Trouble - Kyle Thomas

 

 TROUBLE

INTERVIEW AVEC KYLE THOMAS

02 AOUT 2013 PAR TELEPHONE

 

 

 

 

 

 

 


Alors qu'en 2007 on pensait Trouble de retour pour de bon, Eric Wagner quittait à nouveau le navire en 2008, laissant le groupe légendaire de Chicago en pleine période d'errence avec un Kory Clarke ne faisant pas l'affaire au chant. Mais heureusement, les pionniers du doom ont su rebondir en faisant appel de nouveau à l'excellent  Kyle Thomas (Exhorder, Floodgate, Alabama Thunderpussy) avec qui ils viennent de sortir le jouissif The Distortion Field
 


Peux-tu raconter l’histoire de ton intégration dans Trouble ?


Kyle Thomas (chant) : Si je repense au tout début de l’histoire, c’est la petite amie de Ron Holzner (ex-bassiste de Trouble), originaire de Chicago, qui m’a demandé lors d’un concert au Zeppelin’s dans les années 90 (salle de concert située à Metairie dans la banlieue de la Nouvelle-Orléans) si je serai partant pour m’essayer au poste de chanteur de Trouble…ce à quoi j’ai répondu : oui (rires) ! Elle m’a donc présenté Ron avec qui je suis vite devenu très bon ami. A l’époque j’étais toujours actif avec Floodgate. Il y avait l’Expo Of The Extreme à Chicago en 1997, une drôle de convention mélangeant heavy metal et stars du porno ! Un évènement un peu bizarre (rires). Trouble devait y jouer et Ron m’a dit : « nous n’avons pas joué live avec Trouble depuis un bon moment et Eric Wagner ne sera pas à nos côtés. Nous voulons faire un concert spécial que nous intitulerons Trouble With A Little Help From Their Friends avec plusieurs chanteurs, est-ce que tu veux en être ? ». J’étais partant bien sûr et à la base j’étais censé être entouré de Wino, Phil Anselmo, John Garcia et Kirk Windstein pour faire ce concert. Finalement, tous les autres ont eu des empêchements et des conflits avec leurs agendas respectifs et ils ont dû renoncer à leur participation. Ron m’a alors demandé si j’étais intéressé pour chanter l’intégralité du set et évidemment je lui ai répondu que je ferai de mon mieux avec plaisir ! J’ai donc appris toutes mes parties et lorsque je me suis retrouvé avec le groupe en répétition ce fût un moment magique pour moi ! Nous avons fini par donner 4 concerts ensemble en l’espace de 2 ans et c’est donc comme cela que tout a vraiment commencé.

Pourquoi n’ont-ils pas pensé à faire appel à toi lorsqu’Eric Wagner a une nouvelle fois quitter Trouble en 2008 au lieu de contacter Kory Clarke ?

A vrai dire je me suis posé beaucoup de questions à  cette époque car j’avais le sentiment que si jamais Eric quittait à nouveau le groupe, je serai la première option pour eux. Au lieu de ça, il aura fallu attendre le coup de fil de leur ingénieur du son fin 2011 pour me voir proposer de nouveau le poste de chanteur de Trouble.  Il m’a dit : « si jamais Trouble voulait faire appel à tes services, serais-tu partant ? ». Je lui ai répondu par l’affirmative tout en ajoutant qu’ils avaient déjà un chanteur en la personne de Kory Clarke. Il m’a alors rétorqué que les choses ne se passaient pas comme prévu avec Kory et j’ai alors accepté le poste, sans aucune hésitation. Quand Rick Wartell et Bruce Franklin m’ont finalement contacté, je leur ai demandé pourquoi ils ne m’avaient pas demandé de les rejoindre dès 2008. Ils m’ont répondu qu’ils y avaient pensé mais qu’à l’époque j’étais trop occupé par Alabama Thunderpussy et qu’ils voyaient que nous jouissions d’un buzz avec des articles dans Rolling Stone et des passages sur MTV et ils ne trouvaient pas juste de me débaucher d’un projet qui avait l’air de fonctionner. J’ai trouvé leur façon de penser très respectueuse même si je pense que j’aurai été capable de faire cohabiter les 2 groupes à l’époque.

