Black Sabbath - 13

 

BLACK SABBATH

13

 

 

 

 

 

 

Un nouvel album de Black Sabbath avec le line-up d’origine (ou presque, Bill Ward n’étant pas de la partie…) ou tout simplement l’évènement musical de l’année n’est-ce pas ? Car il faut bien l’avouer, qui aurait cru possible il y a encore quelques années que Black Sabbath referait un disque avec Ozzy Osbourne au chant 35 ans après Never Say Die ! (1978) au risque d’entacher sa légende ? Pas moi en tout cas. Mais s’il y a une interrogation sur laquelle j’étais encore plus pessimiste, c’était bel et bien sur la capacité de Tony Iommi, Geezer Butler et Ozzy à proposer un album de qualité. Car tuons le suspens d’entrée, 13 est une franche réussite, et pour une surprise, c’est une sacrément bonne surprise ! En effet, on aurait pu penser que ne serait-ce qu’à cause d’une production trop froide et moderne et la voix d’un Ozzy qui dans sa carrière solo ne semble être que l’ombre du grain pur et séduisant qu’il avait dans les 70’s, en arborant ces dernières années une voix fatiguée, trop aigue et bourrée d’effets inutiles et nuisibles, de tels facteurs auraient eu raison de 13. Mais c’est là que l’intérêt du producteur Rick Rubin se fait sentir. Car si ce dernier voit sa réputation entachée depuis quelques années par des groupes qui clament haut et fort qu’il ne passe quasiment pas au studio pendant un enregistrement, ce dernier demeure en revanche un consultant d’excellente qualité, capable de faire les ajustements nécessaires à des groupes comme Black Sabbath et Metallica, littéralement à la manière d’un coach sportif (effectivement, pour un groupe comme Slayer qui sait exactement comment il doit sonner, Rubin peut paraitre inutile). Premier ajustement de génie de Rubin, faire chanter Ozzy dans des tons plus graves et l’empêcher d’avoir recours à des effets superflus. En résulte d’emblée ce qui était inespéré : Ozzy sonne très bien sur 13 ! Une première victoire, mais ce n’est pas tout, bien conscient que le batteur live Tommy Clufetos, triggé à mort, ne groovant pas vraiment et jouant de la double pédale, des éléments contre nature chez Black Sabbath, Rubin a refusé d’utiliser ce dernier et à défaut d’avoir la folie jazzy et créatrice de Bill Ward, on se retrouve au moins avec un batteur organique en la personne de Brad Wilk de Rage Against The Machine. Ce dernier ne fait pas oublier Bill Ward pour autant, on peut trouver son jeu parfois un peu plat en comparaison de son ainé (et pour chipoter le son de caisse claire aurait pu être meilleur), mais Brad délivre tout de même ici une prestation assez inspirée dans un style 70’s. Tout cela est bien beau mais sans la qualité de composition de Tonny Iommi et Geezer Butler, 13 n’aurait pas valu grand-chose non plus. Le premier éclabousse toujours par ses riffs jouissifs, ce son si particulier et des solos à pleurer, tandis que la touche agressive mais aussi subtile du second est très présente. Pour 13, Black Sabbath revient clairement à ses premiers amours et s’inspire de ce qu’il était à ses débuts. Ainsi le tout premier titre « End Of The Beginning » reprend des éléments flagrants de classiques tels que « Black Sabbath », « Into The Void » ou bien encore « War Pigs » et on s’y croirait tellement que l’on a tout de suite la sensation d’avoir affaire à un nouveau classique en devenir ! Toujours dans ce retour aux sources à un son épique et 70’s, on signale aussi le groovy et percussif « Age Of Reason », le plus direct « Loner » qui semble faire office de nouvel « N.I.B », le plus ambiant et trippant « Zeitgeist », sorte de nouveau « Planet Caravan », le final inquiétant et sombre de « Dear Father »ou bien encore le plus bluesy « Damaged Soul » bénéficiant d’une jam qui fait plaisir à entendre. Cet album est d’une qualité immense (sans atteindre les 5 premiers opus bien sûr mais pouvant rivaliser ou dépasser n’importe quel autre !) et il est vivement recommandé à tous de l’écouter, et ce même si vous n’avez pas accroché au single « God Is Dead ? », peut être le moins bon titre de la galette. Jamais je n’aurai pensé dire cela, mais aussi surprenant que cela puisse paraitre, 13 est un classique qui fait honneur à l’héritage de Black Sabbath ! Chapeau messieurs !   

Genre :
Black Sabbath

Sortie :
10/06/2013

Label :
Universal

Produit par :
Rick Rubin

Line-up :
Ozzy Osbourne - chant, harmonica
Tony Iommi - guitare
Geezer Butler - basse
Brad Wilk - batterie

Tracklisting :
01-End of The Beginning
02-God Is Dead ?
03-Loner
04-Zeitgeist
05-Age Of Reason
06-Live Forever
07-Damaged Soul
08-Dear Father
close
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