Stone Sour - Josh Rand

 

STONE SOUR

INTERVIEW AVEC JOSH RAND

25 NOVEMBRE 2012 A PARIS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Soyons franc : Stone Sour  n’a pas forcément les faveurs du site que vous êtes en train de parcourir. Cependant, il faut bien reconnaître qu’avec House Of Gold And Bones Part 1, le groupe de Des Moines a franchi un très gros palier et a gagné beaucoup en maturité ainsi qu'en musicalité. Avant de débuter sa tournée européenne au Bataclan de Paris, Josh Rand m’a parlé de la genèse de ce nouvel album…ainsi que de sa suite qu’il décrit comme encore meilleure !  

En toute franchise, House Of Gold And Bones Part 1 est à mon sens le meilleur disque de Stone Sour à ce jour et il fait suite à un Audio Secrecy (2010) que j’avais trouvé médiocre. Vu de ma perspective, Stone Sour vient d’effectuer un joli sursaut. Comment vois-tu les choses de ton côté ?

Josh Rand (guitare) : Je suis assez d’accord. House Of Gold And Bones est sans aucun doute notre meilleur album, ne serait-ce que par sa plus grande maturité. Lorsque je repense à Audio Secrecy, je me dis que nous avons été poussés vers une direction musicale dont nous n’étions pas complètement satisfaits. Je trouve également que nous avons passé beaucoup trop de temps en studio car il nous a fallu 6 mois pour le mettre en boite. A vrai dire, nous avions déjà beaucoup trop joué ces chansons avant même d’entrer en studio, pendant la phase de pré-production. Lorsque j’écoute le résultat aujourd’hui, je trouve le rendu surproduit. Après avoir dit tout cela, je pense toutefois qu’Audio Secrecy nous a aidés à faire House Of Gold And Bones car dès que nous avons commencé à discuter de ce dernier, nous avions envie de revenir au mode de fonctionnement de notre premier album, le fait de composer plus ou moins dans un garage. Nous voulions retrouver cette énergie. Nous voulions également retrouver plus d’unité et écrire comme s’il s’agissait d’un seul et même ensemble, au lieu de tout cloisonner et d’écrire des chansons pour la radio et d’autres pour un autre public. De toute manière David Bottrill, qui a produit l’album, nous a dit d’entrée de jeu : « je ne veux pas que l’on enregistre des titres destinés à la radio. Je veux que l’on fasse quelque chose de fort du début à la fin et je veux que chaque titre bénéficie du même effort ». De plus, notre maison de disque est rentrée dans une période de transition totale pendant que nous faisions l’album, du coup nous n’avons pas eu la moindre directive ou pression de sa part. Tout considéré, cela a forcément joué un rôle majeur dans la façon dont sonne ce disque que je considère aussi comme notre meilleur à ce jour. Je sais que tous les groupes disent que leur nouvel album est leur meilleur en interview, mais je le pense sincèrement. Il nous fallait faire un Audio Secrecy pour pouvoir être en mesure d’accoucher de House Of Gold And Bones à la manière du fait que Metallica a du sortir St Anger (2003) pour pouvoir faire ensuite Death Magnetic (2008) ou encore Megadeth qui a publié Risk (1999) et a répondu ensuite…avec quel album déjà ?

The World Needs A Hero (2001)…

C’est un mauvais exemple alors car je n’aime pas beaucoup The World Needs A Hero (rires) ! Restons sur l’analogie avec Metallica !

House Of Gold And Bones est un double album concept. Etait-ce votre intention dès le départ ou est-ce tout simplement la conséquence d’une phase d’écriture prolifique ?