Evidemment, sachant à quel point tu es fan de Trouble, ce n’est absolument pas comme rejoindre n’importe quel groupe. Tu rejoins là une formation que tu considères comme légendaire. As-tu ressenti beaucoup de pression quant au fait d’être à la hauteur des standards du groupe ?

Il y aura toujours de la pression pour quiconque se retrouve dans cette position, qui est celle de chanter à la place d’Eric Wagner. La bonne nouvelle c’est que la grande majorité des réactions que nous recevons depuis le début semble être positive. La plupart des fans adorent ce nouvel album et même ceux qui ont le plus grand mal à imaginer un disque de Trouble sans Eric, semble reconnaitre que ça fonctionne bien. Evidemment, il y en a qui sont mécontents du fait qu’Eric ne chante pas sur The Distortion Field, et franchement ça me va, car je comprends totalement leur sentiment du point de vue du fan que je suis également. En revanche, je pense que dans ces derniers, ceux qui ne veulent même pas prendre la peine d’écouter l’album sont injustes envers Trouble et envers eux-mêmes car The Distortion Field est aussi bon que n’importe quel autre album de Trouble. Je veux dire par là qu’avant même que je ne fasse parti de l’aventure, Bruce et Rick ont travaillé tellement dur pour accoucher de ces chansons si bonnes et si solides. Mon job revenait surtout à ne pas tout gâcher tant la base était déjà excellente. Alors si quelqu’un pense que j’ai gâché ce disque après l’avoir écouté, ça me va, par contre lorsqu’on le juge sans même prendre la peine de l’écouter, je trouve ça trop fermé d’esprit comme attitude. Il y a eu tellement de groupes avant nous qui sont parvenus à rester géniaux tout en changeant souvent de musiciens, pourtant vus comme irremplaçables.  

Tu chantes vraiment bien sur The Distortion Field et tout en chantant dans la tradition pure de Trouble, tu y ajoutes beaucoup de puissance, de mordant et de modernité. Cela me rappelle un peu lorsque John Bush a intégré Anthrax, à la différence près qu’Anthrax avait modifié leur style de composition pour coller à John là où Trouble reste 100% fidèle à lui-même, The Distortion Field étant un album  représentant toutes les facettes du groupe avec des titres groovy, d’autres rapides, d’autres doom, des ballades, des chansons épiques etc…

C’est une assez bonne analogie et je suis assez d’accord avec ce constat. Joey Belladona et John Bush sont 2 voix très différentes et Anthrax a clairement adapté son style à la voix de John Bush lors de son arrivée. Ce n’est pas notre cas avec Trouble où effectivement le style musical n’a pas changé. Mais après tout, si jamais la musique de ce disque n’avait pas été déjà écrite avant mon arrivée, peut être que Trouble aurait adapté son style à ma voix, qui sait ? Je n’en sais rien mais dans notre cas précis, Trouble était déjà dans une position de pression avec un album qu’ils n’arrivaient pas à sortir avec Kory Clarke…et en m’intégrant dans le groupe, cela a encore retardé les choses davantage car il fallait repartir à zéro avec le chant ! Ma mission fût donc de m’assurer de faire fonctionner ces nouvelles chansons et très franchement, ce n’était pas très difficile vu la qualité des compositions qui m’ont été données. Les chansons étaient déjà très structurées avant que je commence à bosser dessus et le format des titres est toujours bien organisé et dépasse rarement les 4 minutes. Ce n’est pas comme si j’avais eu à bosser sur quelque chose de très compliqué comme le 2112 (1976) de Rush (rires) ! Avec des compositions concises et aux structures simples, écrire des bonnes chansons devient beaucoup plus aisé ! Encore une fois, il fallait surtout que je m’assure de ne pas gâcher cette si bonne substance dont je disposais et au contraire de rendre ces compositions encore plus accrocheuses ! J’ai également bien fait attention de ne pas singer Eric Wagner, de ne pas prétendre que je suis lui et de poser ma voix naturellement, tout en m’imprégnant de l’atmosphère classique de Trouble. Le plus grand défi fût de ne pas forcément faire ce que j’aurai fait avec n’importe quel autre groupe, mais de bien faire attention que mes vocalises collent avec le style de Trouble. A vrai dire, j’ai mis à la poubelle des idées qui me convenaient parfaitement mais dont je doutais de la cohésion avec l’univers de Trouble.

