pense qu’il n’y en a jamais eu autant dans Prong que sur Ruining Lives. Qu’en penses-tu ?

En fait je pense qu’il y en a un tout petit peu plus sur Carved Into Stone, mais ceux de Ruining Lives doivent plus se faire remarquer car il s’agit souvent de solo plus courts et flamboyants. Il y a plein de début de chanson qui appellent un petit solo par-ci par-là par exemple. Dans le passé je ne pense pas avoir eu tellement recours à des intro lors de mes chansons et il y avait moins de place pour ce genre de solo. Puis on en revient également au fait de chanter et jouer de la guitare depuis tant d’années dans Prong, qu’avec un peu de chance, il se peut que je me sois un petit peu amélioré (rires) !   

D’habitude dans l’histoire du rock’n’roll, les groupes sont inspirés lors de leurs premiers albums puis se trouvent ensuite sur une pente descendante. Sans vouloir descendre tout ce que tu as fait dans les années 2000, il est très clair que tu as suivi ce schéma mais tu es parvenu aujourd’hui  à renverser la tendance e façon surprenante et avec tes 2 derniers albums tu as retrouvé un véritable élan créatif vu qu’il s’agit de ce que Prong a fait de mieux depuis Cleansing (1994) et Rude Awekening (1996)…

Oh merci mec ! J’apprécie vraiment ce compliment ! Je suis très heureux de cet état de fait et Prong a vraiment besoin aujourd’hui de tourner et d’être exposé le plus possible. SPV nous aide beaucoup. J’ai un bon manageur. Les choses se passent vraiment bien en ce moment. J’apprécie vraiment le commentaire que tu viens de faire. Tu sais, lorsque tu publies un bon album, tu as toujours un peu peur de te rater sur le suivant. Carved Into Stone était un bon disque et je suis heureux d’avoir pu enchainer avec un Ruining Lives du même acabit ! Cela faisait longtemps que je n’avais pas été aussi actif que sur les 2 dernières années et je suis heureux de constater que cela se remarque !

A l’époque de Power Of The Damager (2007) tu puisais beaucoup de titres de ce disque en live. Carved Into Stone était un bien meilleur cru, mais vu qu’au moment de sa sortie tu étais en pleine tournée pour jouer l’intégralité de Beg To Differ (1990), les nouveaux titres étaient quelque peu passés à la trappe. Qu’en sera-t-il sur la tournée de Ruining Lives ?

Actuellement nous ne jouons que 2 nouveaux titres à savoir « Turnover » et « Ruining Lives ». Nous y ajouterons peut être un troisième plus tard, mais notre set s’articule surtout autour de nos vieux morceaux. Nous essayons de couvrir le plus de chose possible, mais il est clair que je ne souhaite plus inonder le set de nouveaux titres. Il y a donc généralement 2 ou 3 chansons de Carved Into Stone et de Ruining Lives et pour le reste je puise vraiment dans les vieux albums.  

En parlant de la tournée Beg To Differ de 2012. As-tu apprécié cette nouvelle mode qui consiste à jouer en intégralité en live un disque marquant de la carrière d’un groupe ?

Ouais j’ai trouvé ça assez génial en fait ! C’était un véritable défi pour moi car je n’avais pas écouté Beg To Differ depuis des lustres et je me souvenais assez mal de certaines chansons. Un très gros défi que nous sommes heureusement parvenus à relever ! Nous sommes restés fidèles à Beg To Differ en jouant tous ses titres avec l’accordage d’origine qui est plus haut que celui que nous utilisons depuis.

Tu aimerais renouveler l’expérience avec un autre disque ?

Oui et nous en parlons actuellement ! La prochaine fois nous nous attaquerons peut être à Prove You Wrong (1991) ou Cleansing !

D’ailleurs, pourquoi avoir choisi Beg To Differ en 2012 ?

Pour tout un tas de raisons. D’abord parce que cet album fût notre première sortie véritablement marquante. C’est notre premier disque sur une major et il était à la croisée entre le thrash, le metal industriel et d’autres choses encore. Un véritable album crossover. En tout cas il était clair que nous n’allions pas tapé dans Force Fed (1988) car personne ne connait vraiment cet album. Beg To Differ est le premier opus à nous avoir apporté un semblant de notoriété. Tout cela faisait donc sens pour le choisir !    
      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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