Corey (Taylor) a écrit cette courte histoire avant même que nous ne composions la moindre note. Du coup j’ai dit aux autres que notre prochain opus se devait d’être un album concept. Je suis à fond dans ce genre de choses. Je suis un énorme fan de Dream Theater et de rock progressif en général. Je désirai vraiment que l’on se frotte à un concept car je savais que cela nous permettrait d’expérimenter et de nous libérer musicalement. Nous avons ensuite chacun de notre côté commencer à fournir des chansons et Corey a eu la lourde tâche d’écrire des paroles et un concept qui allait lier tous ces différents titres (rires) ! Le concept était donc notre but dès le départ. Nous ne voulons jamais nous répéter, pour le meilleur et pour le pire. Tu n’aimes pas beaucoup Audio Secrecy, mais au moins c’est un disque différent de Come What(Ever) May (2006). Je suis heureux en tout cas que nous ayons gardé l’idée d’un double album concept jusqu’au bout car cela a développé considérablement nos possibilités musicales et cela se sent encore plus sur House Of Gold And Bones Part 2. Je tiens d’ailleurs à dire aux fans que ce dernier sera tout sauf une collection de face B ou de titres n’ayant pas été retenu pour House Of Gold And Bones Part 1. La deuxième partie est un voyage à part entière. Les gens n’en croiront pas leurs oreilles lorsqu’ils vont entendre ça, car nous avons joué sur des instruments que nous n’avions jamais abordés auparavant et House Of Gold And Bones Part 2 est globalement encore plus heavy et plus expérimental que le premier volet ! Je suis très excité à l’idée de sortir ce disque car il dévoile Stone Sour sous son meilleur jour, les fans vont adorer !

Déjà sur House Of Gold And Bones Part 1, vous avez tous amélioré votre niveau de jeu. Pour moi il s’agit de la meilleure performance vocale de Corey à ce jour et si l’on prend par exemple le duel de solo entre toi et Jim Root sur « Gone Sovereign », on sent clairement une volonté de votre part de hisser votre niveau n’est-ce pas ?

Oui tout à fait. Pour nous il s’agissait de nous dépasser tout simplement. C’est ce que nous avons essayé de faire en tout cas. C’était notre intention et tout le monde s’est mis au diapason et a hissé son niveau de jeu. J’ai consacré 2 semaines entières pour bosser  sur les soli des 2 disques avant de les enregistrer. Tout le monde a bossé très dur sur cet album et cela s’entend !

Les arrangements sont également bien meilleurs qu’avant. Prenons  « Tired » par exemple, les arrangements de cordes sont très bons et ajoutent énormément à l’atmosphère épique de ce titre. Qui a eu cette idée ?

Corey voulait dès le départ utiliser les services d’un orchestre d’instruments à corde pour l’utiliser sur la fin de « Tired », car à l’origine nous étions censés faire un crescendo à la fin, mais finalement nous avons utilisé l’orchestre sur toute la chanson et le résultat est énorme ! Honnêtement, avant d’utiliser l’orchestre, je n’étais pas complètement convaincu par « Tired ». Mais en ajoutant les parties de cordes, « Tired » est arrivé à un tout autre niveau de qualité. Cette chanson sonne de manière grandiose grâce au boulot phénoménal que l’orchestre a accompli ! Pour les autres arrangements, c’est souvent Roy (Mayorga) qui a joué du piano ou des claviers ci et là, mais sur « Tired » c’est un véritable orchestre ! Ces mecs ont travaillés sur tant de gros projets, qu’il ne leur a même pas été difficile d’accomplir leur mission. Ils ont accouché de cette magnifique orchestration en à peine 1 jour !

Tu vas me dire que David Bottrill est un producteur génial. Mais plus spécifiquement, qu’a-t-il apporté à Stone Sour ?