Il est clair que tu es parvenu avec brio à trouver ce juste milieu entre apporter quelque chose de nouveau tout en respectant le passé. J’ai vu Trouble jouer avec Kory Clarke et il ne collait vraiment pas. Je comprenais bien que Bruce et Rick voulaient essayer une voix très différente de celle d’Eric au lieu d’utiliser un clone, mais il ne convenait pas du tout tandis que tu apportes aussi cette différence tout en étant fidèle au style du groupe. Est-ce un équilibre difficile à trouver ?

Je pense que la principale différence est due au fait que je suis fan de Trouble depuis que je suis gamin ! Je ne connais absolument pas Kory Clarke personnellement. Je ne sais pas s’il était fan de Trouble avant d’en faire parti et il ne serait pas juste de ma part de supposer quoique ce soit. Mais d’après ce que j’ai cru comprendre en parlant avec Bruce et Rick, Kory n’a jamais vraiment été amateur de Trouble et il voyait juste sa position comme une bonne opportunité pour sa carrière en tentant de faire un bon album avec eux pour s’établir un peu plus. Mais je ne veux vraiment pas avoir l’air de dire du mal de lui car je ne le connais pas et je ne fais que relater ce que j’ai compris à partir des dires des autres membres du groupe.

Les titres de The Distortion Field doivent être déjà assez anciens car j’ai déjà vu le groupe jouer « Hunters Of Doom » avec Kory Clarke à Paris en 2009. Malgré cela, as-tu pu tout de même écrire des paroles et des vocalises ?

Lorsqu’ils m’ont envoyé la musique de quelques titres pour que je commence à travailler mes idées, j’ai vu ce titre « Hunters Of Doom » qui m’a tout de suite paru familier et qu’il me semblait bien avoir vu sur Internet. J’ai donc demandé à Rick si c’était Kory qui avait trouvé ce titre. Rick m’a dit que c’est lui qui a trouvé ce nom de chanson mais qu’il avait une version studio de ce titre avec la voix de Kory et qu’il pouvait me la faire écouter si ça m’intéressait, au cas où nous manquerions de temps et histoire d’en gagner car il était satisfait de ce qu’avait fait Kory sur ce titre. Je lui ai répondu que je ne voulais surtout pas entendre ce que Kory avait fait pour la simple et bonne raison que je ne voulais surtout pas être influencé dans mon approche et qu’une fois ma version achevée, alors j’écouterai celle de Kory juste par curiosité. Nos 2 versions sont très différentes et je trouve la sienne également bonne. Mais de toute manière, il m’aurait paru vraiment injuste d’utiliser du travail qu’il avait accompli et de lui voler du crédit en quelque sorte. Il y a une seule similitude entre nos 2 versions et c’est le moment du refrain où nous scandons « Hunters Of Doom » et c’est assez logique car le chant ne fait que suivre la guitare sur ce moment précis du refrain. Lorsque j’ai soumis cette idée à Rick, il a rigolé car c’était exactement ce que Kory avait fait ! Mais ça ne me surprend pas vu qu’il s’agit du titre de la chanson et que la musique pousse vraiment le chant vers cette ligne mélodique à ce moment précis. Mais d’une manière générale, j’ai donc tenu à n’entendre absolument aucune version des chansons faites avec Kory Clarke afin de ne pas être influencé, de pouvoir garder ma personnalité et de ne pas lui voler de crédit. Il m’est déjà arrivé par le passé de me faire voler des idées sur des disques auxquels je n’ai pas participé et ce n’est vraiment pas marrant. Je ne ferai jamais ça à qui que ce soit. Voir ton travail aboutir sur le disque de quelqu’un d’autre et ne pas obtenir de crédit en retour est quelque chose de très frustrant.

