Eyehategod - Eyehategod

 

EYEHATEGOD

EYEHATEGOD

 

 

 

 

 

 

14 années, c’est le temps qu’il aura fallu à Eyehategod pour donner un successeur à Confederacy Of Ruined Lives (2000) ! Il faut dire que les années 2000 ont été déstabilisantes pour la formation de « Big Easy » avec des périodes de pause interminables dues aux différents engagements de Jimmy Bower avec Down, Corrosion Of Conformity et Superjoint Ritual. L’ouragan Katrina et l’incarcération de Mike IX Williams en 2005 n’ont rien arrangé mais peu à peu, et plus particulièrement à partir de l’année 2009, Eyehategod a commencé à redevenir actif en tournée. C’est donc dans cette période finalement assez récente que le quintet incendiaire a pris le temps de composer les titres qui composent ce 5ème album sobrement intitulé Eyehategod. Enième coup du sort, lorsque le formidable Joey LaCaze décède contre toute attente de retour de tournée européenne le 23 aout 2013. Le batteur a déjà enregistré ses parties de batterie au moment où la tragédie s’abat sur Eyehategod, et ses camarades ne pouvaient pas lui offrir meilleur hommage que de terminer ce qui constitue l’album le plus solide de leur carrière ! Car depuis les années 90, Eyehategod a évolué et dans le bon sens et parvient aujourd’hui à proposer une musique toujours aussi caractéristique et originale, tout en étant plus variée, plus dynamique et à certains égards plus mélodique et accrocheuse. Certains regretteront peut être le côté plus malsain et maladif des premières sorties du groupe, mais Eyehategod aurait stagné s’il avait une nouvelle fois abattu la carte du tout pour les rythmes caverneux au ralenti. Eyehategod est un disque qui va bien plus loin que le mélange doom/hardcore habituel de la formation, même si l’on retrouve ici quelques cartouches plus traditionnelles  avec « Robotussin And Rejection », « Flags And Cities Bound » ou le plus ancien et déjà connu « The Age Of Bootcamp ». Il est toujours bien inspiré de livrer une palette complète de son talent lorsque l’on choisit de faire un disque éponyme et c’est le cas ici car Eyehategod va plus loin dans toutes les directions que le groupe peut emprunter. Commençons donc par l’influence punk/hardcore, jamais autant poussée de la sorte avec le titre d’ouverture « Agitation ! Propaganda ! » qui sonne comme un véritable classique du genre ! « Framed To The Wall » et « Medecine Noose » ne déméritent pas non plus et Eyehategod de se faire plaisir en cassant le tempo par moment en contrebalançant  les rythmiques rapides et lentes ! Plus groovy et directs, « Trying To Crack The Hard Dollar » et « Parish Motel Sickness » se montrent bien accrocheurs mais le meilleur reste à venir. Là où Eyehategod excelle encore davantage, c’est lorsqu’il parvient à insuffler un côté Clearlight à sa musique et lui donner plus de mélodie et un côté bluesy encore plus prononcé dans des riffs qui ne perdent en rien de leur qualité, au contraire ! « Quitter’s Offensive » est un parfait compromis entre l’aspect rugueux des riffs de Bower/Patton et les vocalises d’un Mike IX Williams beaucoup plus précis avec un riff principal beaucoup plus mélodique et rondement bien amené rythmiquement. « Worthless Rescue » lorgne encore plus vers ce côté Clearlight et contre toute attente, cela fonctionne parfaitement avec le chant de Williams ! Autre titre complètement frais, « Nobody Told Me » qui enchaine une intro doom à souhait, un riff groovy à mort et un interlude carrément 70’s ! Il fallait oser, mais là encore, ça le fait ! Le bassiste Gary Mader ne pouvait rêver meilleur baptême de feu, lui qui fait parti du groupe depuis 12 ans. Quant à Joey LaCaze, voilà la meilleure trace musicale qu’il pouvait nous laisser tant il brille tout au long de ce disque en alternant aussi bien dans l’explosion brute que dans le feeling pur, le tout avec un sens du rythme toujours aussi imprévisible. Eyehategod est tout simplement le meilleur album de la formation du même nom, à tel point que lors de son écoute, on ne remarque à aucun moment l’absence de « New Orleans Is The New Vietnam », un nouveau titre pourtant très populaire auprès des fans en concert. Mon disque de l’année ?  Peut être, en tout cas assurément celui de ce premier semestre 2014 !

Genre :
Doom/hardcore

Sortie :
26/05/2014

Label :
Century Media

Produit par :
Eyehategod

Line-up :
Mike IX Williams - chant
Jimmy Bower - guitare
Brian Patton - guitare
Gary Mader - basse
Joey LaCaze - batterie

Tracklisting :
01-Agitation! Propaganda!
02-Trying To Crack The Hard Dollar
03-Parish Motel Sickness
04-Quitter's Offensive
05-Nobody Told Me
06-Worthless Rescue
07-Framed To The Wall
08-Robitussin And Rejection
09-Flags And Cities Bound
10-Medecine Noose
11-The Age Of Bootcamp
close
_/_

_/_