David a vu d’emblée le tableau dans sa globalité. Pourtant à la base, nous disposions de 24 chansons, que nous n’avions jamais joués ensemble, car nous avons tous composé de notre côté et nous n’avions plus de bassiste. David a également su tenir le planning et surtout il nous a permis de nous dépasser et de livrer de très bonnes performances sans mettre qui que ce soit en rogne ! Il nous a lancé des défis sans jamais nous faire chier. Par exemple avec Corey, il a pris un soin tout particulier avec la prononciation des mots et il a eu raison. Il lui a dit que tant qu’à faire un album concept, autant comprendre chaque mot de l’histoire ! Avec moi et Jim, il a surtout porté attention sur le fait que nous ne nous répétions pas à la guitare tout en gardant une continuité. On peut sentir sur mes soli une influence orientale sur ces 2 albums et ils sont tous plus ou moins liés. C’est comme un concept à l’intérieur même du concept. Jusqu’à présent, je considérais le solo de « Hell & Consequences » sur l’album Come What(Ever) May comme ma référence personnelle. Ce solo est ma signature pour moi, peut être avec celui de « Monolith » sur le premier disque. David m’a poussé à aller plus loin dans cette voie et j’en suis très heureux car mon influence orientale ressort plus que jamais et j’étais vraiment fier du résultat. Il y a plein de guitaristes qui enregistrent leur solo sans vraiment bosser dessus et qui sont satisfaits tant qu’ils jouent juste (rires) ! Là il s’agissait vraiment de travailler là-dessus et repousser ses limites ! Lorsqu’il s’agira de nous atteler à notre 6ème album, je peux clairement imaginer David Bottrill être de nouveau notre producteur !

« RU 486 » sonne presque comme du thrash et je sais ce que signifie RU 486, il s’agit du nom scientifique de la « pilule du lendemain » mais j’imagine que cette chanson ne parle pas de cela n’est-ce pas ?

Non évidemment (rires) ! J’ai composé « RU 486 » et musicalement je rends hommage dessus à ce qui est sans aucun doute ma période musicale favorite : la scène thrash de 1986 à 1989. Cette chanson est bien sur complètement influencée par Metallica, Megadeth, Slayer, Testament, Flotsam And Jetsam, Exodus, Overkill et tous les autres. Il y a un riff dans ce titre que j’ai sous le coude depuis un long moment et j’ai toujours voulu en faire quelque chose pour montrer le respect que j’ai concernant cette ère musicale car sans elle je n’aurai probablement jamais appris à jouer de la guitare. Je voulais que l’on ressente dans cette chanson l’influence du thrash à son apogée et je pense que l’effet est réussi. Du point de vue de l’histoire, c’est le moment où le personnage l’ « antagoniste » apparaît et se présente. Tout deviendra plus clair une fois que le second volet sera publié l’année prochaine et qu’il y aura plus d’infos relatives au concept.

Le single « Absolute Zero » est on ne peut plus accrocheur. Savez-vous immédiatement lorsque vous accouchez d’un titre de ce genre qu’il deviendra le single ?

Non pas vraiment. En fait c’est moi qui aie retrouvé le riff d’ « Absolute Zero » dans les idées que Jim avait composé en vue d’Audio Secrecy. La version d’origine était donc passée à la trappe, surtout car elle n’avait jamais été terminée. Lorsque Corey a mis la main dessus, il a écrit des paroles et ajouter son chant et il m’a fait écouter le résultat. J’ai su alors que ce titre avait un énorme potentiel et pouvait très bien se retrouver numéro 1 à la radio ! Il possède une atmosphère d’hymne ! « Absolute Zero » n’a pas été écrit pour devenir un single mais pour faire parti de l’album dans sa globalité. Comme David Bottrill nous l’avait assuré : « contentez-vous d’écrire un super album, il y aura forcément de quoi choisir des single dedans ! ».

Quand sortira House Of Gold And Bones Part 2 ?

Il est prévu qu’il soit disponible vers fin mars/début avril 2013. Tout est déjà enregistré et mixé et si je me souviens bien, l’album part au mastering cette semaine. Nous choisirons probablement de diffuser son premier single vers fin janvier/début février et nous serons ensuite de retour en Europe pour les festivals d’été !   
        
         

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