Mais d’une manière générale donc, tu as pu écrire des paroles et tes propres lignes de chant n’est-ce pas ?

Oui tout à fait. Le seul titre pour lequel je n’ai ni écrit les paroles, ni la mélodie vocale est « One Life ». Bruce l’a écrit en intégralité. Il en a même enregistré une démo entière. Même dans la version définitive sur The Distortion Field, c’est Bruce qui chante le pré-refrain. Je ne me charge que des couplets et des refrains de « One Life ». Pour la petite histoire, j’avais travaillé sur une version personnelle de « One Life » avec mes propres idées car je ne savais absolument pas que Bruce avait une version achevée, vu qu’elle m’a été envoyée en version instrumentale comme les autres (rires). J’étais assez fier du résultat de ma version et Bruce m’a dit qu’il était désolé mais que « One Life » était un titre très important à ses yeux et qu’il tenait à la sienne (rires) ! Sinon il y aussi « Sucker » pour lequel Bruce a écrit les paroles du premier couplet et le refrain et il m’a demandé de terminer le boulot. Pour résumer j’ai écrit les paroles et le chant de tous les titres à l’exception de « Sucker » co-écrit avec Bruce et de « One Life » qui est à 100% une chanson de Bruce. Ils m’ont vraiment donné une liberté totale. Bien sûr si jamais ils n’aimaient pas quelque chose, ils me le faisaient savoir et je le changeais, mais j’avais plus ou moins carte blanche !

Une des choses que tu apportes qui m’a le plus sauté aux oreilles, est le côté chantant et fédérateur de certains refrains comme sur « Sink Or Swim » et « The Broken Have Spoken » avec des chœurs que l’on imagine repris en concert par le public. Un élément qui était beaucoup moins présent chez Trouble avant…

Cela est venu tout seul et coulait de source et je vais encore rendre hommage à la qualité des compositions de Bruce et Rick. Dès que j’ai entendu les chansons en version instrumentales, j’ai d’emblée repéré que les refrains allaient être géniaux ! J’ai 43 ans aujourd’hui et cela fait longtemps que je ne suis plus ce gamin qui hurle dans son garage à propos de choses qui l’enragent (rires)…enfin cela m’arrive encore parfois mais c’est en général un plus profond que cela. Mais si à 43 ans et après avoir fait partie de tellement de groupe et après avoir collaboré avec tellement de musiciens différents, je n’étais pas en mesure d’écrire des bons refrains…alors je crois qu’il faudrait me renvoyer à la maison, me donner des outils et me montrer comment ça marche (rires) !

The Distortion Field est vraiment un album très solide et à mon sens il contient plein de futurs classiques potentiels avec par exemple « When The Sky Comes Down », « Paranoia Conspiracy », « The Broken Have Spoken », « Sink Or Swim » et « Butterflies » pour citer mes 5 favoris. Allez-vous donc laisser leur chance à ces nouveaux titres en en jouant beaucoup en concert ?

Evidemment nous voulons soutenir ce nouvel album mais d’un autre côté nous ne voulons pas envahir le set de trop de nouvelles chansons non plus car cela serait injuste pour ceux qui suivent et soutiennent Trouble depuis le début. Lorsque je vais voir Black Sabbath ou Kiss, je souhaite entendre beaucoup de vieux classiques. Avec Trouble nous allons procéder de la façon que j’avais envisagée et j’en suis très heureux car l’idée n’est même pas venue de moi mais bien de Rick et Bruce. Nous allons jouer 4 ou 5 nouveaux titres et pour le reste il s’agira d’une sélection tirée de tous les albums de Trouble, incluant même des raretés qu’ils n’ont pas joués depuis des lustres. Pas mal de chansons qu’ils ont joués les dernières fois que tu les as vus ne seront pas de la partie et pourront être remplacés par des vieilles pépites des 2 premiers opus comme « Assassin » ou « The Truth Is, What Is » ou à l’inverse pas des titres de Manic Frustration (1992) qu’ils n’ont encore jamais joués live. Il se peut qu’ils jouent des raretés comme « Mr White » ou bien encore « Heaven On My Mind ». Il ne s’agira pas forcément des chansons que je viens de citer car rien n’est encore définitif, mais ce sont des exemples qui donnent une idée. Et bien sûr, il y aura les classiques qu’ils se doivent de jouer comme « Psychotic Reaction » et « At The End Of My Daze ». Personnellement j’adorerai que l’on accorde plus d’importance à Run To The Light (1987) car il s’agit peut-être de mon disque favori de Trouble !

Il est amusant de constater que tu dis « ils » lorsque tu parles de Trouble. As-tu encore du mal à réaliser que tu es le chanteur du groupe ?

Non ça va je réalise ! Je dis souvent « ils » par respect car je garde à l’esprit que je suis le petit nouveau. Pourtant de leur côté, ils me traient vraiment d’égal à égal mais je ne veux pas être présomptueux. Je n’ai pas l’habitude de ne pas être impliqué dans les décisions majeures des affaires courantes d’un groupe, et c’est Bruce et Rick qui prennent ces décisions et qui visiblement s’en chargent depuis très longtemps et je ne veux surtout pas changer quoi que ce soit dans leur façon de faire. Je ne veux pas débarquer en faisant comprendre qu’il y a un nouveau shérif dans la ville (rires) ! Je reste donc un peu à l’écart de la partie business de Trouble et à vrai dire je trouve cela assez agréable. Ça soulage de ne pas vraiment s’occuper de cet aspect des choses pour une fois. Ce n’est pas ma place au sein de Trouble à mon sens. Bien sur, si un jour ils me demandent de m’impliquer davantage côté business, je le ferai car je suis prêt à prendre le rôle qu’ils souhaitent. Mais pour le moment je me concentre sur l’aspect musical des choses et côté business je gère surtout la promotion sur les médias sociaux car ce n’est pas vraiment leur fort et ils ont conscience que je suis plus performant qu’eux dans cet univers. Je fais la promotion de Trouble et j’essaie de générer du buzz depuis mon arrivée même dans le groupe fin 2011. Mais au jour d’aujourd’hui je ne m’occupe absolument pas des décisions liées à l’artwork, à qui va être notre agent de tournée, quels vols nous allons prendre pour nous rendre dans tel pays, et ça me va très bien comme ça mais si un jour ils ont besoin de mon aide, je serai là !

En concert, avec 2 guitaristes légendaires à tes côtés, il va te falloir un peu de temps pour faire disparaitre le fan qui sommeille en toi pendant certains solos de bravoure et réaliser que tu fais vraiment parti de Trouble n’est-ce pas ?

Je peux te dire que je me souviens très bien de ce premier concert que nous avons donné ensemble au Expo Of The Extreme à Chicago et je suis devenu complètement fou sur scène ! J’étais sur la fin de la vingtaine à l’époque et j’étais encore assez agile. Je pouvais encore bouger dans tous les sens à la manière de ce que je faisais aux débuts d’Exhorder. Ils avaient trouvé ça très cool car ils se trouvent très statiques sur scène et ça leur faisait du bien de voir un peu d’action de la part de leur chanteur (rires). Mais malgré l’enthousiasme qui sera toujours très présent, je pense que cela sera différent cette fois et que je ne deviendrais plus complètement dingue sur scène car mon corps en souffre de nos jours ! Vieillir comporte certains mauvais côté, assurément…mais la bonne nouvelle c’est que ma voix n’a jamais été aussi bonne qu’aujourd’hui ! Je bougerai donc moins sur scène que lors des concerts de Trouble que j’ai donnés de 97 à 99 mais je chanterai en revanche beaucoup mieux les chansons ! Mais pour répondre à ta question, il est clair que je sais qu’à certains moments, je vais vraiment me demander si je suis bien avec Bruce et Rick et si je fais bien parti de Trouble. Mais ils m’aident beaucoup en me mettant à l’aise et en me complimentant. Le respect entre nous est vraiment mutuel. Nous avons une bonne harmonie dans le groupe, un bon album et tout est réuni pour amener Trouble plus loin !

Toujours dans cette dualité nouveau chanteur/fan, tu vas avoir d’un côté des nouveaux titres qui t’appartiennent en quelque sorte, et de l’autre des classiques que tu adores en tant que fan. Seras tu plus à l’aise avec les nouveautés ou avec les anciens titres ?

J’ai vraiment hâte de jouer les nouveaux titres que nous avons faits ensemble bien sur car ils sont frais, neufs et ça rend les choses excitantes. C’est comme lorsque tu débutes une nouvelle relation sentimentale. Ton côté romantique s’emballe, tu n’as aucune patience et tu as envie de consumer cette relation très vite tandis que lorsque tu es dans une relation stable depuis longtemps, tu aimes le confort qu’elle représente car tu sais ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. J’ai donc également hâte de rejouer les vieux titres que j’ai déjà joué avec eux, ainsi que ceux que nous n’avions pas eu le temps de répéter. Il y a tellement de chansons que je rêverai de jouer live avec Trouble ! Je n’ai rien d’autre que de l’excitation quant à tout ce qui va venir à partir de maintenant. Pour tout te dire, si nous avons bossé ensemble de visu avec Bruce, nous n’avons pas encore été dans la même pièce avec Rick depuis 1999 ! Ils ont fait leurs parties à Chicago et j’ai fait les miennes à la Nouvelle Orléans. Nous avons plus ou moins construit cet album à travers Internet en fait.

Nous parlons concert depuis tout à l’heure, mais vous n’avez pas encore de bassiste. Avancez-vous sur le sujet ?

Bruce et Rick vont auditionner quelques bassistes pendant les 2 semaines qui viennent à Chicago. Ce n’est plus qu’une histoire de quelques semaines avant de savoir qui sera le nouveau bassiste de Trouble.    

Phil Anselmo a déclaré récemment dans une interview t’avoir proposé de faire une tournée commune avec Down et Trouble. Y a-t-il quelque chose de concret derrière et d’une manière générale quel est votre plan pour la tournée de The Distortion Field ?

Effectivement, nous en avons parlé avec Phil il y a quelques mois. Au moment où nous parlons, il a tout juste débuté la tournée de son album solo et il ne sera pas de retour avant 3 semaines. Mais je sais aussi que Phil en a parlé avec Rick et il semblerait qu’ils se soient mis d’accord pour une tournée commune au printemps 2014. Après savoir si ça se fera vraiment et pour combien de dates, tout ça reste à voir. Dans l’immédiat, notre plan est de faire une tournée européenne d’ici la fin de l’année 2013. Je ne sais pas encore combien de dates il y aura, ni même les villes que nous allons traverser, je doute que ce soit une très longue tournée, mais notre but est de venir en Europe en fin d’année ! Je ne sais pas encore s’il y aura une date sur Paris, j’y ai joué plusieurs fois d’ailleurs et j’ai une bonne histoire à raconter sur la Tour Eiffel. Avec Floodgate, nous sommes passés devant dans la nuit et c’était très joli avec l’éclairage et tout le reste. Nous nous sommes arrêtés pour au moins prendre des photos devant la Tour Eiffel. J’avais un appareil jetable et nous avons commencé à prendre toutes ses poses metal à la con devant la Tour Eiffel pour nous marrer. Seulement voilà, lorsque j’ai fait développer les photos…seul la Tour Eiffel était visible (rires) ! C’est comme si nous avions posé dans le noir (rires) !

close
_/_

_/_